Récupération des domaines de l’Etat: A Mamou, plusieurs clôtures démolies au quartier Abattoir 2

MAMOU –Ce lundi 5 janvier 2026, des clôtures de plusieurs habitations situées à proximité du Bataillon Autonome de Mamou (BAM) ont été démolies. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la récupération des domaines « mal acquis », a appris Africaguinee.com.

Selon nos informations, les endroits ciblés et qui sont occupés par ces particuliers appartiendraient de plein droit au patrimoine foncier de l’armée. À l’inverse, les victimes du déguerpissement soutiennent que ces terrains sont des héritages familiaux. Certaines que nous avons interrogées  affirment détenir des plans de masse et précisent avoir reçu l’appui des services de l’Habitat lorsque leurs maisons avaient été marquées (« cochées ») par le passé.

« Nous avons la peur au ventre »

Madame Aissatou Barry, l’une des victimes, exprime son désarroi face à cette intervention qu’elle juge inopinée : « Ils sont venus en grand nombre pour démolir nos clôtures sans aucun préavis. Mon défunt père a acheté ce terrain à un cultivateur en 1969, et nous possédons tous les documents légaux. À l’époque, les services de l’Habitat nous avaient assuré que le camp ne s’étendait pas jusqu’à nos concessions. Les bornes et les manguiers qui servent de délimitation sont pourtant clairs. »

Aujourd’hui, poursuit notre interlocutrice, l’inquiétude grandit quant à l’avenir des habitations elles-mêmes. « Nous craignons qu’ils ne reviennent pour les maisons. Ma mère est tombée malade sous le choc. Nous comptons saisir les autorités administratives, religieuses et la justice. Plus de cinq concessions sont concernées dans notre secteur (côté Est) », ajoute-t-elle.

Sentiment d’impuissance

Le sentiment d’impuissance est partagé par Mariama Kida, qui appelle désormais à l’aide pour se reloger : « Les techniciens de l’Habitat étaient venus avec des détecteurs et avaient confirmé que les bornes du camp se trouvaient derrière nos concessions. Pourtant, lundi dernier, ils ont tout détruit… Nous cherchons désormais à partir par peur d’être surpris en pleine nuit. Mon père est très âgé et nous sommes désemparés. »

Un vieux contentieux qui refait surface

Interrogé, le président du conseil de quartier d’Abattoir 2 a préféré garder ses distances : « Ce dossier a commencé bien avant mon arrivée. Je n’ai reçu aucune information officielle sur ces démolitions, et les victimes ne m’ont pas encore saisi », a-t-il déclaré brièvement.

Selon des témoignages anonymes, ce litige foncier remonte aux régimes précédents. Si les négociations avaient permis de suspendre les procédures par le passé, une directive des autorités actuelles aurait accéléré le processus.

« Aucun abus n’est fait sur un citoyen »

Interrogé sur cette opération, le Directeur de l’Information et des Relations Extérieures de l’Armée (DIRPA) a apporté des précisions.

Les domaines concernés appartiennent au camp. C’est clair et net. La grosse interrogation est de savoir comment des citoyens sont parvenus à acheter ces domaines, à construire et à s’y installer. A l’heure actuelle, le programme est de mettre les concessions militaires dans des cours sécurisées. Aucun abus n’est fait sur un citoyen. Tous les domaines concernés appartiennent à l’armée. Les documents existent (…). Nous nous battons pour que les domaines soient sécurisés”, a précisé Ansoumane Toumany Camara.

Dossier à suivre!

Habib Samaké

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Mamou

Créé le 8 janvier 2026 09:00

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,