Décès de Lamine Kaba en Allemagne: Les précisions de sa famille et le choix de son inhumation
CONAKRY- Le décès de Lamine Kaba en Allemagne plonge ses proches sous le choc. Pour lever le voile sur les circonstances de son voyage et les raisons du choix de son inhumation en terre étrangère, son frère, Moussa Kaba, plus connu sous le nom de « Sans Loi », a accepté de se confier. Entretien.
Africaguinee.com : Dans quelles circonstances votre frère, Lamine Kaba, s’était-il rendu en Allemagne ?
Moussa Kaba : Lamine était mon grand-frère. Il luttait contre la maladie depuis 2013. Après le décès de notre père, il était revenu en Guinée avant de se rendre à Bangkok pour des soins. Il est ensuite retourné en Angola, où il était établi avec sa famille. Il vit dans sa maison et dispose de magasins en Angola. Entre 2013 et 2018, son état de santé s’est dégradé. La famille a alors insisté pour qu’il se soigne en Europe.
Au début, il hésitait. Mais après les décès successifs de notre mère et de son grand-frère en 2022, nous l’avons convaincu. Il était encore jeune, la cinquantaine entamée. Nous lui avons dit : « Dieu t’a donné les moyens, tu ne peux pas rester ainsi sans te soigner convenablement ». Il a fini par accepter et a obtenu son visa pour l’Allemagne. Je précise qu’il n’y est pas allé en tant que migrant clandestin, mais pour des raisons médicales strictement régulières.
Comment avez-vous appris sa disparition ?

Il était arrivé en Allemagne il y a environ un an. Je lui avais rendu visite là-bas et j’avais constaté une nette amélioration. Il était joyeux, il avait même posté des photos lors de la fête du Ramadan, ce qu’il ne faisait plus depuis longtemps. Ses amis quand ils ont vu les photos, ils étaient tous contents de voir son état amélioré.
Le vendredi matin, il était encore en contact avec sa femme. Moi, je lui avais parlé le dimanche précédent. Mais à partir du vendredi soir, il n’a plus donné de nouvelles. Le dimanche matin, son ami Keita, qui vit à Osnabrück, m’a contacté.

Lorsqu’il m’a mis en conférence téléphonique avec un autre proche, j’ai senti mon cœur s’emballer. C’est là qu’on m’a annoncé son décès. En tant que croyant, j’ai accepté la volonté divine. J’ai déjà perdu mes parents, un grand-frère, une sœur et même un fils. C’est une épreuve de la vie.
Qu’a décidé la famille concernant son inhumation ?
Dès l’annonce du décès, j’ai échangé avec mes frères en Angola et mon oncle. Habituellement, on rapatrie les corps, mais nous avons voulu suivre l’avis de son épouse, une femme très pieuse. Elle nous a suggéré de nous renseigner sur les conditions d’inhumation en Allemagne. Nous avons contacté la communauté musulmane locale et les imams de la mosquée qu’il fréquentait. Ils nous ont assuré qu’il pourrait y être enterré dignement, selon les rites islamiques.
L’épouse de mon frère a alors estimé que si toutes les conditions religieuses étaient réunies, il n’était pas nécessaire de rapatrier le corps, d’autant plus qu’elle et ses enfants vivent en Angola. Elle a proposé une chose noble : que l’argent prévu pour le rapatriement serve plutôt de « Sadaqa Jariya » (aumône continue). Elle souhaite que ces fonds soient utilisés pour construire deux ou trois forages dans des villages manquant d’eau potable, ou pour bâtir une mosquée ou une école en sa mémoire. La famille a unanimement accepté cette décision.
Certains pourraient penser que ce choix est lié à un manque de moyens. Qu’en dites-vous?
Pas du tout. Celui qui repose aujourd’hui en Allemagne ne manquait de rien. C’était un homme à l’abri du besoin, propriétaire de maisons en Guinée, notamment à Kindia, ainsi que de biens (magasins commerciaux, maisons) en Angola. L’argent qu’il a en banque dépasse largement les moyens nécessaires pour le rapatriement. Moi-même qui vous parle, je ne manque de rien. À Conakry, ceux qui me connaissent savent qui est « Sans Loi ».
D’ailleurs, une association en Allemagne nous a proposé d’ouvrir une cagnotte pour nous aider. Nous les avons remerciés en déclinant l’offre, car nous n’étions pas dans le besoin financier. Tout ce que nous leur avons demandé, c’est leur aide pour que l’enterrement se déroule dans la dignité.
Quel souvenir gardez-vous de votre dernier échange avec lui ?

Il était très stable et serein. Nous parlions souvent de la famille, de l’éducation des enfants de notre défunt frère et du bien-être des veuves. C’était un homme réservé, très concentré sur ses affaires, mais toujours prêt à prodiguer des conseils et à orienter les siens. Il s’est éteint à l’âge de 51 ans, laissant derrière lui six enfants, dont trois filles et trois garçons.
Entretien réalisé par Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 avril 2026 12:56Nous vous proposons aussi
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