Dalaba : Un affrontement à relent communautaire fait plusieurs blessés dont des gendarmes…

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DALABA-Un conflit domanial à caractère communautariste a éclaté la semaine dernière à Kankalabé, sous préfecture située 85 kilomètres du chef lieu de la préfecture de Dalaba. Un bilan provisoire fait état d’une vingtaine de blessés, a appris Africaguinee.com.


Au moins 8 gendarmes sont blessés et 17 citoyens dans un conflit domanial qui a opposé trois villages dans la sous préfecture de Kankalabé. Les civils blessés seraient en ce moment alités à l’hôpital sous préfectoral de  Kankalabé où il n’y pas de médicaments, rapporte un citoyen joint sur place par Africaguinee.

Les villages en conflits sont Dinkôly (qui serait habité par des anciens esclaves, appelé Rundé NDLR), et Dankoulo (habités par des peulhs, appelé Missidé, NDLR). C’est le refus du premier village cité, de se soumettre à une décision de justice qui l’a débouté qui serait  à l’origine de ces affrontements. Les habitants de Dinkôly estiment qu’en quittant les terres dont ils occupent des siècles, ils n’ont pas où aller. Et d’ailleurs, leurs parents et leurs arrières grands parents y sont nés et y ont vécu là. Alors que les deux autres villages soutiennent qu’ils  avaient prêtés ces terres à leur cohabitant de Dinkôly. Et donc, à un moment donné, faudrait-il les  rendre. 

Joint au téléphone, le sous préfet de Kankalabé confirme les affrontements et explique :

« Il y a eu un conflit domanial qui a opposé deux villages. Ce problème a été étudié au niveau du district et du conseil des sages. Mais ça n’a pas trouvé solution. Ensuite il a été transféré au niveau de la  justice de Dalaba là aussi, il n’y a eu de consensus. Puis, l’affaire a été envoyée à la Cour d’appel de Conakry, mais là aussi une partie n’était pas consentante de la décision (qui est tombée en sa défaveur). Ils ont fait recours à la Cour Suprême qui a étudié le problème et a pris des décisions et des ordonnances.

Le 14 mai dernier un huissier de justice a été dépêché au niveau de la Sous préfecture de Kankalabé, par la Cour Suprême, pour signifier les décisions finales rendues par la plus haute juridiction du pays dans cette affaire.

Une notification a été faite à toutes les parties concernées. Il a été demandé le déguerpissement de certains citoyens qui était sur les lieux litigieux. Il leur a été donné huit jours francs pour libérer les lieux, faut de quoi les services de sécurité allaient intervenir pour faire respecter la décision rendue par la Cour.

Le 4 juin, l’huissier en compagnie d’une quarantaine de gendarmes sont venus enlever portes et fenêtres d’une maison d’un citoyen appelé Mamadou Bhoye Touré à Dinkoly. Ils ont jeté les bagages sur la route. Mais il se trouve que les soi-disant propriétaires terriens qui sont de Dankoulo, ont  porté plainte contre les citoyens de Dinkoly. Et, il y a un petit village du nom de Koussouroukô qui fait limite ave Dinkoly. Ces gens de Koussouroukô qui ont passé par le canal des propriétaires terriens de Dankoulo pour leur demander d’exiger le déguerpissement des citoyens de Dinkoly. Quand les citoyens de Dinkoly ont compris cette manière de faire par leur cohabitant de Koussouroukô, ils ont refuser catégoriquement de quitter les lieux en disant : ‘’leurs arrières grands pères sont nés là, eux tous sont nés là’’. Si aujourd’hui on leur demandé de déguerpir, ils n’ont pas où aller’’, explique le sous-préfet.  

Une instrumentalisation politique ?

Joint au téléphone, un citoyen de Kankalabé dénonce une instrumentalisation politique.

 ‘’Les gens de Dinkoly ont été instrumentalisés par des mains noires qui leur ont donné de l’argent pour qu’ils refusent de rendre les terres que leur cohabitant de Koussouroukô leur avaient prêté. Il y a eu des affrontements aux machettes, lance-pierre, frondes et gourdins. Entretemps  le village de Dankoulo s’est levé (pour prêter mains fortes)  aux gens de Koussourouko qui aurait été attaqué par les habitants de Dinkoly.

Les affrontements  sont arrêtés mais le climat est toujours tendu.

Des gaz lacrymogènes qui pleuvaient de partout. Huit gendarmes blessés et 17 citoyens qui sont en ce moment alités à l’hôpital sous préfectoral de  Kankalabé où il n’y pas de médicaments.  Les affrontements  sont arrêtés mais le climat est toujours tendu. Les autorités et les sages sont en conclave pour essayer de trouver une solution sur ce problème’’, explique ce citoyen de Kankalabé.

Les affrontements à relent communautaire sont devenus récurrent en Moyenne Guinée (Foutah-Djalon). En mai dernier, un violent affrontement similaire à celui enregistré à Kankalabé, a opposé deux villages à Porédaka dans la préfecture de Mamou, faisant une quarantaine de blessés et des dégâts matériels importants.

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 31 11 12

Créé le 9 juin 2014 13:20

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