Crime à Coyah : la veuve du Dr Momo Touré, médecin gynécologue, témoigne…
COYAH– Dr Aboubacar Momo Touré, chef du projet « Notre santé » à l’USAID et médecin gynécologue, a été »sauvagement » assassiné à son domicile par des individus non identifiés. Le drame s’est produit à Friguiadi Nord, secteur Yéwolé, laissant sa famille dans une douleur indescriptible.
Encore sous le choc, son épouse, Madame Touré Mabinty, témoigne avec émotion sur les derniers instants partagés avec son mari et lance un appel aux autorités pour que justice soit faite.
Les derniers échanges avec son mari
« Moi, j’étais à Kindia. Vers 11h09, il m’a appelée. Il m’a dit qu’il avait envoyé la mesure sur WhatsApp et m’a demandé d’envoyer mes habits au tailleur. Je lui ai répondu : Attends, après la prière de 14h, j’irai. » Il m’a dit : « Non, avec ton état, il faut y aller maintenant. » J’ai dit d’accord.
Nous avons bien parlé au téléphone. Ensuite, il m’a envoyé de l’argent pour le transport et le prix de la couture. Je suis allée chez le tailleur pour déposer mes habits. Il m’avait dit qu’il me rappellerait le soir. Mais depuis, nous n’avons plus parlé.
C’est aux alentours de 16h que ma coépouse m’a appelée. Elle m’a dit que notre mari était décédé. Je lui ai demandé ce qui s’était passé. Elle a répondu qu’elle l’avait trouvé baigné dans son sang. Je lui ai encore demandé des explications, mais elle n’a pas pu parler, car elle était traumatisée. J’ai alors contacté d’autres personnes, et c’est ainsi qu’on m’a expliqué les circonstances.
En effet, les bandits sont entrés en détruisant une partie du mur de la cour. Ils sont ensuite rentrés dans la chambre. Franchement, il a lutté avec les criminels. Il voulait se défendre, mais malheureusement, ils l’ont assassiné.
Ils l’ont égorgé et poignardé. Tout cela, je ne peux pas estimer l’heure exacte. Mais selon moi, cela s’est produit dans l’après-midi, entre 14h et 15h. Sur le corps, il y avait des traces de blessures, notamment au cou », a-t-elle expliqué.
Comment les assaillants sont-ils entrés ?
« La cour est entourée par le voisinage. Sûrement, ils en ont profité. Quand les gens sont partis à la mosquée, vers midi, ils en ont profité pour entrer dans la cour. Notre mari travaillait à Boké. Il était médecin gynécologue et travaillait sur un projet. Il avait 54 ans », explique la veuve.
Des antécédents ?
Selon les dires de son épouse, Dr Touré n’était pas apprécié de tous dans le service où il travaillait, à Boké.
« Parfois, il me le disait… Vous savez, dans les services, on a toujours des ennemis, même quand on fait du bon travail. Ils diront toujours que ce n’est pas bien fait. Il me parlait souvent d’un de ses collègues qui ne l’aimait pas », a-t-elle souligné.
Mme Touré témoigne cependant que c’était un homme très sage et très généreux.
« Les autorités sont venues faire le constat. Elles ont pris des photos et ont ensuite envoyé le corps à la morgue. Demain, il sera transféré à l’hôpital Ignace Deen pour une autopsie. Une enquête est déjà en cours », précise la veuve du gynécologue.
Un appel à la justice
Face à la montée grandissante de l’insécurité, Madame Touré Mabinty interpelle le président de la transition :
« Je dis au président Mamadi Doumbouya que nous ne sommes pas en sécurité. Sinon, comment peut-on entrer chez quelqu’un, dans sa propre maison, et l’égorger ? Ce sont les militaires qui sont au pouvoir, mais nous ne sommes pas du tout en sécurité. Nous voulons que justice soit faite et que les coupables soient arrêtés et emprisonnés », lance Mme Touré.

Docteur Aboubacar Momo Touré était un homme très généreux, très sympathique, un bon cadre, témoigne son épouse.
« Franchement, nous ne sommes pas en sécurité. Après l’enterrement, nous allons porter plainte. Nous demandons que l’enquête aboutisse et que justice soit rendue à notre mari », a-t-elle insisté.
La réunion d’adieu
Selon Fagnet Boubacar Touré, le fils de la victime, tout aurait commencé le jeudi, après la rupture du jeûne. Dr Momo aurait exigé que la famille tienne une réunion.
« Nous étions réunis et, au cours de la réunion, il a insisté sur le fait que nous devions prendre soin les uns des autres. Il disait : « Moi, je vais vous dire, prenez soin de vous, aimez-vous les uns les autres, car je ne serai pas là longtemps. »

Il ajoutait : « Si vous réussissez, le monde en parlera. Mais si vous échouez, le monde en parlera aussi, en disant : pourtant, leur père était un grand intellectuel, mais ses enfants n’ont pas réussi. Donc, battez-vous, aimez-vous et évitez les conflits entre vous, surtout dans la famille » », a-t-il révélé.
Cette réunion a eu lieu vers 20h. Ensuite, le Dr Touré s’est rendu à la mosquée pour prier avant de rentrer chez lui.
« Quand il est revenu, il a travaillé un peu sur son ordinateur. À 22h, il est allé se coucher, car il devait se rendre à la mosquée la nuit.
Quand je suis rentré, je l’ai trouvé par terre, couvert d’un drap. J’ai retiré le drap et j’ai vu qu’il avait été égorgé et même attaché. Ils l’avaient ligoté avant de l’assassiner. J’ai demandé des explications, et on m’a fait comprendre que mon père était seul lorsque nous étions sortis. Profitant de l’absence de tout le monde à la maison, les assaillants ont pénétré et commis cet acte horrible », a-t-il ajouté.
Face à ce crime, Fagnet Boubacar Touré et toute la famille lancent un appel aux autorités afin que les coupables soient retrouvés et traduits en justice.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
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