Construction des cités modernes : Quel plan architectural pour la ville de Conakry?

Vue panoramique du centre-ville de Kaloum

CONAKRY-En Guinée, les autorités de la transition ont entrepris de nombreux chantiers depuis la chute d'Alpha Condé. La récupération du patrimoine bâti et non bâti de l'Etat est au cœur des initiatives du CNRD (comité national du rassemblement pour le développement). 


Des travaux d’envergure ont été lancés sur certains domaines récupérés par le patrimoine bâti début 2022. Des bâtiments commencent à pousser sur les zones déguerpies. Ce sont des projets de construction de nouvelles cités modernes qui sont lancés sur les sites, jadis habités par d’anciens fonctionnaires mais également par de simples citoyens.

Dès lors, une question se pose : Quel plan architectural faut-il pour ces cités en reconstruction ? Boubacar Bah, président de l'ordre des architectes de Guinée a donné son avis. Il livre une analyse très pertinente. Explications.

Ces domaines récupérés, certains se trouvent au cœur du centre-ville. Donc il faut penser à une rectification urbaine en consultant les architectes pour que des dispositions soient prises. Ces dispositions doivent intégrer les nouveaux investissements sur ces domaines-là dans le cadre urbain de la ville. 

Si hier ces cités étaient en banlieue de Conakry, aujourd'hui, ces domaines se trouvent au centre-ville de la capitale. Par conséquent, on ne peut ériger des cités là-bas. Comme on l'entend, c'est des habitations individuelles groupées. Ces habitations se trouvent en plein centre-ville. Par conséquent, il faudrait penser à d'autres équipements, tels que des immeubles administratifs, des supermarchés etc. Notre capitale en a besoin parce qu'il en manque beaucoup. Il faudrait aussi penser à une architecture plutôt verticale pour donner une silhouette imposante à la capitale. 

Lire aussi-Conakry : la construction et l’aménagement du parc urbain déclaré projet d’intérêt national

Aujourd'hui, Conakry s'est développé de manière très linéaire et horizontale. Nous avons suivi, c'est une ville totalement horizontale. Il y a peu d'immeubles verticaux. On devrait revoir cette tendance pour donner un aspect de puissance à la capitale en érigeant des ensembles immobiliers verticaux que ce soit des centres administratifs, commerciaux, supermarchés et d'autres équipements sportifs. C'est à ça que nous devons penser parce que Conakry est en manque énormément. 

Ces cités ont été construites dans les années 70. A l’époque, Cameroun et Camayenne était dans la banlieue. Mais aujourd'hui, architecturalement c'est au centre-ville de Conakry. Donc, on ne peut pas lever une architecture urbanisme au centre-ville, ou ériger des cités au centre d'une capitale. 

Aujourd'hui, les nouvelles villes, c'est la tendance. Il y a beaucoup de pays, en plus de la capitale politique, qui ont dissocié celle-ci à la capitale économique. En Guinée est-ce qu'on en a besoin toute suite ? A mon avis, en ce qui nous concerne, la nature nous offre quatre régions naturelles. Chacune de ces régions dispose d'une capitale, des villes importantes et qui sont souvent naturellement belles. 

 Il faudrait s'appuyer sur ces capitales régionales pour les développer, les équiper, faire la promotion des activités économiques. Dieu a fait que toutes ces capitales se trouvent proches des pays limitrophes des grands pays. C'est le cas par exemple de Nzérékoré, il y a la Côte d'Ivoire. A Labé il y a le Sénégal, Kankan, nous avons le Mali à côté. 

Donc toutes ces capitales régionales, si elles étaient équipées, bien organisées, auraient bien servi. On n’aurait pas assisté à cet exode rural avec près du tiers de la population guinéenne dans la capitale Conakry. Avec toutes les conséquences que cela crée en termes d'insalubrité, de logements indécents, de la criminalité, des embouteillages, des ghettos etc.  On aurait pu éviter tout ça là. En quoi faisant ? 

En s'appuyant sur les capitales régionales. Si on avait fait cela, du point de vue développement local, on n’en serait pas là aujourd'hui. Parce que c'est les forces humaines qui travaillent. Si toute la jeunesse -qui constitue les bras valides- quitte les régions pour venir à Conakry, qui va travailler là-bas ? Il faut changer de paradigme en développant les capitales régionales parce qu'elles peuvent devenir des pôles d'attraction, contenir cette jeunesse. Ce qui va créer un dynamisme et global de tout le pays" a expliqué l'architecte.

A suivre…

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 664 72 76 28

Créé le 8 janvier 2023 11:19

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