Conflit entre Éleveurs et Agriculteurs à Lola: Félix Lamah dévoile son « plan » pour endiguer la crise…

NZEREKORE – Face à la recrudescence des violences entre éleveurs et agriculteurs, notamment dans la préfecture de Lola, en Guinée Forestière, le ministre guinéen de l’Élevage, a tenu une conférence de presse ce lundi 27 octobre 2025 à la Maison régionale de la Presse de Nzérékoré. Devant les hommes de médias, Félix Lamah a dévoilé une série de mesures « urgentes » visant à stabiliser la situation, à sécuriser les populations et à protéger le cheptel national.

Création de zones tampons et sécurisation du bétail

Pour prévenir la divagation du bétail et les affrontements souvent meurtriers, le ministre Lamah a annoncé l’identification de plusieurs zones tampons (ou « zones de regroupement ») à Lainé, Foumbadou et Guéasso. Ces espaces, a-t-il précisé, appartiennent au Ministère de l’Élevage et sont destinés à regrouper les troupeaux guinéens.

« Nous avons rencontré les communautés, et certaines ont mis à notre disposition des espaces communautaires. Nous allons y installer des enclos de fortune, faits de bambous et de bois, afin de délimiter et sécuriser le bétail », a déclaré le ministre.

Ces zones situées à proximité des frontières, mais éloignées des périmètres agricoles, visent à établir une coexistence pacifique. Les levées topographiques sont déjà achevées et le matériel est en cours d’acheminement, selon le ministre.

« Les travaux seront lancés dès la fin des opérations de sortie des transhumants transfrontaliers, probablement dès le mois de novembre », a-t-il précisé.

Opération conjointe et sécurité nationale

Félix Lamah a insisté sur la dimension sécuritaire du problème. Une opération conjointe impliquant le Gouvernement, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et la Fédération Bétail-Viande de Guinée est lancée pour expulser les troupeaux étrangers présents illégalement dans les forêts.

« Nous voulons préserver la quiétude retrouvée en région forestière depuis 2021. Il n’y a pas de développement sans paix. Nos forces de défense et de sécurité sont engagées à nos côtés pour l’application de cette décision souveraine du gouvernement », a-t-il martelé.

Dans l’immédiat, le ministre de l’Elevage a conseillé aux bouviers guinéens de regagner temporairement les villes pour éviter tout amalgame avec les éleveurs étrangers et ainsi garantir leur sécurité personnelle.

Pénurie de viande, un manque « temporaire »

Interrogé sur la rareté de la viande de bœuf observée récemment sur les marchés de Nzérékoré, Félix Lamah a reconnu la situation. « Oui, il y aura un manque de viande de bœuf, mais c’est temporaire », a-t-il temporisé, rassurant les consommateurs en expliquant qu’une collaboration est en cours avec la Fédération pour acheminer du bétail d’autres régions, notamment de la Haute-Guinée.

En attendant, il a encouragé les populations à diversifier leur alimentation : « Nos populations peuvent consommer d’autres sources de protéines : le mouton, la chèvre, le poulet ou le porc », a-t-il suggéré avec humour. Pour lui, cette période doit être l’occasion de promouvoir la diversité alimentaire.

Appel à l’élevage responsable

« Qu’on soit éleveur guinéen ou résident guinéen, personne n’est au-dessus de la loi. Chacun doit disposer d’un espace clôturé pour son bétail. C’est cela, l’élevage responsable », a-t-il affirmé, clarifiant la question de la nationalité des bouviers.

Réaffirmant la détermination du gouvernement à restaurer une paix durable, il a conclu sur une note forte : « Je préfère rembourser un bœuf tué que de perdre une vie humaine. Notre priorité, c’est la sécurité de tous. »

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

En Guinée forestière.

Créé le 27 octobre 2025 18:12

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