Confidences de Jean Marie Doré : Qu’est-ce qui opposait Lansana Conté à Bâ Mamadou et Cie ?

Feu Général Lansana Conté

CONAKRY- C’est l’une des rares fois qu’il s’exprime sur ce sujet. L’ancien Premier Ministre guinéen, Jean Marie Doré a fait quelques confidences sur les relations qui existaient entre l’ancien président guinéen feu Général Lansana Conté et son opposition, à l’arrivée du multipartisme en Guinée.

Extrait…

« Tout le monde condamnait ici Conté à l’époque. Il a reconnu les partis (politiques), mais il ne voulait pas les recevoir. Chacun préparait ses armes. Le Gouvernement aussi se préparait aussi pour l’assaut final. Nous avons discuté à notre siège. Est-ce qu’on va rester assis et des innocents vont mourir ? Conté a tord de refuser de rencontrer les partis dont il a autorisé la création, mais les opposants aussi ont tord de penser que tout se règle par les armes. La politique c’est la parole. Un muet ou un sourd ne peut pas être président de la République, ni ministre. Il faut disposer de la plénitude de ses moyens pour le faire.

J’ai écrit au nom de mon parti à Lansana Conté que je voudrai le voir pour discuter des problèmes graves qui risquent de survenir dans notre pays. J’ai déposé la lettre, je suis parti à N’Zérékoré. J’étais au village, je vois arriver le Gouverneur. Il me dit : Monsieur Doré il faut que vous soyez demain à Conakry, le Président veut vous recevoir. Je dis : Pourquoi demain ? Il répond : ah le président vous attend demain. Je dis : ah non, moi je ne fonctionne pas comme ça je ne suis pas à la solde du président. Il dit : je vous en supplie, on vous attend à ce rendez-vous. J’ai dit d’accord mais je ne peux pas être à Conakry demain par voiture. Il dit qu’on a bloqué l’avion du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés, Ndlr) qui transportait les refugiés libériens. On a pris  l’avion, nous sommes arrivés.

Je suis venu, on était quatre. Talondy Camara et Conté étaient assis sur un divan, Réné Alsény Gomez et moi sur un autre divan en face d’eux. Puis je dis que je ne suis pas d’accord Monsieur le Président que vous autorisiez la création des  partis et puis vous dites que vous ne les reconnaissez pas. C’est une logique que je ne partagerais jamais.

Il me dit oui, M. Doré moi je veux bien recevoir les partis mais Bâ Mamadou un jour  a insulté ma mère. Je dis qu’es-ce qu’il a dit. Il dit que Bâ Mamadou a dit que si Conté veut bien gouverner la Guinée, il n’a qu’à consulter sa mère. Est-ce qu’il a le droit de prononcer le nom de ma mère. Je lui réponds que si vous étiez un paysan vivant à Tondon ou à Wawa, d’abord, on ne connaitrait pas votre nom, ni l’identité de votre mère. Vous seriez à  l’abri de critiques. Mais plus haut vous montez, plus long on vous voit. Alors Il m’a dit alors qu’est-ce vous pensez. J’ai répondu, laissez d’abord les partis s’exprimer librement à la radio. Alors, on a créé l’expression directe des partis. Puis il a dit, je voudrais que chaque parti vienne me voir  pour m’exprimer son point de vu. Mais là, on a raté le coche. Au lieu que chacun se rende à ce rendez-vous, à tour de rôle, ils ont rédigé un mémorandum qui n’était pas du tout conciliant que Mariama Béavogui devait lire. Ça un peu nuit à l’objectif recherché ».

 

Propos recueillis par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 31 11 12

 

 

Créé le 24 novembre 2015 11:40

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