Conakry : une nouvelle forme d’insécurité prend de l’ampleur en Banlieue…
CONAKRY – Une inquiétante recrudescence de l’insécurité touche la haute banlieue de Conakry, où une nouvelle forme de brigandage ciblant des citoyens souvent vulnérables prend de l’ampleur. Ces attaques, pour la plupart, menées par de jeunes hommes circulant à moto, visent principalement à arracher sacs et téléphones. Les conséquences sont parfois dramatiques.
Vendredi dernier, l’une de ces agressions a coûté la vie à une femme au rond-point T5. Hier lundi 20 octobre, au matin, un autre incident similaire a été signalé au carrefour Canadien, dans la commune de Lambanyi. Une équipe d’Africaguinee.com a recueilli des témoignages glaçants de victimes et de proches.
Pierre Mansaré, Directeur général de l’école primaire Bambino Emmaüs de Mamou, a expliqué avec émotion les circonstances tragiques de la mort de sa fille, Jeanette Mansaré, mère de quatre enfants, dont un bébé de 10 mois.

« Jeannette Mansaré est ma dernière fille. Elle s’occupait très bien de moi et de toute la famille. Selon les explications, c’est aux environs de 6h du matin qu’elle a été attaquée par des jeunes en moto qui voulaient lui dérober son sac. Comme elle conduisait, elle a perdu l’équilibre. Elle est tombée et cela a coïncidé à l’arrivée d’un véhicule qui l’a percutée. Elle est décédée par suite d’accident de la circulation. Les jeunes qui ont fait ça sont jusqu’à présent en cavale », explique le père de la victime.
Sous le choc, M. Mansaré qui a appris la nouvelle alors qu’il était en poste à Mamou, a confirmé que sa fille a été enterrée dimanche et que les enquêtes se poursuivent.
Agression au couteau au carrefour Canadien
Lundi matin à Lambanyi, Klevor Dorothée a échappé de peu au pire alors qu’elle cherchait un taxi pour se rendre au travail. Dans son récit, elle explique la brutalité des assaillants et la passivité des témoins :
« Aujourd’hui, aux environs de 6 heures du matin, pendant que je cherchais le taxi pour aller au travail, un jeune est venu vers moi. Il voulait piquer mon sac. J’ai crié et appelé au secours, mais les gens ne me regardaient même pas. Chacun suivait ses occupations. Le gars a fait sortir un couteau et a voulu me poignarder. Là, j’ai voulu courir et un taxi m’a percuté. »

Secourue par un conducteur de mototaxi, qui a réussi à maîtriser l’agresseur, Klevor Dorothée dit être « traumatisée » et souffrir de « fortes douleurs ». Elle lance un appel pressant : « Je demande à l’État de veiller à ce phénomène qui commence à nous inquiéter. On n’ose plus sortir très tôt le matin pour aller au travail. »
Téléphone volé au péril de la vie
L’audace des bandits est telle qu’ils n’hésitent plus à prendre des risques extrêmes, comme l’a témoigné Mamadou Aliou, un conducteur de taxi, près des rails situés entre T5 et Kissosso.
« Avant-hier, on était arrêté au niveau des rails ici, en attendant que le train passe. Une femme parlait au téléphone quand des jeunes à bord d’une moto ont piqué son téléphone et ont traversé les rails pendant que le train était à moins de 20 mètres du lieu de l’incident », narre-t-il.
Pour ce conducteur, la prudence doit être davantage désormais de mise : « Tenir un téléphone à la main ou un sac est imprudent ici. Les gens n’ont qu’à beaucoup faire attention et les services de sécurité aussi doivent nous aider. »
Nous y reviendrons!
Habib Samaké
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 octobre 2025 14:15Nous vous proposons aussi
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