Conakry : A la rencontre de Fatoumata Sylla, conductrice de tricycle bombonna…
CONAKRY-Fatoumata Sylla, la vingtaine, est une femme courageuse. Cette coiffeuse de formation exerce un métier souvent réservé aux hommes en Guinée. La conduite de tricycle « Bombonna ».
C’est le destin quelquefois douloureux qui a conduit cette jeune dame à faire ce métier. Sous le régime d’Alpha Condé, son atelier de coiffure a été démoli. Elle se retrouve bredouille, sans perspective. Par la suite, elle rejoint une société de gardiennage établie à Conakry, mais très vite dame Sylla est découragée puis abandonne ce travail.

Après des mois au chômage, la mère de deux enfants apprend à conduire les bombonna, avec l’aide de son mari. Très vite, elle est attirée par la conduite de tricycle, moyen de transport de personnes prisé dans la capitale guinéenne. Depuis deux ans, elle exerce ce travail pour gagner sa vie et celle de sa famille. L’activité lui réussit bien. Au quotidien, elle rivalise d’ardeur avec les hommes sur le tronçon T7 – Madina.
Il était 06h du matin quand nous l’avons rencontrée à son domicile à Nongo, alors qu’elle s’apprêtait à sortir. Enthousiaste, Fatoumata Sylla explique comment elle a embrassé ce travail.
« Depuis 2 ans et quelques mois je conduis ce tricycle (Bombonna), grâce à mon mari qui me l’a appris. Avant, je faisais de la coiffure ; mon salon était à Koloma, mais il a été démoli au temps du président Alpha Condé. Désespérée, je suis restée longtemps à la maison sans travailler. Un jour, j’ai dit à mon mari que je ne pouvais plus continuer ainsi ; il me faut un travail. J’ai donc intégré une société de gardiennage, mais ce que je percevais comme salaire ne pouvait pas me permettre de couvrir mes besoins. Un jour, j’ai demandé à mon mari de m’apprendre à conduire le tricycle (Bombonna). As-tu ce courage ? m’a-t-il demandé. ‘’Oui’’ lui-ai-je répondu. C’est ainsi qu’il a commencé à m’apprendre, et quelques jours après, j’ai commencé à conduire. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans cette activité », a-t-elle expliqué.

Fatoumata Sylla conduit un tricycle qui ne lui appartient pas. Chaque jour, elle doit verser une recette. Son mari également conducteur de moto bombonna ne travaille pas actuellement.
« Je sors chaque jour à 6 heures du matin, je travaille jusqu’à 14 heures, je reviens à la maison pour me reposer un peu. Je reprends à 16 heures et j’arrête à 18 heures ou 19 heures. Dieu merci, je gagne petit à petit ma dépense grâce à ce travail. Ce qui me réconforte encore plus, ce sont les encouragements des gens que je croise. J’avoue que j’aime beaucoup ce travail. Dans la journée, quelquefois je gagne 300 mille francs guinéens. J’achète le carburant, verse la recette fixée à 120 000 gnf par jour. Le reste c’est pour moi. Avec les passagers, tout se passe bien ; il y en a même qui font des gestes pour m’encourager. Même mes enfants aiment le travail que je fais. Quand je vais à leur école, tout le monde m’encourage et même leurs camarades », a-t-elle confié.
Elle invite les bonnes volontés à l’aider à obtenir un tricycle pour être autonome. « Je lance un appel à l’aide aux autorités guinéennes, surtout au président de la République de Guinée, le général Mamadi Doumbouya, et à toutes les bonnes volontés. Qu’ils me viennent en aide afin que je puisse avoir mon propre tricycle, car celui-ci ne m’appartient pas ».
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 4 février 2025 16:51









