Cellou Dalein Diallo : ‘’C’est possible de gagner contre Alpha Condé…’’ (Interview exclusive)

Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG

CONAKRY- Le Chef de file de l’opposition guinéenne croit à sa victoire pendant la prochaine élection présidentielle prévue au mois d’octobre 2015. Après la victoire du Chef de file de l’opposition nigériane contre le président sortant, Cellou Dalein Diallo propose des pistes de solution pour battre l’actuel locataire du Palais Sékoutoureya lors de la prochaine élection. Dans cette interview exclusive accordée à notre rédaction, le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée aborde plusieurs autres sujets liés au bras de fer qui les oppose au pouvoir du Président Alpha Condé. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Cellou Dalein Diallo bonjour !

CELLOU DALEIN DIALLO : Bonjour Monsieur Souaré !

En tant que Chef de file de l’opposition guinéenne comment avez-vous accueilli la victoire de Muhamadou Buhari qui a réussi à battre le Président sortant du Nigéria Good Luck Jonathan ?

D’abord je me réjouis de la victoire de Mahamadou Buhari qui est une victoire pour le  Nigéria et pour l’Afrique parce que c’est un homme qui a la réputation d’être rigoureux  pour son combat farouche contre la corruption  et je pense qu’il pourra faire face aux défis auxquels est confronté le Nigéria. En plus, en tant que Chef de file de l’opposition guinéenne, naturellement je me réjouis de la victoire de celui que l’on pourrait appeler mon collègue. Cela signifie pour les guinéens  que c’est possible d’obtenir l’alternance et de gagner contre le président sortant (Alpha Condé, Ndlr). Ce n’est pas la première fois, on en voit de nos jours un peu partout en Afrique, des précédents de cette nature comme au Sénégal, en Côte-D’ivoire et maintenant au Nigéria. Ce pays est l’une des puissances économiques sur le continent. Cet exemple peut inspirer les autres pays. Si la lutte est menée dans les mêmes conditions et la même détermination dans l’opposition guinéenne, je pense qu’il n’y a aucun doute quant à la victoire de l’opposition lors de la prochaine élection présidentielle en 2015.

Selon vous quels sont les facteurs qui ont contribué à la victoire de l’opposition nigériane lors de cette élection présidentielle ?

Je pense qu’il y a tout d’abord la qualité de l’homme,  et des circonstances particulières qui prévalent en ce moment au Nigéria. C’est un Général, un militaire rigoureux, ferme et ensuite il y  eu l’unité de l’opposition qui a été un facteur déterminant. Mais si l’unité s’est faite autour de lui c’est en raison d’abord de son poids électoral, mais aussi de ses qualités et de son leadership que les gens ont eu l’avantage de découvrir lorsqu’il est arrivé au pouvoir dans les années 80, même si c’est à la suite d’un putsch, il avait fait preuve de rigueur dans la gestion surtout contre la corruption. Aujourd’hui on estime que cette corruption mine le Nigéria sans parler de l’insécurité. On pense aussi qu’il était e candidat le mieux placé. Ceci dit, s’il n’y avait pas eu cette unité de l’opposition les chances de la victoire auraient été minces.

Pensez-vous qu’un tel scénario est possible en Guinée pour une alternance en 2015 ?

C’est souhaitable ! Si on veut l’alternance, on doit mener le combat pour réunir les conditions d’une élection transparente parce qu’il ne sert à rien d’aller  unis ou désunis à une mascarade électorale comme celle que Alpha Condé veut organiser. On doit s’organiser et se battre pour exiger que les conditions d’une élection libre et transparente soient réunies, ensuite cette unité doit continuer pour la conquête du pouvoir mais aussi pour la gestion du pays.

Nous avons appris qu’hier mercredi vous avez reçu à votre siège plusieurs organisations de société civile. Peut-on connaître le contenu de vos échanges ?

Ils étaient venus nous rencontrer pour que nous leur donnions lecture de la crise politique qui existe aujourd’hui en République de Guinée et surtout avoir des informations sur les positions de l’opposition par rapport au processus électoral afin disent-il de réunir les informations électorales et de voir éventuellement quelles positions prendre. Ils sont dans une série de consultations.

Pensez-vous qu’une unité d’actions est possible entre l’opposition et la société civile ?

Nous sommes dans une situation où les fondements même de la république sont menacés. Lorsque la loi et la Constitution sont violées, l’insécurité est galopante, lorsque la misère s’est aggravée, il y a lieu que les forces vives de la Nation se retrouvent pour voir quelles solutions apporter à cette descente aux enfers et à cette remise en cause des acquis démocratiques et des fondements de l’Etat de droit.

A seulement quelques mois de l’élection présidentielle vos discours sont de plus en plus musclés. Certains estiment que le contenu de votre discours de Kaloum (Quoi qu’Alpha Condé fasse il partira en 2015), est un peu dur compte-tenu du climat politique du pays. Que répondez-vous ?

Lorsqu’Alpha Condé dit qu’il gagne au premier tour  vous ne dites rien, mais lorsqu’on dit qu’il partira en 2015 (…). Eh ben cette année c’est celle des élections (…), si  nous nous battons pour obtenir les conditions d’une bonne élection il n’y a pas de raison que Alpha Condé se maintienne au pouvoir. Vous savez bien que les guinéens sont vraiment déçus de cette gouvernance, la majorité croupit dans une misère insoutenable, le chômage se fait du fait des politiques et des pratiques de ce Gouvernement. Donc les gens sont décidés pour obtenir l’alternance. Nous constatons cela d’ailleurs dans les états-majors de nos partis politiques, dans les quartiers et un partout. Chaque fois nous enregistrons des adhérents venus du RPG (parti au pouvoir, Ndlr) dans l’enthousiasme de la victoire qui se disent être aujourd’hui déçus.

Jusqu’où l’opposition est décidée à aller dans son bras de fer qui l’oppose au pouvoir de Conakry ?

Jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitimes.

En quoi faisant ?

C’est le respect des accords, de la constitution et des lois de la république. Ces lois ont été violées, les accords du 03 juillet 2013 l’on aussi été, le consensus obtenu à l’issu du dialogue de juillet 2014 a été violé, le code des collectivités mis au déni. Ecoutez, l’on ne peut pas continuer à vivre comme ça alors que notre ambition est de bâtir un Etat de Droit respectueux des principes et des règles démocratiques mais aussi des lois de la République.

Le Président du cadre du dialogue Maître Cheick Sackho vous a ouvert une brèche en déclarant que la signature des relevés de conclusion du dialogue de juillet 2014 n’était pas exclue si vous acceptez de venir autour de la table du dialogue. Qu’en dites-vous ?

L’un des points d’accords de ce dialogue c’était l’organisation des communales avant la fin d’année 2014. Aujourd’hui si l’on signe cela quelle pourrait être la valeur ou le sens d’une telle signature.

Avez-vous un appel à lancer à vos militants?

Je demande aux militants de l’UFDG, de l’opposition et de façon générale à tout le peuple de Guinée épris de paix, de démocratie et de justice, de se mobiliser pour exiger le respect de nos lois et des engagements pris pour que nous puissions obtenir une élection libre et transparente en 2015. Si toutes ces conditions sont réunies, je suis convaincu qu’on aura l’alternance et le changement souhaité par le peuple de Guinée.

 

Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Créé le 2 avril 2015 15:40

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