Caution à 900 millions GNF pour la Présidentielle: “Ce n’est pas une compétition d’hommes d’affaires”, réagit Dr Faya

CONAKRY – Le montant de 900 millions de francs guinéens (GNF) fixé comme caution pour la participation à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 fait réagir les candidats déclarés. Dr. Faya Millimouno, ancien candidat de la présidentielle de 2015 et homme politique, dénonce une mesure jugée excessive. Il s’est exprimé sans détour sur le sujet, tout en donnant son avis sur le plafonnement des dépenses de campagne.

AFRICAGUINEE.COM : La caution pour la participation à l’élection présidentielle est fixée à 900 millions GNF. Quelle est votre réaction en tant que candidat annoncé ?

DR. FAYA MILLIMOUNO : Il faut dire que dans notre pays, on est devenu tellement matérialiste que ce qui est de l’ordre du droit est devenu une occasion de chercher à soutirer de l’argent avec les gens. On sait qu’une participation à l’élection présidentielle demande de l’argent pour mobiliser des gens, pour organiser une élection. Mais ce qu’on demande aux candidats, c’est une contribution, c’est pas un financement total. C’est l’État qui finance les élections. Fixer la caution à 900 millions, ce n’est vraiment pas normal. C’est peut-être pour empêcher beaucoup de candidats d’être dans la course.

À la présidentielle de 2015, à laquelle vous étiez candidat, la caution était fixée à 800 millions. Neuf cent millions en 2025, n’est-ce pas raisonnable ?

Ce n’est pas raisonnable, pour quelles raisons ? Lorsque nous suivons l’évolution des choses, jusqu’en 2010, aucune élection en Guinée n’avait demandé plus de 100 millions. On est passé de 50 millions à 800 millions. C’était déjà très farfelu. En 2010, c’était 400 millions. L’intention, c’était de bloquer les gens. Malgré tout, il y a eu 24 candidats en 2010. Et de 400 millions en 2010, en 2015, on va à 800 millions. Cela ne peut se justifier même d’un point de vue économique. Parce que le taux d’inflation du pays ne peut pas avoir été de 100%. C’est ce qui a été fait. Donc, c’était déjà anormal en remontant à l’année 2015.

Cela devait être corrigé en 2020. Cela ne l’a pas été. Cela devait être corrigé en 2025. Cela ne l’est pas. C’est un peu la même mentalité alors qu’on sait que tout le monde est pauvre en Guinée. Il faut que cela cesse dans ce pays.

Quel montant aurait pu être raisonnable selon vous ?

Selon l’évolution des choses, depuis 2005 à 2020, on pourrait aujourd’hui, raisonnablement, se retrouver autour de 300 millions. Le critère qui aurait pu être mis en avant, c’est le respect de la loi parce que ce n’est pas une compétition d’hommes d’affaires. C’est une compétition d’hommes et de femmes dont l’intégrité doit d’abord être établie. Donc, c’est ce qui devrait être d’abord le souci premier. La conformité du dossier de la personne à la loi, c’est ce qui devait d’abord préoccuper et non l’inverse.

Est-ce que pour autant vous maintenez votre candidature ?

Nous continuons à nous battre. Nous continuons à relever les insuffisances. Nous continuons à alerter. Nous faisons un grand effort. Vous nous avez suivis la dernière fois. D’ailleurs, un de vos éminents journalistes était là pour couvrir l’enregistrement de la requête que j’ai déposée auprès de la Cour suprême. Je continue à y croire. Si ma candidature n’est pas maintenue, ça ne sera pas une question pécuniaire. Ça ne sera pas la raison.

Quel est votre avis sur le plafonnement des dépenses de campagne fixées à 40 milliards ?

Je dirais que, pour ça, c’est raisonnable. Parce que, comme vous voyez, au regard de la situation d’aujourd’hui, vous prenez environ 50 000 personnes que chaque candidat pourrait mobiliser pour la sécurité de ses votes sur le territoire. Et si chacun de ces 50 000 obtenait 200 000, ça serait déjà 10 milliards. Rien que ça.

Lorsque vous prenez la question de la communication, il faut imprimer les t-shirts, imprimer des banderoles, ceci ou cela, ça coûte de l’argent. Tant qu’il faut faire le rallye, il faut amener les structures à se mouvoir pour aller faire les portes-à-portes. Donc c’est déjà beaucoup de personnes qui seront mobilisées pour cela. Certains vont arrêter toute activité pour se consacrer à cela. Même si c’est des bénévoles qui ne reçoivent pas de salaire, il faut quand même s’occuper d’eux, qu’ils aient leur manger, qu’ils aient leur déplacement, etc.

Africaguinee.com

Créé le 22 octobre 2025 14:37

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