Cas des 200 000 us octroyés par le Chef de l’Etat : Le Président du Conseil des Guinéens au Gabon apporte des précisions…
LIBREVILLE –Le Président du Conseil des Guinéens au Gabon a apporté des précisions sur les 200.000 dollars octroyés par le Chef de l’État. Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, M. Mohamed Barry a donné des détails sur l’origine de la controverse née de l’annonce de l’octroi de cet argent aux ressortissants guinéens. Explications.
AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Barry, certains vous accusent d’avoir reçu les 200 000 dollars annoncés par le ministre Morissanda Kouyaté comme don du président Mamadi Doumbouya. Que s’est-il réellement passé ?
MOHAMED BARRY : Je suis le président du Conseil de la diaspora guinéenne au Gabon. Lors de la visite du président de la transition ici, nous avons mobilisé toute la communauté pour lui réserver un accueil chaleureux. Tout s’est bien passé, grâce à Dieu, et la Guinée a été honorée.
Avant son départ, nous nous sommes rendus à sa résidence pour lui dire aurevoir. À cette occasion, il a formulé plusieurs promesses. Il a notamment affirmé vouloir aider les Guinéens désireux de rentrer au pays, mais n’ayant pas les moyens de se payer un billet d’avion. Il a ainsi instruit notre consulat de recenser tous ceux qui se trouvent dans cette situation.
Par ailleurs, l’annonce de l’octroi de 200 000 dollars a été faite par notre ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté. Après cette déclaration, j’ai contacté le consul pour savoir si l’argent était disponible. Il m’a informé que ce n’était pas encore le cas, mais que dès qu’il recevrait les fonds, il me contacterait afin de réunir les responsables de la communauté pour en discuter.
Je lui ai alors fait part de quelques propositions concernant la gestion éventuelle de cet argent. Soit, nous décidons de le partager entre différentes structures, soit nous l’investissons dans un projet communautaire. J’ai suggéré que le bureau exécutif, les quatre coordinations régionales, le bureau des femmes, les représentants des 8 provinces où vivent des Guinéens en dehors de Libreville, ainsi que les compatriotes en conflit avec la loi puissent en bénéficier. Il y a aussi eu des mouvements qui ont participé activement à l’accueil du président.
Mais à ma grande surprise, ce lundi vers 9 heures, un responsable communautaire m’a informé qu’un groupe de jeunes s’était rendu à l’ambassade et menaçait de créer des troubles. Je me suis immédiatement rendu sur les lieux. À peine descendu de ma voiture, ces jeunes m’ont encerclé, m’accusant de détenir les 150 millions de francs CFA (équivalents des 200 000 dollars). Ils m’ont menacé de violence si je ne leur remettais pas l’argent. J’étais sidéré.
Je leur ai demandé qui leur avait dit que j’avais cet argent. Ni le président, ni le ministre, ni l’ambassade ne m’ont remis quoi que ce soit. Je n’ai aucune information officielle à ce sujet. Mon seul rôle serait de rassembler les responsables communautaires pour discuter de la gestion de ces fonds, une fois disponibles.
Malgré mes explications, ils ont refusé d’écouter. J’étais seul, et la situation aurait pu dégénérer. Ils m’ont filmé, ont diffusé les images sur les réseaux sociaux en m’accusant d’avoir détourné l’argent du président. Depuis, la polémique enfle.
Ma vie a été menacée. Dans un contexte de pauvreté, une rumeur autour d’une telle somme peut faire de vous une cible. J’ai dû solliciter l’intervention de la police. L’instigateur principal a été arrêté, non pas pour être emprisonné, mais pour qu’il comprenne la gravité de ses accusations. Il m’a attaqué sans preuve.
Finalement, il a reconnu son erreur, présenté ses excuses à la communauté. Nous sommes allés au commissariat central pour régler l’affaire à l’amiable. J’ai toujours dit que je ne souhaitais pas qu’un Guinéen envoie un autre à la police. Ce principe s’applique à moi aussi. Mais je devais marquer un coup pour faire comprendre que de telles accusations infondées ne peuvent être tolérées.
Nous comptons le récupérer et l’amener à l’ambassade pour qu’il démente publiquement ses accusations, présente ses excuses à la communauté, et prenne l’engagement de ne plus recommencer. Ensuite, il pourra rentrer chez lui. Il a une famille.
C’est vrai que mon image a été sérieusement écornée, des vloggeurs se sont emparés de la vidéo pour me dénigrer. Mais ce sont les risques liés à la fonction. Ma conscience est tranquille. Je remercie la majorité de la communauté guinéenne ici qui m’a soutenu. L’incident n’a pas affecté notre vivre-ensemble localement. Ce sont surtout ceux de l’extérieur, ne me connaissant pas, qui peuvent mal interpréter les choses.
Selon nos informations, cet incident a failli créer des tensions au sein de la communauté. Qu’en est-il réellement ?
Non, grâce à Dieu et à l’implication des doyens, nous avons réussi à apaiser les esprits.
Propos recueillis par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
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