Bornage, archives et développement : La Commission nationale des frontières fait le point sur ses premières avancées
CONAKRY – Le paysage institutionnel guinéen vient de franchir une étape dans la gestion des limites territoriales. Ce jeudi 22 janvier 2026, les membres de la Commission Nationale des Frontières de Guinée se sont réunis pour une séance de prise de contact solennelle. Sous l’égide du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, cette rencontre a permis de tracer les contours d’une stratégie visant à transformer les zones frontalières en véritables pôles de développement et de paix.
Une vision présidentielle pour l’intégration régionale
Présidant la séance, Mohamed Sikhé Camara, Secrétaire général du ministère, a d’emblée placé les travaux sous le signe d’une vision régalienne. Selon lui, la gestion des frontières n’est pas qu’une question de tracés cartographiques, mais un levier essentiel pour le bien-être des populations.
« Depuis la nomination du Secrétaire exécutif principal et de son adjoint à la tête de la Commission nationale des frontières de Guinée, plusieurs activités ont été menées sur le terrain afin de renforcer le cadre stratégique au niveau des frontières que nous partageons avec nos pays voisins, à savoir le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée-Bissau. Nous avons également procédé à la mise en place effective de la Commission nationale des frontières, composée de tous les départements sectoriels en lien direct avec les questions frontalières, notamment la Justice, la Sécurité, les Affaires étrangères, le ministère de la Pêche, entre autres », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire général du MATD a également tenu à souligner l’importance de la synergie entre les acteurs nationaux et internationaux. « La Commission bénéficie de l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment la GIZ, le PNUD et l’OIM. La rencontre d’aujourd’hui constitue une première prise de contact entre les membres, afin de favoriser la connaissance mutuelle et d’échanger sur les différents projets en cours. Il s’agit également de faire le point sur l’ensemble des activités menées depuis la mise en place de la Commission nationale des frontières de Guinée », a-t-il ajouté.
Souveraineté et prévention des conflits
Le constat technique est déjà éloquent : des opérations de bornage, des recherches documentaires approfondies dans les archives de la sous-région et des missions de terrain ont déjà été amorcées. Pour Sidia Diawara, Secrétaire exécutif de la commission, ces efforts répondent à une urgence qui dépasse le simple cadre administratif.

« La tenue de cette rencontre n’est ni fortuite ni symbolique ; elle répond à une nécessité institutionnelle et stratégique. La gestion des frontières constitue, pour la République de Guinée, un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité, de cohésion sociale et de développement territorial. Les zones frontalières, de par leur position géographique et leur dynamique sociale, représentent à la fois des espaces d’opportunités et des zones de vulnérabilité qui exigent une attention particulière de l’État », a indiqué le haut cadre.
L’ancrage dans le Programme Frontière de l’Union Africaine (PFUA)
L’action de la Guinée s’inscrit dans un mouvement continental plus large. M. Diawara a rappelé que la genèse de cette commission est intrinsèquement liée aux directives de l’Union Africaine, visant à pacifier les zones de contact entre États.
« La mise en place des commissions nationales des frontières en Afrique est une initiative de l’Union africaine à travers le Programme Frontière de l’Union africaine (PFUA). Ce programme a pour objectif d’amener les États africains à participer activement à la lutte contre les crimes organisés ainsi qu’à la prévention des conflits entre communautés transfrontalières, souvent liés à l’exploitation des ressources naturelles partagées, aux terres agricoles et à d’autres ressources », a-t-il précisé.

M. Diawara a conclu son propos en saluant l’appui constant de la communauté internationale : « Depuis sa mise en place, l’Union africaine, l’Union européenne et l’Agence allemande de coopération internationale jouent un rôle essentiel dans le développement de ce vaste programme, à travers des appuis matériels et financiers conséquents, grâce auxquels un certain nombre d’activités ont été réalisées en Afrique. C’est dans cette perspective que la Commission nationale des frontières de Guinée a été mise en place par décret. »
Sayon Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 23 janvier 2026 18:00Nous vous proposons aussi
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