Baidy Aribot précise : « L’UFR n’est pas de la mouvance… » (Interview exclusive)

Baidy Aribot

CONAKRY- Après l’annonce de son départ de l’opposition, l’Union des Forces Républicaines vient de préciser sa position. Au lendemain de la nomination de son leader Sidya Touré au poste de Haut Représentant du Chef de l’Etat, cette formation politique s’est fixé de nouveaux objectifs. Baidy Aribot, le Secrétaire Général de l’UFR a levé un coin du voile sur la nouvelle orientation de sa formation politique. Dans cette interview, l’élu de la circonscription électorale de Kaloum répond aussi aux accusations de leurs détracteurs. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Honorable Baidy Aribot bonjour !

BAIDY ARIBOT : Bonjour Monsieur Diallo !

De sources sûres nous avons appris que votre nom figurait sur la liste des membres du nouveau Gouvernement. Qu'est ce qui s'est passé à la dernière minute ?

Demandez à la personne qui vous a dit que j’étais sur la liste des membres du Gouvernement et qu’après, il y a eu ceci ou cela. Moi je n’étais pas au courant. Je vous le dis franchement que le Gouvernement n’était pas ma priorité. Je le dis et je le répète. C’est le parti UFR (Union des Forces Républicaines, Ndlr) qui était ma priorité. Si le parti est en bonne posture, en collaboration avec l’exécutif, c’est ça ma priorité. Mais encore une fois, je dis et le répète, c’est au Président Alpha Condé de choisir ses collaborateurs.

Quelles pourraient être les attributions de votre leader en tant que Haut Représentant du Chef de l'Etat?

C’est le Chef de l’Etat qui va donner les attributions qu’il souhaite confier au Haut Représentant. C’est lui qui a créé le poste, c’est à lui encore de définir son contenu. On n’a pas à épiloguer ou à lui imposer quelque chose.

Pensez-vous que Monsieur Sidya Touré aura une grande marge de manœuvre aux côtés du Président ?

Bien entendu ! Si le Président Alpha  l’a amené pour  travailler avec lui, c’est sûr qu’il lui donnera les marges de manœuvre qu’il faut pour qu’il puisse bien exercer ses attributions. 

On sent une certaine démobilisation de vos militants depuis la fin des élections. Qu’est-ce qui pourrait l’expliquer à votre avis ?

Non non ! Que les gens arrêtent. Il n’y a pas du tout une démobilisation. Les gens sont allés photographier deux images de notre réunion qui devait se tenir à midi. Eux, ils sont venus là-bas à 9 heures pour dire que nos militants ne viennent pas. Toutes les assemblées générales, les gens viennent.

Mais on a compris que c’est une sorte de dénigrement de l’UFR qui était en cours. Et que les gens ont sciemment organisé ça pour essayer de ternir l’image de l’UFR, en voulant montrer qu’en nous alignant aux Côtés d’Alpha Condé, nous avons perdu tout crédit. Mais c’est totalement faux. Aujourd’hui, l’UFR est en parfaite harmonie avec ses militants.  L’UFR n’a jamais été aussi forte de sa base  comme cette fois-ci.

Que répondez-vous alors à ceux qui ont prédit la "mort" de l'UFR après votre départ de l'opposition ?

Ils doivent attendre qu’on nous enterre pour dire qu’on est mort. L’UFR ne peut pas mourir. Mieux que ça, je vous dis encore une fois que l’UFR est en pleine ascension. On a procédé à la restructuration, nous allons redynamiser les structures du parti. On va se servir des erreurs qu’on a eues pendant les élections passées pour positionner l’UFR. Notre ambition est de faire de l’UFR, la première formation politique de ce pays.  Et on y arrivera.

Ce n’est pas cette histoire de 6% (obtenus à l’élection présidentielle) qui ne reflètent réellement pas notre valeur qui va nous décourager.  Aujourd’hui, l’UFR est un parti qui est en train de prendre de l’essor contrairement à ce que les gens pensent. L’UFR va montrer sa capacité à impacter positivement sur la situation politique du pays.

Vous comptez mesurez vos forces à l’occasion des élections communales qui pointent à l’horizon ?

Oui lors des échéances électorales à venir, nous allons nous battre pour conforter nos  positions, mais mieux, nous voulons partir en conquête. Il n’y a pas que les communales, les législatives  aussi arrivent. Nous pensons aussi à 2020. Tout  ça se prépare maintenant. Parce que qui veut voyager loin ménage bien sa monture. C’est sur ça que nous sommes en train de travailler.

Moi-même Baidy je vais sortir très bientôt pour aller vers les bases. Jauger ce qui  a marché pendant les élections passées et ce qui n’a pas marché. A partir de là nous travaillerons pour redynamiser le parti et gagner les futures échéances électorales. Un parti politique ne se résume pas à une seule élection. C’est perpétuel. Les hommes passent le parti reste.

Il se dit que vous avez mis Sidya Touré sur orbite pour reprendre les rênes de l’UFR. Vous le confirmez ?

Bien sûr que je travaille en collaboration avec les vice-présidents et tout le monde, maintenant le président Sidya va s’occuper de sa nouvelle fonction. De temps en temps, il pourra venir au parti, il reste le Président. Mais nous, on va contribuer à renforcer les structures de base.

Aujourd’hui le revirement de l’UFR inspire beaucoup d’ironie dans l’opposition. On dit par exemple que vous êtes allés dans la soupe mais votre bol est à moitié vide. Qu’en dites-vous ?

Ce n’est pas grave. Au moins on a quelque chose dans notre bol. Mais encore je répète que nous ne sommes pas rentrés dans la soupe. On était dans l’opposition avec les Bâ Mamadou, Siradiou et Alpha à l’époque. Et pendant ce temps, certains étaient dans la soupe. Si aujourd’hui, ils se retrouvent dans l’opposition et que nous sommes dans la soupe, je pense qu’il n’y a pas d’ironie à cela.

Donc, vraiment ce n’est pas l’objet du débat actuel. Et puis ceux qui cherchent à nous décrédibiliser, on ne rentre  pas dans leur jeu. Notre objectif est de renforcer encore notre position sur le terrain politique. Si eux, ils ont le temps de parler, ils n’ont qu’à continuer. Cela prouve que l’UFR qu’on traitait de parti insignifiant comptait énormément. Parce que le fait que l’UFR ait quitté l’opposition, on sait ce qui se passe.

En ce qui nous concerne, nous comptons aller très en avant par  rapport à notre collaboration avec la majorité. Mais chacun peut interpréter comme il veut, mais on verra, l’avenir donnera raison à qui de droit.

Le Gouvernement et l’Opposition ont repris le dialogue pour évaluer les accords politiques du 20 août. Quelle partition l’UFR va jouer désormais dans ces pourparlers étant donné que vous avez changé de camp politique ?

 Ecoutez ! Notre position n’est pas de la mouvance, comme le laissent croire certains. Je le précise, nous ne sommes pas à  la mouvance. Attention ! Nous sommes en collaboration avec l’exécutif dans le cadre de la main tendue  par le Président Alpha Condé. Le jour où il y aura un accord politique avec la majorité, le RPG-arc-en-ciel, on déterminera quelle sera notre position. Pour le moment, nous sommes en position de contribution et de construction en tant que parti Républicain. Les gens peuvent interpréter ça comme ils le souhaitent. Mais nous, on a notre point de vu à  dire dans le dialogue politique. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui nous participons au Gouvernement ou que nous collaborons avec l’exécutif qu’on doit dire que l’UFR a changé de position. Non ! L’UFR a sa position, son poids politique, ses représentants à l’Assemblée. Donc, nous avons notre mot à dire. Quelque soit la position que nous allons adopter plus tard.

Mais vous laissez là une confusion dans la tête des gens M. Baydi Aribot…

Je vous donne un exemple : Le Président Wade était dans l’opposition, mais il a collaboré avec le Président Diouf. Cela n’a pas changé sa position. Maintenant, le jour où on vous  dira la nature de l’accord qu’on va conclure avec la majorité, cela déterminera notre position (…). Notre position a évolué par rapport à la position initiale. Aujourd’hui, nous sommes un parti de construction et de contribution.

Vous n’êtes donc ni de l’opposition, ni de la mouvance encore moins du Centre ?

Interprétez ça comme vous le  souhaitez, mais c’est ça notre  position.  Nous sommes en position de collaboration pour le bien du pays. Et cela a permis d’apaiser le pays.

La loi des finances 2016 présenté par le Gouvernement à l’Assemblée nationale suscite assez de polémiques. Le Chef de l’Opposition, Cellou Dalein Diallo estime qu’elle est contre le bien des consommateurs.  Etes-vous du même avis ?

Je suis d’accord en partie avec lui (Cellou Dalein Diallo). Nous avons dit que cette loi est insuffisante. Elle n’arrange pas les  consommateurs, mais il y a quand même des propositions qui ont été faites. Le Gouvernement et les partenaires vont travailler ensemble  pour corriger ces imperfections. Je suis sûr que dans les mois à venir, il y aura une Loi des finances rectificative.

Ce  qui veut dire que vous avez voté contre cette loi ?

Non, notre Groupe parlementaire a voté « pour » cette loi. Mais dans les contributions de notre groupe, on a évoqué les aspects que j’ai cités. Nous avons tenu compte aussi des réponses  qui nous ont été données par le Ministère de l’Economie et des Finances.

 

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel :  (00224) 655 31 11 12

Créé le 15 janvier 2016 03:39

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