Arrestation de la diplomate Aissatou Doukouré à Bruxelles: Ce qu’exige Conakry…
BRUXELLES-L’arrestation à Bruxelles de l’ex-ambassadrice de Guinée en Belgique, Aissatou Doukouré, jette un froid sur les relations diplomatiques entre Conakry et Bruxelles. Alors que la diplomate guinéenne poursuit son séjour carcéral, Conakry exige le respect de son immunité.
Le 25 juin 2025, le ministre guinéen des affaires étrangères avait déjà adressé une note verbale aux autorités belges, demandant des explications. Tandis que la situation s’enlise, docteur Morissanda Kouyaté s’est rendu cette fois-ci à Bruxelles, sur “instruction expresse” du général Mamadi Doumbouya. “Et comme il l’a dit toujours, lorsqu’un Guinéen a des problèmes, ou un problème (à l’étranger), c’est toute la Guinée qui a ce problème. Nous en avons un. C’est un problème guineo-guinéen d’abord, avant d’être un problème judiciaire”, précise le ministre guinéen.
Origine des ennuis de la diplomate
Deux mois après son arrestation, Aïssatou Doukouré est toujours en détention. L’affaire prend sa source dans une plainte pour « maltraitance et séquestration » déposée par une jeune fille qui était sous sa garde. L’immunité diplomatique, telle que codifiée par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, protège les agents diplomatiques de la juridiction pénale, civile et administrative de l’État accréditaire. Dr Kouyaté exige le respect de l’immunité de la diplomate.
. “C’est la fille qui était en éducation chez Mme Doukouré, notre ancienne ambassadrice, qui est allée porter plainte contre elle, en se disant qu’elle est maltraitée. Laissons la justice faire son travail. Mais à côté de la justice, il faut faire bouger la diplomatie. Mme Doukouré est une diplomate guinéenne. Elle doit bénéficier de son immunité totale. Une mauvaise interprétation sur l’immunité qu’elle a, peut causer beaucoup de tort. Je suis ici pour être sûr que sur le plan diplomatique, tout se fait dans les normes”, a déclaré le chef de la diplomatie guinéenne chez nos confrères de la RTG.
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Cette position guinéenne se heurte cependant à la version des faits du Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères belge. Le porte-parole de ce service des Affaires étrangères Belge déclarait en juillet dernier que Bruxelles avait été informée de la fin du mandat de l’ambassadrice par note verbale de l’ambassade le 27 novembre 2024.
« Mme Aissatou Doukoure n’est actuellement plus ambassadrice auprès de notre pays. Après un délai raisonnable pour quitter la Belgique avec sa famille, le permis de séjour spécial de Mme Aissatou Doukoure et des membres de sa famille a été annulé (…). Mme Doukoure ne bénéficie que de l’immunité dite fonctionnelle, c’est-à-dire l’immunité relative aux actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions. Cette immunité ne s’applique pas à cette affaire, qui semble concerner la vie privée de l’ancienne ambassadrice », affirmait Pierre Steverlynck.
Position de l’avocat de Mme Doukouré
“Confiant”, l’avocat de Mme Doukouré estime que les procédures judiciaires belges se déroulent conformément au code pénal du pays. Une Chambre du Conseil doit décider du maintien ou non en détention de sa cliente. Cependant, l’avocat n’écarte pas la possibilité de « dysfonctionnements » ou de faits inconnus qui pourraient influencer la décision.
“Les choses se déroulent conformément au code pénal de notre pays, à savoir qu’il y a une Chambre du Conseil qui va décider du maintien ou non de Mme Doukouré en détention. Ces décisions de la Chambre du Conseil durent un mois. On recomparait, on examine si les conditions sont réunies pour permettre une libération. Je suis confiant quant à la libération de Mme Doukouré, sauf s’il y avait des éléments qui peuvent nous échapper ou des dysfonctionnements. Je suis confiant sur base des éléments qui sont connus à l’heure actuelle”, assure maître Jean-Pierre.
Dossier à suivre !
Africaguinee.com
Créé le 29 août 2025 22:00Nous vous proposons aussi
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