Alpha Condé en Turquie : Retour sur un an d’exil médical marqué par des tensions…

CONAKRY-Il y a juste un an jour pour jour, Alpha Condé quittait la Guinée pour la Turquie, sur autorisation officielle du CNRD, acronyme de la junte qui l’a renversé. C’est le 21 mai 2022, peu avant 10h que l’ancien Président guinéen, à l’époque déclaré malade, s’est envolé à bord d’un aéronef turc pour la ville d’Istanbul pour recevoir des soins, sans son passeport.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le séjour de l’homme qui a dirigé la Guinée pendant onze ans (2010-2021) dans le pays de Recep Tayyip Erdogan, n’a pas été un long fleuve tranquille. Il aura été surtout marqué par des moments de tensions entre Conakry et Ankara, des rumeurs alarmistes sur fond de rebondissements spectaculaires. Bien que se trouvant à mille lieues de son pays, Alpha Condé n’a pas jamais quitté l’espace politique guinéen.

Alpha Condé et Recep Tayyip Erdogan
Alpha Condé et Recep Tayyip Erdogan,  image d’archive

Visé par la justice guinéenne pour des délits économiques présumés venus se greffer à des accusations de crimes de sang, Alpha Condé est sous la menace, depuis fin 2022, d’un mandat d’arrêt international qui n’a jamais été appliqué à date. Conakry aura beau faire la pression, en menaçant quelquefois des intérêts turcs, pour son extradition, Ankara n’a jamais cédé.

Signe que sa présence en Turquie perturbe le sommeil des militaires qui l’ont renversé en septembre 2021, en septembre 2022, Jeune Afrique renseignait que la junte a donné un ultimatum de 72h à Albayrak, pour faciliter le retour d’Alpha Condé, « sous peine de bloquer ses activités » au Port autonome de Conakry.

Alpha Condé et Mamadi Doumbouya, image d’archive

Dans la foulée de cette menace, il y a eu la convocation du Directeur Général de Alport Conakry, filiale guinéenne de Albayrak, suivie d’une note verbale que Conakry a envoyé à Ankara pour demander le « retour du citoyen Alpha Condé » en Guinée. Une requête restée lettre morte.

Durant ces 365 jours de séjour istanbuliote, le président déchu a été au cœur de nombreuses accusations scandaleuses. Parmi elles, il y a celles de Washington concernant les crimes commis dans le sillage du référendum constitutionnel de 2020. Les États-Unis ont pris des sanctions contre l’ancien dirigeant guinéen, désormais interdit d’avoir des relations commerciales avec Washington. Ses avoirs sont aussi gelés.

Dans le procès sur le massacre du 28 septembre 2009, Moussa Dadis Camara, l’un des principaux accusés à la barre, a ouvertement accusé M. Condé d’être le commanditaire des atrocités.

Dadis Camara

Face à toutes ces accusations, il n’a pas réagi. Dans ses sorties intempestives, il a pris pour cible principale, la junte qui l’a renversé.

Poursuivi à Conakry pour « corruption, enrichissement illicite, blanchiment d’argent » durant sa présidence, le champion du RPG arc-en-ciel appelle ouvertement à « chasser » les autorités de la transition qu’il qualifie de narco-putschistes.

Le dernier bras de fer l’ayant opposé à la junte concerne l’organisation des obsèques de son épouse Hadja Djénè Kaba Condé, décédée le 08 avril dernier à Paris. Contre son gré, les autorités de la transition appuyées par ses beaux-fils, ont accordé des funérailles nationales à l’ex première dame sur fond de controverses et de révélations scandaleuses.

Feue Hadja Djéné Kaba Condé

Alors qu’il se considère toujours comme le Président élu de Guinée, Alpha Condé, en convalescence prolongée, remobilise ses partisans par la magie de l’internet.

Il conditionne son retour en Guinée par un retour à l’ordre constitutionnel impliquant la finition de son sextennat interrompu le 05 septembre 2021 par le Coup d’Etat.

Focus Africaguinee.com 

Créé le 21 mai 2023 18:48

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