Afrique de l’ouest : Le bureau sous-régional de la CEA se penche sur les défis liés à la transition vers une ‘’économie verte’’

NIAMEY- En prélude à la Conférence des Ministres Africains des Finances, du Plan et du Développement Économique 2024, le bureau sous-régional de la Commission Économique des Nations Unis pour l’Afrique (CEA), a organisé ce mardi 13 février 2024 un dialogue régional de Haut niveau, présidé par Ali Bamba, Directeur général de la planification au ministère du Plan représentant la présidence de la Côte d’Ivoire.


À l’entame de cette rencontre, Madame Ngone Diop, Directrice générale du bureau sous-régional de la CEA en Afrique de l’ouest a rappelé que la Conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) (CoM2024) est prévue du 28 février au 5 mars 2024 à Victoria Falls (Zimbabwe). Cette 56ᵉ session a pour thème : « Financer la transition vers des économies vertes inclusives en Afrique : impératifs, possibilités et moyens d’action ».

« Le bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique de l’ouest organise aujourd’hui un dialogue de haut niveau, pour pouvoir jauger, appréhender, les spécificités de l’Afrique de l’ouest, en ce qui concerne les impératifs et perspectives pour accélérer la transition de nos pays vers des économies vertes. Ce dialogue qui réunit tous les représentants de haut niveau de nos pays, que ça soit au niveau des ministères ou des organisations régionale et sous-régionale des Nations-Unies, va permettre de réfléchir sur les défis auxquels nos pays sont confrontés, sur les impératifs de pouvoir répondre à ces défis. Et partant aussi sur les perspectives de pouvoir mobiliser des financements y compris des financements innovants tant domestiques qu’internationaux, pour accélérer ce processus de transition dynamique de nos pays vers des économies vertes », a déclaré Madame Ngone Diop.

Ce Dialogue va permettre de contribuer aux débats mais également prendre en considération les solutions du moment particulièrement aux problématiques de fonctionnement des transitions vers des économies vertes, a ajouté la directrice générale du bureau sous-régional de la CEA en Afrique de l’ouest tout en remerciant l’ensemble des participants.

Pour sa part, M. Ali Bamba, directeur général de la planification au ministère du Plan de la Côte d’Ivoire a d’abord remercié la directrice du bureau sous-régional de la CEA en Afrique de l’Ouest pour son leadership, les appuis multiformes aux États de la sous-région et l’organisation de cette rencontre en prélude de la 56ème session de la CoM2024 de la CEA.

« Ce dialogue nous permet d’appréhender les défis spécifiques et les perspectives de nos pays pour réussir la transition vers les économies vertes, conformément aux objectifs de développement de nos pays de la sous-région qui sont en parfaite corrélation avec l’agenda 20-30, des Nations-Unies et l’agenda 20-63 de l’Union Africaine », a déclaré Ali Bamba.

Pour le président de dialogue, le continent regorge de ressources naturelles et minérales en l’espèce la sous-région. L’Afrique de l’Ouest détient 30% des réserves de pétrole et de gaz du continent. Il fournit environ 10% du manganèse, 8% de la bauxite et 7% de l’uranium mondiale. Cette richesse constitue une réelle base voire d’importantes opportunités pour une transition vers des économies et une industrialisation inclusive et durable. Cependant, souligne-t-il « cette transition nécessite d’importants financements dans les domaines de création de chaines de valeur notamment pour la transformation agricole et énergétique », a souligné M. Bamba.

Le directeur général de la planification au ministère ivoirien du Plan souligne toutefois que la situation macro-économique difficile de nos pays caractérisée par un rétrécissement de l’espace fiscal, l’accroissement de la dette comme le témoigne le taux d’endettement de plus de 70% atteint par six (6) des 15 pays de la sous-région réduit l’accès aux financements y compris la transition vers des économies vertes des pays de la sous-région.

Il ajoute en outre que cette situation est exacerbée par la faible traduction en action concrète des différents accords mondiaux de financement des impacts néfastes des changements climatiques tel que l’accord de Paris. En effet, seulement 13 milliards de dollars sur les 100 milliards promis ont été déboursés à ce jour.

« Ces chiffres témoignent l’urgence de la mobilisation des financements innovants au niveau national et international afin de financer nos politiques et projets pour impulser et accélérer la transition vers les économies vertes de nos pays. La typologie de ces financements inclut les obligations vertes, les fonds verts ou environnementaux, l’effort actif vers d’un côté, les fonds d’investissement socialement responsables et d’autres que nous devons explorer ensemble afin d’en tirer les retombées optimales », a indiqué M. Ali Bamba.

Pourquoi on parle de l’économie verte ? Et Pourquoi des économies vertes pour l’Afrique de l’Ouest ?

Pour Madame Carolina Moutihno, économiste au bureau sous-régional de la CEA en l’Afrique de l’Ouest, il est important de relever que le développement durable est un impératif pour l’Afrique en général et l’Afrique de l’Ouest en particulier bien que le continent contribue à hauteur de 4% seulement des émissions totales des gaz à effet de serre.

« Il est importante d’investir dans des économies vertes, en prenant en compte les impacts du changement climatique, notamment les catastrophes liées à ces changements climatiques qui coutent à hauteur de 5% du PIB (Produit Intérieur Brut) en Afrique. Il est donc important d’avoir des économies pour créer davantage d’emplois, améliorer le bien-être, la santé publique en général, préserver la biodiversité et la résilience climatique », a-t-elle déclaré.

Les défis pour les pays de l’Afrique de l’Ouest

Selon l’économiste, il y’a des défis liés aux changements climatiques notamment une insécurité grandissante dans la sous-région parfois issue des transitions politiques qui causent des pertes en vies humaines, il y a aussi des problèmes de terrorisme qui sont à l’origine de nombreux déplacés internes et de migrants (…). Toute cette situation affecte la croissance économique ainsi que les investissements. A cela s’ajoutent les défis liés à la situation socioéconomique avec le chômage qui s’élève à 88%, un nombre élevé de jeunes qui n’ont pas accès à l’éducation et à la formation. La dette également des pays non soutenables, la forte croissance démographique, plus de 70% de la population est âgée de moins de 40 ans, et une croissance de 2,4% de la population par an et un taux de fécondité très élevé par rapport aux autres régions de l’Afrique.

« Tous ces défis, notamment la croissance démographique peuvent être transformés en opportunité », en croire Madame Carolina Moutihno.

Au cours des échanges, les panélistes composés d’universitaires, de hauts cadres dont la secrétaire d’État au Développement des Entreprises au ministère des Finances et de Développement des Entreprises du Cap-Vert et d’experts ont fait des propositions allant dans le sens de la transition vers l’économie verte. Leurs contributions ont été résumées par la directrice générale du bureau de la CEA en Afrique de l’Ouest.

Pour réussir le pari, Mme Ngone Diop a estimé que les opportunités sont là. Il faut plus d’organisation, de la visibilité sur les possibilités et sur les opportunités de financement.

« On parle de milliers de dollars et ce n’est pas encore fini.  Il y a des opportunités au niveau national, des opportunités liées aux différents projets et fonds qui ont été établis par les pays. On a entendu de manière spécifique, des expériences (…). Mais ce que je voudrais dire, le chemin est long, le processus ou l’agenda d’investir ou d’accélérer la transition de nos pays vers les économies vertes bien qu’il y ait beaucoup d’opportunités, un engagement secours, ce chemin est long et parsemé d’embuches. Il nous faut, les pays, aidés par la CEA et les autres organisations et partenaires, les privés, amenés un environnement propice à la réponse à ces défis », a déclaré la directrice générale du bureau sous-régional de la Commission Économique des Nations-Unies pour l’Afrique.

Il faut noter que l’économie verte regroupe deux types d’activités : des activités classiques réalisées avec des procédés moins polluants ou moins consommateurs d’énergie, et les éco-activités, dont la finalité est la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles.

 

Africaguinee.com  

Créé le 17 février 2024 20:00

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