Plaintes de Cellou Dalein devant la Cour de la Cedeao: L’État guinéen réagit
CONAKRY-Alors que le pool d’avocats constitué par Cellou Dalein Diallo a annoncé en novembre dernier avoir saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour « spoliation » et « poursuites abusives » visant l’Etat guinéen, ce lundi 22 décembre 2025, l’Agent Judiciaire de l’Etat a réagi. Interrogé par un journaliste d’Africaguinee.com, lors d’une conférence de presse, l’Agent judiciaire de l’État a fustigé une démarche qu’il juge juridiquement infondée, rappelant la souveraineté des décisions rendues par la Cour suprême de Guinée. Explications.
Le bras de fer judiciaire entre le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et les autorités de la transition prend une nouvelle dimension internationale. En cause : la saisine, le 24 novembre 2025, de la juridiction communautaire d’Abuja par les conseils de l’ancien Premier ministre. Ces derniers espèrent obtenir la condamnation de l’État guinéen pour la démolition du domicile de leur client à Dixinn et pour le caractère qu’ils jugent « arbitraire » du dossier « Air Guinée ».
Toutefois, pour l’État guinéen, cette procédure est perçue comme une tentative de contourner des décisions de justice déjà coulées en force de chose jugée. Interrogé ce lundi 22 novembre, l’Agent judiciaire de l’État a tenu à remettre les pendules à l’heure concernant la hiérarchie des normes et l’épuisement des voies de recours internes. Pour lui, le dossier est clos sur le plan du droit national.
« Nous avons des juridictions ici qui jugent et qui ont déjà jugé ce genre d’affaires. Il y a la première instance, la Cour d’appel et la Cour suprême. Cette affaire a été jugée par la Cour suprême de la République de Guinée, qui statue en dernier ressort. Lorsque ses décisions sont rendues, elles ne peuvent plus faire l’objet de recours », a martelé l’Agent Judiciaire de l’Etat.
Selon maître Mohamed Sampil, le fait que la plus haute instance judiciaire du pays se soit prononcée rend toute remise en question devant une cour étrangère ou communautaire caduque dans le cadre d’un litige domanial.
La Cour de la CEDEAO n’est pas une « quatrième instance »
« La Cour de justice de la CEDEAO n’a pas vocation à revenir sur une procédure domaniale entre deux parties au cours d’un procès. L’État, tout comme Monsieur Cellou Dalein Diallo, était partie à ce procès. M. Diallo a constitué des avocats qui ont déposé des écritures en bonne et due forme. Ils n’ont pas récusé la formation chargée de juger cette affaire, alors qu’ils en avaient la faculté », a-t-il martelé.
Pour l’État le contradictoire a été respecté et que la défense de M. Diallo a pleinement participé à la procédure sans contester la partialité des juges au moment des faits.
Une décision jugée « inattaquable »
En réponse aux accusations de « spoliation » et au sentiment d’insécurité juridique brandi par le camp de l’opposant, l’Agent judiciaire de l’État insiste sur la légitimité du processus ayant conduit au rasage du domicile de Dixinn et aux poursuites devant la CRIEF.
« On a laissé l’affaire être jugée en dernier ressort ; pour nous, cette décision est désormais inattaquable. Le recours aux juridictions internes a été effectif et les garanties juridictionnelles étaient présentes, puisque les conseils de M. Diallo ont pu plaider leur cause jusqu’au sommet de la pyramide judiciaire guinéenne. »
Alors que les avocats de Cellou Dalein Diallo estiment que les recours internes « n’ont aucune chance de prospérer », l’État guinéen, lui, défend la validité de son système judiciaire.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 22 décembre 2025 16:46









