Aboubacar Soumah après la nomination d’Alpha Bacar : « L’éducation doit être adaptée aux besoins de développement du pays »
CONAKRY- Nommé à la tête du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de la Formation professionnelle unifiée, Alpha Bacar Barry suscite l’espoir au sein des acteurs syndicaux de l’Éducation. Au micro d’Africaguinee.com, le président du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, salue le choix du président Mamadi Doumbouya, tout en appelant à une réforme profonde de l’éducation, notamment une meilleure adéquation entre formation et besoins du pays.
AFRICAGUINEE.COM : Après la fusion de deux départements, le président de la République a nommé Alpha Bacar Barry au poste de ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de la Formation professionnelle. Que vous inspire ce choix ?
ABOUBACAR SOUMAH : Je crois que c’est un bon choix, parce que c’est quelqu’un qui connaît déjà le département de l’Enseignement technique, où il a servi de façon efficace. Il a apporté des innovations importantes à ce niveau.
Du point de vue des infrastructures, de l’entretien et de l’organisation pédagogique, il a fait ses preuves dans l’enseignement technique avant d’aller à l’enseignement supérieur, où il a également contribué à une meilleure réorganisation du système éducatif. Nous avons suivi les grands forums internationaux qui se sont tenus dans le secteur de l’enseignement supérieur sous son leadership. Nous savons donc que c’est quelqu’un qui maîtrise bien son sujet.
Avec la fusion des deux départements, je crois vraiment qu’il peut faire quelque chose, parce qu’il a l’esprit d’ouverture, un esprit productif, et qu’il s’inscrit dans ce que l’on appelle l’évolution numérique. En tout cas, je suis plutôt satisfait.
Je crois que le gouvernement a répondu à nos réactions, lorsqu’il avait été question de nous consulter sur le profil de l’homme qu’il fallait placer à la tête de l’éducation. Nous avions dit qu’il fallait choisir quelqu’un de juste. Je pense donc que nous avons été entendus par le gouvernement, et l’arrivée d’Alpha Bacar est, à mon avis, vraiment salutaire.
Qu’attendez-vous de votre nouveau ministre ?
Ce que nous attendons de lui, c’est de faire en sorte que l’éducation guinéenne soit désormais adaptée aux réalités du pays, notamment aux exigences du développement économique. Aujourd’hui, la formation dispensée au niveau de l’enseignement pré-universitaire, en particulier dans l’enseignement technique, n’est pas suffisamment en adéquation avec les besoins réels du développement national.
Il est donc nécessaire de revoir les programmes enseignés, aussi bien au niveau du secondaire que de la formation professionnelle. Il faut également réfléchir à la création de collèges techniques et de lycées techniques qui puissent conduire vers l’enseignement supérieur. Pour le développement d’un pays, il est indispensable de miser sur l’enseignement technique et la formation professionnelle.
Notre attente est donc que le système éducatif, du primaire au secondaire, en passant par la formation professionnelle, connaisse un développement conforme aux réalités de notre pays.
En tant que syndicaliste, vous êtes un interlocuteur du ministre dans le cadre d’éventuelles revendications. À ce niveau, quelles sont vos attentes ?
Au niveau de nos relations, entre partenaires, il faudrait que le partenariat soit sain et constructif. Les syndicats sont des partenaires sociaux et nous sommes tenus de travailler ensemble.
Si nous sommes écoutés, tant mieux, nous avancerons ensemble. Si nos revendications ne sont pas prises en compte, nous ferons en sorte qu’elles aboutissent, mais nous ne souhaitons jamais perturber l’enseignement. Tant qu’il y aura une entente, il n’y aura pas de perturbations. Nous souhaitons une collaboration franche afin de travailler ensemble au développement du système éducatif de notre pays.
Nous ne sommes pas seulement un syndicat de revendication, nous sommes aussi un syndicat de participation : participation au développement de la nation, à la formation pédagogique et à l’apprentissage. Nous sommes des acteurs de terrain. Ce que nous demandons, c’est une relation de confiance, une collaboration franche entre le gouvernement et notre syndicat.
Vous avez plaidé pour un véritable changement, notamment une meilleure adéquation entre les besoins du pays et la formation. À ce niveau, quel rôle comptez-vous jouer pour aider le ministre à atteindre cet objectif ?
Déjà, il faut rappeler que la majorité des syndicalistes, en dehors de moi, sont en situation de classe. Nous invitons donc tous les travailleurs à respecter et à exécuter correctement leurs devoirs. Pour nous, syndicalistes, avant de revendiquer des droits, il faut d’abord accomplir ses obligations.
Nous nous engageons ainsi à veiller à ce que les enseignants soient effectivement à l’œuvre. Nous ferons également en sorte que la formation continue, qui est extrêmement importante, soit renforcée au sein du système éducatif. Les enseignants arrivent avec un certain niveau de formation initiale, et il appartient ensuite au département de compléter et d’adapter cette formation aux réalités du pays.
La formation continue doit donc être systématique afin de permettre aux enseignants d’améliorer leurs compétences et d’offrir un enseignement de qualité aux apprenants.
Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 4 février 2026 11:54Nous vous proposons aussi
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