Abdoulaye Diallo, porte-parole des boursiers guinéens en Algérie : « Nous vivons dans des conditions difficiles…aidez-nous »

ALGER- C’est un étudiant boursier qui lance un cri de cœur au nom de ses camarades. Orientés dans des institutions de formation professionnelle et des universités algériennes, ces étudiants se disent être dans une situation intenable. Selon eux, ils sont sevrés des compléments de leurs bourses depuis un an. Ils décident de briser le silence pour attirer l’attention des autorités. Abdoulaye Diallo, leur porte-parole a répondu aux questions de votre journal en ligne.

AFRICAGUINEE.COM : Comment vivent les étudiants boursiers guinéens en Algérie ?

ABDOULAYE DIALLO : Nous sommes là depuis octobre 2023. Donc, cela fait une année que l’Etat ne nous a pas payé. Normalement, on devrait nous payer chaque trois (3) mois, mais on nous a dit de patienter. On est passé à l’Ambassade, cela n’a pas abouti, nous avons interpellé le SNABE (service national des bourses extérieures), mais jusque-là rien. Et je suis convaincu que le problème c’est au niveau du SNABE parce que nos camarades du Maroc, de la Tunisie ont été payés, mais pour nous, jusque-là on ne comprend pas pourquoi ce n’est pas encore fait.

Vous êtes confrontés à quelles difficultés exactement ?

En Algérie ce n’est pas facile. Je vous assure, pendant tout l’été je passais la nuit dehors devant les salles de classe tellement qu’il faisait chaud. Je n’ai pas la possibilité de me payer un ventilateur, on vit comme cela, c’est très compliqué. Je suis dans la région d’Annaba, une ville située au nord-est de l’Algérie. Mais ici, pendant l’été, il fait excessivement chaud. Je passe la nuit dehors avec mes amis nigériens. C’est à la prière de l’aube qu’on fait rentrer nos matelas dans nos chambres. Quelque fois, la nourriture qu’on te donne ne passe pas. Mais tu es obligé. Certains de nos camarades tombent malades ici ils n’ont pas de quoi se faire soigner. Il y en a qui disent que s’ils savaient que ça allait se passer comme ça, ils préféreraient rester en Guinée.

Est-ce que vous avez interpellé le SNABE, si oui, qu’est-ce qu’on vous a demandé ?

 On a appelé au SNABE, mais jusqu’à présent aucune réponse. C’est pour cela j’ai décidé de venir vous demander de nous aider à faire passer notre message aux autorités au plus haut niveau. Dans les autres pays, les boursiers guinéens ont dû grever pour se faire entendre malheureusement en Algérie ici, les manifestations sont interdites. C’est pourquoi nous venons vers vous pour que vous nous aidiez.

Vous êtes combien d’étudiants dans cette situation ?

Pour la formation professionnelle on est au nombre de cinq (5), à l’université je crois qu’ils seraient au nombre de huit (8). En tout nous sommes 13 étudiants officiellement reconnus par le SNABE et qui sont censés être payés, selon le service. Parce qu’il y a des nouveaux et des anciens ici. Mais d’après eux il n’y a que 13 qui remplissent les conditions et doivent bénéficier de compléments de bourses.

Cela fait combien d’années depuis que vous êtes arrivés là-bas pour vos études ?

C’est depuis le 21 octobre 2023. Aujourd’hui nous sommes le 23 octobre, donc une année deux jours depuis que nous sommes là. Et tout ce temps on n’a reçu aucun paiement.

Outre le SNABE, avez-vous saisi d’autres autorités guinéennes ?

Il y a certains de nos camarades qui nous ont suggéré d’aller à l’ambassade de Guinée en Algérie pour voir s’il faut rester là-bas même si c’est pour une semaine. On va rester devant l’ambassade tant qu’on ne nous paie pas. C’est une option que nous sommes en train d’étudier en ce moment.

Au niveau du SNABE, quelles sont les raisons évoquées qui pourraient justifier ce retard ?

Pour ce qui est du SNABE, il y a une de nos camarades du nom de Mariame Keïta qui s’est rendue en Guinée pour les vacances, c’était l’une des raisons pour lesquelles elle est allée au pays. Elle est allée au SNABE pour se renseigner mais là-bas, on lui a fait savoir que le virement a été effectué mais que cela dépend de la Banque centrale. Pour moi c’est un argument de débarras, juste pour qu’on les laisse tranquille. Si c’est vrai qu’ils ont fait le virement, pourquoi les autres boursiers guinéens ont reçu leurs bourses mais pas nous ? C’est pourquoi je dis que cela ne tient pas.

Aujourd’hui, qu’est-ce que vous réclamez concrètement ?

On demande aux autorités au plus haut niveau de nous aider. Parce que là j’estime que le président et son gouvernement ne sont pas au courant de notre situation sinon elle aurait été réglée. Le problème pour moi, c’est au niveau du SNABE. A travers votre micro, nous demandons l’implication des autorités au haut niveau pour aider à régler notre situation. Nous vivons dans des conditions difficiles. Nous demandons l’aide des autorités pour qu’on paie nos compléments de bourses. Depuis un an que nous sommes ici, on n’a rien reçu. Si au moins on nous avait prévenu que ça allait se passer de cette manière, on allait se préparer en Guinée avant de venir. Mais ce que nous vivons ici on ne s’y attendait pas.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 25 octobre 2024 19:51

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