Levée obligataire de l’État, crise de liquidité et pénurie de billets : le Gouverneur de la BCRG remet les pendules à l’heure !

CONAKRY– En Guinée, Dr Karamo Kaba Gouverneur de la BCRG (Banque centrale de la République de Guinée) rassure l’opinion face aux craintes d’assèchement des banques après la levée de 4 579 milliards GNF par l’État. Entre poids réel de l’emprunt dans l’économie guinéenne et distinction entre crise de liquidité et simple retard de livraison de billets, le chef de la première institution financière du pays répond sans détour.

Le gouvernement guinéen a levé 4 579 milliards 545 millions de francs guinéens (soit près de 520 millions de dollars américains) sur le marché financier local grâce à une opération d’emprunt obligataire d’un mois, assortie d’un taux d’intérêt de 11 % pour une maturité de cinq ans. Si cette opération témoigne de la vitalité du marché, elle suscite également des inquiétudes au sein de l’opinion publique, redoutant un assèchement des banques primaires et une nouvelle crise du cash.

Ayant encore en mémoire l’amer souvenir de la récente crise du cash, bon nombre de citoyens se sont interrogés sur l’impact de cet endettement de l’État auprès des institutions financières locales. Face à ces préoccupations, le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, a tenté de lever toute équivoque.

Une opération minime face aux ressources du marché

Pour le Gouverneur, bien que le montant de 4 579 milliards GNF puisse paraître impressionnant et alimenter certaines craintes, il convient de le relativiser à l’aune de la réalité macroéconomique du pays.

« Mais il faut toujours comparer. L’administrateur général d’Afriland First Bank l’a souligné : si vous prenez aujourd’hui les ressources des banques en Guinée, nous sommes sur 93 000 milliards de francs guinéens pour le secteur formel. Et si vous y ajoutez le secteur informel, nous sommes à peu près sur un chiffre équivalent. Dès lors, comparer 4 500 milliards à ces volumes, cela représente à peine 2 ou 3 %. C’est minime », a expliqué Dr Karamo Kaba.

Crise de cash versus crise de liquidité : ne pas tout confondre

Répondant aux craintes d’un éventuel assèchement des banques, le gouverneur de la BCRG a tenu à opérer une distinction nette entre la « crise de liquidité » et la « pénurie de cash » enregistrée par le passé.

« On n’a jamais eu de crise de liquidité en Guinée, nous avons eu une crise de cash. Celle-ci découle d’un simple retard dans les commandes de billets auprès de nos prestataires, un fait que nous avons expliqué à maintes reprises. Cela n’a absolument rien à voir avec une quelconque levée obligataire. Il faut que cela cesse. Entre la signature d’une commande de billets et leur réception effective, il s’écoule un délai de 7 à 8 mois », a martelé le patron de la Banque Centrale.

Il a rappelé qu’en dépit de cette tension sur les billets physiques, les canaux alternatifs, tels que les paiements digitalisés, par chèques ou électroniques, ont continué de fonctionner normalement.

« L’État a levé à peine 2,5 % de l’ensemble des ressources existantes. Très sincèrement, ce n’est pas cela qui va provoquer une crise de liquidité. Je tiens à rassurer l’opinion là-dessus », a-t-il insisté.

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com

Créé le 2 novembre 2026 09:21

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