Pourquoi la Guinée exporte-t-elle de l’électricité vers les pays de la sous-région ?
Avant d’y répondre la question mérite de distinguer la production disponible de la capacité à acheminer l’électricité jusqu’aux usagers.
L’interconnexion régionale, le réseau national de transport et la desserte locale sont des maillons complémentaires : par exemple les projet OMVG et CLSG sont à la fois comme un outil de commerce transfrontalier et comme un appui à l’accès à l’électricité pour tous les pays et pour le cas de la Guinée, il a permis l’électrification de plusieurs villes telles que Boké, Labé, Pita, Dalaba, Mali, et Nzérékoré.
Une exportation ne suffit donc pas, à elle seule, à établir que tous les besoins intérieurs sont satisfaits
L’exportation de l’électricité par la Guinée vers les pays de la sous-région s’explique principalement par trois raisons : une raison politique et contractuelle, une raison stratégique et économique, et enfin une raison de solidarité régionale.
1. Une obligation politique et contractuelle
Lors de la construction des deux barrages hydroélectriques, des engagements politiques et contractuels ont été pris avec les pays partenaires.
Dans ce cadre, la Guinée est tenue de commercialiser à l’extérieur 30 % de l’énergie produite, conformément aux accords conclus. Cette disposition s’inscrit dans une logique de coopération et de partenariat énergétique entre les pays de la sous région.
2. Une nécessité stratégique liée à la variation saisonnière de la production
La Guinée connaît deux grandes périodes hydrologiques qui influencent directement sa capacité de production d’électricité.
Pendant la saison des pluies, les apports en eau sont importants et la production hydroélectrique peut être supérieure à la demande nationale. Une partie de l’eau est alors déversée au niveau des barrages, ce qui représente un potentiel énergétique non exploité. L’exportation du surplus d’électricité permet donc de valoriser cette énergie qui, autrement, serait perdue.
Pendant la saison sèche, la disponibilité de l’eau diminue, entraînant une baisse de la production hydroélectrique, qui peut devenir insuffisante pour couvrir la demande nationale. La Guinée est alors amenée à importer de l’électricité auprès des pays voisins.
C’’est dans cette logique d’équilibre entre les périodes d’excédent et de déficit que s’inscrit la création du marché régional de l’électricité, qui facilite les échanges énergétiques entre les pays membres.
3. Un principe de solidarité et de coopération régionale
L’exportation de l’électricité répond également à un principe de solidarité énergétique entre les pays de la sous région. Il s’agit d’une coopération fondée sur la réciprocité : lorsqu’un pays dispose d’un excédent de production, il peut soutenir ses voisins confrontés à un déficit énergétique.
C’est notamment le cas de la coopération entre la Guinée et le Sénégal. Lorsque le Sénégal connaît un déficit de production, il peut solliciter l’approvisionnement auprès de la Guinée. De la même manière, lorsque la Guinée fait face à un déficit, elle peut s’appuyer sur le Sénégal pour couvrir une partie de ses besoins.
Ainsi, l’exportation de l’électricité par la Guinée ne doit pas être considérée comme une simple vente d’énergie à l’étranger. Elle constitue à la fois un engagement politique, un choix stratégique de valorisation des ressources énergétiques et un mécanisme de solidarité régionale. Elle permet de mieux gérer les excédents et les déficits de production, tout en renforçant l’intégration énergétique et la coopération entre les pays de la sous région.
Aplus CAMARA
Acteur du secteur de l’énergie
Créé le 1 novembre 2026 11:08Nous vous proposons aussi
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