Modernisation de l’administration : validation du cadre réglementaire de la signature électronique

CONAKRY-La Guinée franchit une étape clé dans la transformation numérique de son administration. Un atelier de validation du cadre réglementaire de la signature électronique s’est tenu ce mercredi 21 octobre 2026 à Conakry. La rencontre s’est tenue sous l’égide du ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, à travers l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE). Elle a réuni plusieurs membres du gouvernement, des experts, des partenaires techniques et des représentants du secteur privé. L’initiative vise l’établissement d’un cadre sécurisé pour faciliter la dématérialisation des procédures administratives et renforcer la confiance dans les échanges numériques.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du programme Simandou 2040, dans son volet modernisation de l’État et l’amélioration de la gouvernance publique.

À l’ouverture des travaux, le directeur général adjoint de l’ANDE, François Fahira Mara, a souligné l’importance de cette réforme pour accompagner le développement de la Guinée. « Une telle ambition appelle une administration moderne, efficace et digne de confiance, capable d’accompagner les investisseurs, les entreprises et les citoyens. La confiance numérique abordée aujourd’hui en est l’un des socles », a-t-il déclaré.

Au nom du ministre secrétaire général du gouvernement, Mohamed Lamine Camara a rappelé que le Code civil guinéen reconnaît déjà la signature électronique via son article 1003. Il a également évoqué la signature, le 19 août 2026, du décret fixant les modalités d’application de cette disposition.

« La signature électronique n’est pas une simple innovation technologique. Elle constitue bien au contraire une véritable transformation des méthodes de travail de l’État », a-t-il souligné.

Le secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation a mis l’accent sur les questions de sécurité et de crédibilité. Il a promis l’accompagnement du processus par son département et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

« Tous les cadres du ministère et de l’ANSSI seront à votre disposition pour concrétiser rapidement la décision du président de la République de mettre en place cette PKI et cette signature électronique », a déclaré Souleymane Thiaguel Bah.

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme a abordé la valeur juridique des documents électroniques. Pour lui, la reconnaissance légale constitue une condition essentielle à la fiabilité du dispositif.

« Un document signé électroniquement n’a de valeur que si la loi lui reconnaît la même force probante que l’écrit papier et si le juge peut s’appuyer dessus en toute sécurité », a expliqué Ibrahima Sory 2 Tounkara.

Le ministre a également évoqué les avantages attendus dans les juridictions, notamment la possibilité pour les magistrats et les greffiers de signer de manière sécurisée les jugements et actes de greffe.

Le ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a rappelé la portée transversale de cette réforme pour l’ensemble des institutions publiques. Il a appelé à une mobilisation collective pour accélérer sa mise en œuvre.

« Ce n’est pas un sujet d’un ministre ou d’un ministère. C’est un sujet de l’État, de tout le gouvernement guinéen et de toute la nation guinéenne », a déclaré Faya François Bourouno.

Le ministre a dénoncé les risques liés aux anciennes pratiques, notamment l’utilisation de signatures scannées ou copiées-collées sur des documents administratifs. Il a invité les participants à passer à l’action. « L’heure n’est plus à l’hésitation, l’heure est à l’action et à l’opérationnalisation de solutions », a-t-il insisté.

Faya François Bourouno a invité les experts à examiner attentivement les neuf projets de textes soumis à validation. Il a prôné la participation des entreprises guinéennes à cet écosystème numérique.

« Cette confiance sera guinéenne et prendra en compte le contenu local pour permettre aux PME locales de contribuer au développement de cet écosystème », a-t-il précisé.

Représentant le Premier ministre, le ministre directeur de cabinet de la Primature, a souligné les attentes des citoyens et des entreprises en matière de services publics.

« La signature électronique doit constituer un instrument stratégique de dématérialisation des procédures administratives, de sécurisation des échanges, de réduction des délais de traitement et de renforcement de la confiance », a indiqué Daouda Kamissoko.

Il a toutefois rappelé que la réussite de cette réforme dépendra de l’application effective des textes adoptés, de la sécurité du dispositif, de la coordination interinstitutionnelle et de l’interopérabilité des systèmes.

« La réussite de cette initiative dépendra de notre capacité collective à traduire ces textes en pratiques effectives, accessibles et sécurisées », a-t-il conclu.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com

Créé le 21 octobre 2026 18:34

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