OGP : Mohamed Bangoura (Bangs) et son adjoint installés dans leurs fonctions
CONAKRY- Mohamed Bangoura nouvellement nommé et Alya Camara, qui assurait l’intérim depuis trois mois, ont été officiellement installés, ce mardi 20 octobre 2026, dans leurs fonctions respectives de Directeur général et de Directeur général adjoint de l’Office guinéen de publicité (OGP). La cérémonie de prise de service s’est déroulée au siège de l’institution, à Taouyah, dans la commune de Ratoma.
L’événement a réuni des hauts cadres du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation (MCENI), des représentants de la Primature, des membres du Conseil d’administration, des patrons de médias ainsi que l’ensemble du personnel, mobilisé autour de la délégation syndicale.
Rassembler, rassurer et accroître les recettes

Prenant la parole pour la première fois dans ses nouvelles fonctions, le nouveau Directeur général de l’OGP, Mohamed Bangoura, a placé son action sous le signe de l’écoute, du pragmatisme et de la performance.
Face à une image de l’institution parfois affectée par les remous du passé, « Bangs » entend d’abord rassembler et apaiser en interne, en mettant notamment l’accent sur la reconnaissance du mérite, l’initiative et le dialogue social.
Mais le nouveau patron de l’OGP a également fixé des exigences à ses collaborateurs : discipline, ponctualité, respect des procédures et sens des responsabilités.

« J’attends de chacun : discipline, ponctualité, respect des procédures et sens des responsabilités. Ces exigences, je me les appliquerai d’abord à moi-même. »
Deuxième priorité : rétablir la confiance des partenaires, en faisant de l’OGP un acteur crédible, équitable et prévisible dans l’écosystème de la communication et des médias en Guinée.
Le troisième axe porte sur l’accroissement des recettes et la modernisation des services, avec l’ambition de renforcer la mobilisation des ressources financières et d’innover dans les prestations de l’office.
La situation des travailleurs au cœur des préoccupations

Au-delà des impératifs de performance, Mohamed Bangoura a insisté sur la dimension sociale de la mission qui lui est confiée.
Il a notamment évoqué la situation des travailleurs en attente de régularisation, estimant que l’amélioration des recettes constitue également une nécessité pour répondre aux préoccupations des familles concernées.
« Comment faire face à une forte demande sociale si les caisses sont vides ? Comment régulariser la situation de plus de 140 travailleurs en CDI, qui sont peut-être des frères, des parents, des cousins, des cousines, si nous n’avons pas les moyens de faire face à cette demande ? Il faudra donc travailler ensemble pour être plus performants en matière de recettes. »
Le nouveau directeur général entend ainsi articuler dialogue interne, confiance avec les partenaires économiques, notamment autour des opportunités liées à la vision Simandou 2040, et mobilisation accrue des recettes.
Alya Camara défend le bilan de son intérim
Désormais installé comme Directeur général adjoint, Alya Camara est revenu sur les trois mois durant lesquels il a assuré l’intérim à la tête de l’OGP.
Selon lui, cette période a notamment été marquée par une progression des recettes, une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement et l’engagement de plusieurs chantiers de modernisation.
Il a cité, entre autres, le lancement de la digitalisation des services d’exploitation publicitaire, la réorganisation des procédures administratives internes ainsi que le renforcement de l’audit interne et du contrôle de conformité, notamment dans les agences.
Il a également mis en avant le maintien de la sérénité et de la cohésion au sein des équipes.
Alya Camara a enfin assuré le nouveau directeur général de sa pleine collaboration pour construire un exécutif soudé, axé sur la performance et la continuité du service public.
La tutelle annonce un « marquage à la culotte »

Au nom du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, le secrétaire général Souleymane Bah a, pour sa part, adressé un message ferme à la nouvelle direction.
Rappelant les crises et les failles de gouvernance qui ont marqué l’histoire récente de l’OGP, il a insisté sur la nécessité d’une gestion fondée sur la redevabilité, la rigueur et les résultats.
« Les difficultés passées doivent nous servir de leçons. Les relations personnelles ne sauraient prendre le dessus sur les obligations professionnelles », a-t-il averti.
À travers une métaphore sportive, le chef du département de la tutelle a annoncé un « marquage à la culotte » du tandem Mohamed Bangoura-Alya Camara, afin de veiller notamment à la rigueur budgétaire, au respect des règles d’éthique et à l’atteinte des objectifs de performance assignés par le Chef de l’État.
Le syndicat réclame l’unité du nouveau tandem

Le représentant de la délégation syndicale de l’OGP a, de son côté, salué plusieurs acquis de l’administration sortante, notamment le versement régulier des salaires, l’apurement des arriérés de 2024, le paiement des cotisations à la CNSS, l’acquisition d’un bâtiment R+6 ainsi que le renforcement de la logistique de terrain.
Mais le partenaire social a surtout exprimé ses inquiétudes face aux querelles de leadership qui ont, par le passé, paralysé l’institution et conduit au limogeage de deux anciens directeurs généraux.
« L’histoire de cette maison a trop souffert des guerres internes et des divisions au sommet. Nous exigeons un bloc uni, un tandem soudé et sans fissure. C’est de votre entente que naîtra la prospérité de l’OGP », a martelé le délégué syndical.
À cette occasion, la délégation syndicale a soumis plusieurs revendications, notamment la régularisation administrative en CDI des 174 recrues de la promotion 2022, la revalorisation des grilles salariales des 145 travailleurs en CDI, la réduction des disparités de traitement, l’octroi de bourses d’études et de formations à l’étranger ainsi que l’institutionnalisation du dialogue social comme cadre de résolution des conflits.
Un nouveau départ sous pression
Avec un effectif répertorié de 328 agents, dont 145 CDI, 174 contractuels à régulariser, deux fonctionnaires détachés et sept extras, la nouvelle direction générale de l’OGP hérite de plusieurs défis.
Yayè Aicha Barry,
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 octobre 2026 13:14Nous vous proposons aussi
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