Amadou Lamarana Bah : « La Guinée a besoin de désaccords responsables…»

CONAKRY- Au lendemain de la participation de la Guinée à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, marquée par des expressions divergentes au sein d’une partie de la diaspora, les débats continuent sur l’image projetée par le pays à l’international.

Dans cet entretien accordé à Africaguinee.com, Amadou Lamarana Bah, écrivain et analyste spécialisé dans les questions de leadership, de gouvernance et d’innovation publique, livre une lecture approfondie de ces événements. Tout en défendant le droit fondamental à la liberté d’expression et à la manifestation, l’analyste appelle à une « responsabilité citoyenne » et invite à dépasser les clivages politiques pour préserver la dignité et l’intérêt supérieur de la nation.

AFRICAGUINEE.COM : Quel regard portez-vous sur ce qui s’est passé à New York autour de la participation de la Guinée à l’Assemblée générale des Nations Unies ?

AMADOU LAMARANA BAH : Je pense qu’il faut regarder cet épisode avec beaucoup de recul. Ce qui s’est passé à New York montre surtout qu’il existe aujourd’hui des sensibilités différentes au sein de la communauté guinéenne, y compris à l’extérieur du pays. Certains expriment leur soutien aux autorités, d’autres expriment leur désaccord. C’est une réalité politique qu’il ne faut ni nier ni dramatiser.

Mais pour moi, la question essentielle est ailleurs : quel visage de la Guinée voulons-nous présenter au monde ?

Nous pouvons avoir des divergences politiques, c’est parfaitement normal dans la vie d’une nation. Mais lorsque nous sommes à l’étranger, particulièrement dans un cadre aussi symbolique que les Nations Unies, nous devons aussi penser à l’image de notre pays.

Certains estiment pourtant que la diaspora doit pouvoir exprimer librement son opposition…

Absolument. La liberté d’expression et le droit de manifester sont des réalités importantes. Mais liberté d’expression ne signifie pas absence de responsabilité. On peut être fortement opposé à une politique, à une décision ou à un dirigeant et le faire savoir avec fermeté, tout en préservant la dignité de son pays.

Je pense même que notre diaspora doit jouer un rôle beaucoup plus constructif : porter les préoccupations des Guinéens, proposer des solutions et contribuer au débat national.

Est-ce que vous considérez donc que ces manifestations donnent une mauvaise image de la Guinée ?

Je dirais plutôt qu’elles révèlent nos divisions et nous invitent à réfléchir. Il ne faudrait surtout pas transformer cet épisode en une nouvelle bataille entre Guinéens.

La Guinée est engagée dans une période importante de son histoire. Les autorités défendent aujourd’hui une vision autour de la souveraineté, du développement, des infrastructures et de la transformation économique du pays. Dans le même temps, il existe des interrogations et des désaccords politiques qui doivent pouvoir être entendus.

Le défi, c’est de savoir faire vivre ces deux réalités dans un espace de dialogue.

Quel message adressez-vous finalement aux Guinéens ?

Je dirais simplement : soyons fiers de nos convictions, mais restons encore plus fiers de notre pays. Nous pouvons nous opposer, débattre, critiquer et même manifester. Mais évitons de nous déshumaniser entre nous.

La Guinée n’a pas besoin que ses enfants soient tous d’accord. Elle a besoin que ses enfants soient capables de désaccords responsables.

Et je pense que c’est cela, au fond, la maturité d’une nation : être capable de défendre ses convictions sans perdre de vue l’intérêt supérieur du pays.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 26 septembre 2026 07:45

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , ,

TOTAL

YELLOWBET

UBA

LONAGUI

SONOCO

AGB2G

CBG

smb-2

Consortium SMB-Winning

Annonces

Recommandé pour vous

Annonces

Ce que racontent les 20 tirs de l’Espagne en finale

vendredi, 25 septembre 26 - 3:07 pm