« Il n’y a pas de ministre super-intelligent » : François Bourouno magnifie le rôle des conseillers
CONAKRY- L’atelier de renforcement des capacités destiné aux conseillers des départements ministériels a été clôturé ce mercredi 16 septembre 2026, après deux jours d’intenses travaux. La cérémonie de clôture a été présidée par le Ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique. Dans son discours, Faya François Bourouno a insisté sur la nécessité de redynamiser les pratiques administratives, tout en admettant la place prépondérante qu’occupent les conseillers dans la chaîne de décision gouvernementale.
Le conseiller, pièce maîtresse du pilotage ministériel
« Au regard de la loi 025, les conseillers ne sont pas de simples acteurs qui donnent des avis. Si vous lisiez la fiche de poste du conseiller principal, c’est l’acteur central du pilotage du ministère : il mène des études, des analyses, il formule des avis et il organise le suivi pour permettre au ministre de prendre de bonnes décisions », a souligné Faya François Bourouno.
Abordant les réalités du terrain, il a reconnu que la gestion humaine au quotidien n’est jamais un exercice aisé, en particulier dans les sphères administratives.
« Nous ministres, pouvons parfois avoir des positions assez dures, assez difficiles. On peut avoir des cadres de collaboration parfois tendus. Les notions qui ont été partagées (…), c’est une co-construction pour qu’ensemble on essaie de voir comment se réorganiser dans une dynamique collective pour aider à changer les logiques quotidiennes dans nos départements ministériels. C’est de cela qu’il s’agit », a déclaré le Ministre.

Intelligence émotionnelle et leadership de transformation
Insistant sur les modules dispensés durant ces deux jours, notamment l’intelligence émotionnelle, Faya François Bourouno a mis en lumière l’impératif d’adapter les comportements professionnels face aux exigences de l’action publique.
« Aujourd’hui, si on n’est pas outillé en intelligence émotionnelle, il est difficile d’obtenir des résultats. Parce que chaque jour a ses réalités, nos milieux de collaboration sont des milieux complètement tectoniques. Cela veut dire que nous devons nous armer d’outils d’intelligence émotionnelle pour adapter notre conduite et atteindre les résultats que nous nous fixons. Nous ne devons plus chercher à être de simples leaders, il faut que nous soyons des leaders transformationnels. C’est de cela qu’il s’agit, et, conseillers que vous êtes, vous avez ce rôle à jouer. Vous devez jouer le rôle qui permet de faire bouger les lignes, parce que vous devez faire bouger la première ligne, qui est celle du ministre », a-t-il affirmé avant de rappeler l’importance de rendre le conseil véritablement utile.

« Rendre le conseil utile veut dire qu’il faut que mes avis pertinents puissent être pris en compte par le ministre. C’est en faisant bouger cette ligne que le ministre pourra aussi faire bouger les autres lignes. Un bon ministre, un ministre manager, un ministre qui prend de justes décisions, de bonnes décisions, dépend de son conseil », rappelle-t-il.
« Le niveau d’intelligence du ministre dépend de la qualité du conseil autour de lui »

Allant plus loin, Faya François Bourouno a battu en brèche l’idée d’une omniscience ministérielle, soulignant la corrélation directe entre la performance d’un chef de département et la qualité de son entourage professionnel.
« Il n’y a pas de ministre super intelligent. Le niveau d’intelligence du ministre dans son travail dépend de la qualité du conseil autour de lui. Aujourd’hui, par rapport au programme Simandou, il faut que nous comprenions cela pour qu’ensemble on essaie de s’organiser », a-t-il lancé.

Moderniser l’administration au-delà du digital
Évoquant la vision de la modernisation de l’État, le ministre a tenu à recadrer les priorités : moderniser ne se résume pas à l’outil numérique.
« Il y a des pays aujourd’hui qui ont fait le choix non pas de mettre la digitalisation en avant, mais de mettre la formation en avant comme levier de modernisation de leur administration publique. Beaucoup pensent que moderniser, c’est seulement le digital. Moderniser, c’est cette transformation sociale au sein de l’appareil qui permet de changer les modes de fonctionnement et de créer les conditions d’une meilleure performance. Ce travail ne peut pas se faire sans vous (les conseillers). C’est vraiment votre école, je viens vous la confier pour qu’ensemble on essaie de lui donner ce qu’elle vaut, et qu’elle soit utile pour nous et pour l’ensemble de l’administration publique », a affirmé Faya François Bourouno.
Les trois engagements phares du ministre
Pour clore les travaux de ces deux jours de formations, le Ministre Faya François Bourouno a pris trois engagements solennels devant les conseillers :

- Prise en compte des obstacles
« Les obstacles que vous avez identifiés et les recommandations qui en découlent : je vais me charger de les porter à qui de droit, et nous saurons en faire des éléments de transformation pour que ces obstacles soient intégrés dans nos plans d’action quotidiens », s’est-il engagé.
- Suivi des décisions et manuel de procédures
« Vous avez dit qu’il ne suffit pas de conseiller, qu’il faut savoir ce que devient effectivement le conseil donné. Je demande à mon cabinet de mettre en place, avant la fin de l’année, un mécanisme de suivi des décisions et de retour sur les avis rendus. J’invite mes collègues — et je le ferai moi-même — à en faire autant. Mon équipe est en train de travailler sur une sorte de manuel de procédures du fonctionnement du conseil au sein des départements ministériels. Dans les prochaines semaines, vous allez être conviés à un atelier de relecture de cet outil pour l’adopter comme outil de procédures standardisées du fonctionnement du conseil. »

Évaluation et continuité
« Dans trois mois, nous nous retrouverons ici à l’école, pas pour une nouvelle formation, mais pour que chacun dise ce que son engagement est devenu. D’ici trois mois, nous allons nous retrouver autour d’autres thématiques et nous échangerons pour recueillir votre retour, parce que cette trajectoire de transformation, je souhaite qu’on la suive ensemble. Nous devons coconstruire notre nouvelle administration », a-t-il lancé.
Une dynamique collective est ainsi lancée pour imprimer un nouveau souffle aux départements ministériels guinéens, plaçant la qualité du conseil au cœur de l’efficacité de l’action publique.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 17 septembre 2026 09:10Nous vous proposons aussi
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