Sécurité alimentaire : Inauguration à Conakry d’un entrepôt de 40 000 tonnes

CONAKRY – C’est un pas décisif vers le renforcement de la souveraineté alimentaire et de la chaîne logistique en Guinée. Ce mardi 15 septembre 2026, la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée (CCIAG) et la société Sawaba Guinée ont procédé à l’inauguration officielle d’un complexe d’entreposage d’une capacité de 40 000 tonnes. Il est situé à Hamdallaye-Concesseur.

La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Cette mise en service concrétise un partenariat public-privé majeur et plusieurs années de plaidoyer consulaire. L’infrastructure vise à sécuriser l’approvisionnement en denrées de première nécessité, tout en relançant le débat sur la mise à disposition du foncier au profit des opérateurs économiques locaux.

​Quatre ans de plaidoyer pour obtenir des terrains

Prenant la parole lors de la cérémonie, le président de la CCIAG a rappelé que la Chambre de commerce, en sa qualité d’interlocuteur entre les importateurs et l’État, a multiplié les démarches pour permettre aux opérateurs économiques de disposer d’espaces adaptés au stockage des produits alimentaires. 

​« Depuis quatre ans, la Chambre de commerce […] a toujours plaidé pour obtenir des domaines, des espaces pour la construction des entrepôts, pour le stockage des denrées alimentaires », a déclaré Mamadou Balde.

​Le domaine ayant permis la réalisation du dépôt de Sawaba Guinée a été obtenu il y a deux ans, à la suite des démarches engagées par l’institution consulaire, a fait savoir le président de la Chambre de commerce qui est également revenu sur la pose de la première pierre, en septembre 2024, en présence du Premier ministre, Amadou Oury Bah.

​Deux ans plus tard, l’inauguration de l’infrastructure représente, à ses yeux, une satisfaction pour l’ensemble des acteurs économiques qui ont porté ce projet. Mais au-delà de cette réalisation, Mamadou Baldé souhaite voir les autorités donner suite aux revendications formulées depuis plusieurs années par les importateurs.

​« La seule chose que nous demandons pour le moment pour les denrées alimentaires, c’est l’obtention de domaines pour nous faciliter la construction des entrepôts de stockage », a-t-il insisté.

​« Un pays sans réserve alimentaire vit en danger »

Pour justifier cette demande, le président de la Chambre de commerce a mis en avant les risques liés aux perturbations de l’approvisionnement, notamment les difficultés d’accostage des navires et de débarquement des marchandises pendant la saison des pluies. À ses yeux, l’absence de réserves suffisantes expose le pays à des ruptures d’approvisionnement et à des tensions sur les marchés.

​« Un pays qui n’a pas de stock alimentaire, de réserve de huit mois et de dix mois de stock de réserve, c’est un pays qui vit en danger », a-t-il averti.

​Mamadou Baldé estime ainsi que la construction de nouveaux entrepôts permettrait de mieux sécuriser les importations, de renforcer les réserves alimentaires et de faciliter le stockage des récoltes agricoles.

​Le president de la CCIAG a également souligné que la mise à disposition de terrains au profit des opérateurs économiques pourrait favoriser la multiplication de ces infrastructures à travers le pays.

​« Si nous obtenons des terrains, nous construisons des entrepôts pour le besoin d’importation, pour le besoin de sécurité alimentaire et pour le besoin de récolte agricole », a-t-il expliqué.

​Le président de la Chambre de commerce a, par ailleurs, exprimé son espoir de voir les démarches engagées depuis quatre ans aboutir, à la suite des échanges avec les représentants du gouvernement.

​Le gouvernement mise sur le stockage et les investissements privés

Prenant la parole au nom du Premier ministre Bah Oury à cette cérémonie, Aboubacar Kourouma, le ministre du Commerce et de l’Industrie, a salué une infrastructure qui, selon lui, répond à un enjeu majeur pour le pays : garantir la disponibilité régulière des produits alimentaires.

​« Cette infrastructure que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas un simple bâtiment. Elle constitue un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement de notre pays », a souligné le ministre du commerce.

​Aboubacar Kourouma a rappelé que la sécurité alimentaire ne dépend pas uniquement de la production nationale ou des importations. Elle repose également sur la capacité à conserver les denrées dans de bonnes conditions, à réduire les pertes après les récoltes et à assurer leur disponibilité sur l’ensemble du territoire.

Le ministre du Commerce et de l’industrie a également évoqué les préoccupations du gouvernement concernant les risques climatiques et leurs conséquences sur les zones de production et les circuits d’approvisionnement.

​Dans cette perspective, il a salué l’initiative de Sawaba Guinée, estimant que le renforcement des capacités de stockage constitue une réponse concrète aux défis alimentaires du pays.

​Aboubacar Kourouma a par ailleurs réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner les opérateurs économiques dans la réalisation de projets structurants, notamment la construction d’entrepôts et de marchés modernes.

​« Le gouvernement a l’obligation d’accompagner le secteur privé parce que nous sommes engagés dans la diplomatie économique », a-t-il déclaré, évoquant également la nécessité de sécuriser les circuits d’approvisionnement et de faciliter la mobilité des marchandises.

​Au-delà de Conakry, l’ambition de renforcer les réserves alimentaires

Le gouvernement entend encourager la réalisation d’infrastructures similaires dans les autres régions du pays afin de réduire la dépendance des marchés de l’intérieur vis-à-vis de Conakry.

​« L’objectif pour nous, c’est de créer plusieurs entrepôts à l’intérieur du pays pour garantir le stock de sécurité à l’intérieur du pays. Que tout ne dépende pas de Conakry », a indiqué le représentant du Premier ministre.

​Cette ambition s’inscrit dans la volonté des autorités de placer le secteur privé au cœur de la transformation économique, notamment dans le cadre du programme Simandou 2040.

​Le gouvernement entend notamment améliorer le climat des affaires, simplifier les procédures administratives et sécuriser les investissements.

​En contrepartie, les opérateurs économiques sont appelés à investir, à créer de la valeur et à contribuer au développement de chaînes d’approvisionnement plus résilientes.

​Aboubacar Kourouma a enfin invité les autres acteurs économiques à s’inspirer de l’exemple de Sawaba Guinée, tout en appelant au respect des normes d’hygiène, de sécurité et de qualité dans la conservation des denrées.

​L’inauguration du dépôt central de Sawaba Guinée marque ainsi une étape dans le développement des capacités de stockage alimentaire du pays. Mais pour les acteurs du secteur, le défi reste entier : multiplier les infrastructures, mieux répartir les réserves sur le territoire et garantir aux populations un approvisionnement régulier en denrées de première nécessité.

​Sawaba Guinée, un projet présenté comme un exemple de partenariat public-privé

Pour Souaibou Barry, directeur général de Sawaba Guinée, l’inauguration du dépôt central marque l’aboutissement d’un engagement pris avec l’État.

​D’une capacité de 40 000 tonnes, les deux entrepôts sont destinés au stockage de denrées de première nécessité, notamment le riz et le sucre, pour contribuer à l’approvisionnement des marchés de Conakry et de l’intérieur du pays.

​Le responsable a salué la décision de l’État d’accorder un bail sur ce domaine, auparavant laissé à l’abandon, afin d’y construire une infrastructure au service de la nation. Le DG de Sawaba a remercié la Chambre de commerce et son antenne communale de Matam pour leur accompagnement dans les différentes étapes du projet.

​« Lorsque l’État et une entreprise guinéenne avancent ensemble, avec confiance et avec exigence, un terrain abandonné peut devenir un grenier pour la nation », a-t-il affirmé.

​Le directeur général a enfin exprimé la volonté de son entreprise de poursuivre ses investissements, en promettant de contribuer aux réformes engagées par le gouvernement à travers des emplois créés, des capacités de stockage supplémentaires et des engagements tenus.

​Pour la Chambre de commerce, le défi est désormais de faire de cette réalisation un point de départ.  Après quatre années de plaidoyer, Mamadou Baldé espère que l’obtention de nouveaux terrains permettra aux opérateurs économiques de renforcer durablement les capacités de stockage alimentaire de la Guinée.

Yayè Aicha Barry

Pour Africaguinee.com

Créé le 15 septembre 2026 15:26

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