Le monde culturel du Fouta en deuil : l’artiste Sirimen Konah s’est éteint, vive émotion à Labé
LABÉ – C’est une figure majeure de la musique pastorale du Fouta Djallon qui s’en va. Apprécié pour son talent et sa générosité, Sirimen Kanté, plus connu sous le nom de scène « Sirimen Konah », est décédé dans la nuit du samedi 12 septembre 2026, aux environs de 23 heures, à l’hôpital régional de Labé des suites de maladie. Sa disparition plonge le monde rural, ses pairs et ses admirateurs dans une profonde tristesse.
Bien connu pour sa capacité à faire vibrer les amoureux de la musique traditionnelle lors des grandes cérémonies et rassemblements, le jeune artiste avait fait ses premières armes au sein de l’orchestre Gando Maci avant de fonder sa propre formation, l’« Orchestre Sirimen-Konah ». Malgré des soucis de santé récents, il continuait d’honorer ses engagements sur scène, à Labé comme dans les contrées environnantes. Malheureusement, la maladie a fini par l’emporter après une brusque dégradation de son état ces derniers jours.
Inconsolable, la communauté artistique lui rend hommage
Au secteur Kourahodè (quartier Konkola), au domicile familial de l’artiste, l’émotion est vive. Proches, amis et figures de la scène musicale se relaient pour saluer la mémoire d’un homme rassembleur.
Son formateur et doyen, Ousmane Mali Diallo, se souvient avec émotion de ses débuts :

« Aladji Sirimen Konah et moi avons partagé de précieux moments. Il a appris à nos côtés avant de créer son propre groupe. C’était un garçon profondément respectueux et généreux, un excellent artiste en herbe. Quand on forme quelqu’un, on souhaite qu’il nous dépasse un jour, mais le respect est toujours resté intact entre nous. Nous présentons nos condoléances les plus attristées à toute sa famille et à ses fans. »
Submergé par le chagrin, son guitariste Djiba Kouyaté a eu du mal à trouver les mots :

« Cela faisait quatre ans que je jouais de la guitare pour Sirimen. Il nous soutenait tous dans le groupe. C’est Fodé Fatako [fils du regretté Sékouba Fatako, NDLR] qui m’avait confié à lui. Qu’Allah l’accueille dans Son céleste paradis. »
Un homme d’honneur et un ami fidèle
Soul Lumière du Fouta, associé et confident du défunt au sein de l’orchestre, retient la grande probité de l’artiste :
« Il était d’une franchise exemplaire. Dans les moments difficiles, il me demandait conseil. Je lui disais toujours qu’en tant que chef de famille, il devait avoir le dos large et rassembler tout le monde sous son toit. Aujourd’hui, nous lui pardonnons tout et nous demandons à chacun d’en faire autant. Si le défunt avait des dettes envers quelqu’un, que cette personne se rapproche de la famille ou du groupe : nous assumerons engagements. De même si certains lui devaient de l’argent. »
Pour Alpha Oumar Diallo, dit Wareeji, qui l’a rencontré au début des années 2000 alors que Sirimen touchait au hip-hop, les souvenirs restent gravés :
« Je l’ai connu vers 2004 alors qu’il chantait avec Oumar, le jeune frère d’Imperial. Sirimen était un homme ouvert et bon. La mort peut faire disparaître l’homme, mais elle n’efface jamais ses traces. »
Sirimen Konah laisse derrière lui une épouse et une fille. Il sera conduit à sa dernière demeure ce dimanche, après la prière de 16 heures, au cimetière de Konkola à Labé.
Thierno Oumar Tounkara
Pour AfricaGuinee.com
Créé le 13 septembre 2026 14:03Nous vous proposons aussi
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