Déguerpissement à Démoudoula : « c’est pour construire une route stratégique », précisent les autorités
CONAKRY- Plusieurs baraques installées le long des rails, dans le quartier Demoudoula, relevant de la commune de Ratoma, ont été déguerpies ce lundi 31 août 2026. L’opération intervient dans le cadre des travaux de construction d’une route stratégique.
Sur place, plusieurs occupants rencontrés ont indiqué avoir été informés avant le début de l’opération. Certains disent toutefois quitter les lieux avec des inquiétudes, notamment celles liées à leurs activités commerciales.
« Ils sont venus nous dire de quitter parce qu’une route doit passer par ici. Moi, je suis vendeuse de riz. Beaucoup de travailleurs venaient manger chez moi. Nous savons nous-mêmes que nous sommes dans un endroit où nous ne pouvons pas rester », témoigne une vendeuse rencontrée sur les lieux.

Du côté des responsables du quartier, l’opération est plutôt bien accueillie. Pour Sounoussa Diallo, chef de secteur de Demoudoula, ces installations donnaient une mauvaise image au quartier. « Nous sommes contents que ces baraques soient enlevées ici. Notre quartier ne mérite pas cette image. Ils nous ont dit qu’une route est en train d’être construite », explique-t-il.
Trois semaines de sensibilisation
Selon Sanoussy Maci Bah, l’un des vice-maires de la commune de Ratoma, l’opération a été précédée par une période de sensibilisation destinée aux occupants. « Nous avons commencé par une sensibilisation de trois semaines. Après cela, nous avons commencé le déguerpissement la semaine passée », a-t-il expliqué.
L’élu communal précise que la société GUICOPRES, chargée du projet, aurait également demandé aux équipes présentes sur le terrain de privilégier la sensibilisation et d’éviter les tensions. « Le PDG de GUICOPRES nous a demandé de sensibiliser les citoyens et de ne pas faire trop de pression sur eux », affirme-t-il.

Pour lui, cette opération répond avant tout à un intérêt public. « C’est un projet pour la Guinée et pour les Guinéens. Le déguerpissement concerne une route nationale », soutient Sanoussy Maci Bah.
« Ils n’ont pas de garantie de rester »
Le vice-maire rappelle également que plusieurs occupants disposent de documents qui ne leur garantissent pas une installation définitive sur les lieux. « Même quand on vous donne un document, il peut être mentionné : occupation provisoire. Cela veut dire que si l’État a besoin de l’espace pour une route, il peut le récupérer », explique-t-il.
Selon lui, les occupants qui ont accepté de quitter les lieux l’ont fait sans heurts. « Les personnes qui ont accepté de partir sont restées calmes. Il n’y a pas eu de problème », indique-t-il.
La commune appelle à éviter les incompréhensions
L’élu communal a également réagi aux interventions de certaines personnes se présentant comme des représentants de ressortissants étrangers concernés par le déguerpissement. « Il n’y a pas de problème entre la Guinée et la Sierra Leone. Chaque pays a ses représentants et ses ambassadeurs », a-t-il déclaré.
Il rappelle que les démarches concernant les projets réalisés sur le territoire communal doivent passer par les autorités compétentes. « Quand tu représentes une collectivité ou un pays, tu dois te référer aux autorités compétentes », insiste-t-il.
Au-delà du déguerpissement de Demoudoula, le responsable communal estime que certaines zones stratégiques de la capitale doivent être mieux aménagées.« Là où il y a la présidence, l’Assemblée nationale, les ministères et les banques, les baraques n’ont pas leur place », estime-t-il.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 31 août 2026 15:03Nous vous proposons aussi
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