Sauvegarde de la biodiversité : Immersion dans les pépinières d’espèces locales à Labé

LABÉ — La promotion des espèces végétales locales constitue un levier central dans la restauration des écosystèmes en Guinée. À Labé, des acteurs du secteur mettent en avant leurs vertus écologiques et communautaires face aux menaces qui pèsent sur la biodiversité.

Selon le spécialiste Mamadou Samba Barry, ces végétaux devancent largement les essences introduites. « Les plantations d’espèces exotiques n’attirent pratiquement aucun animal, pas même les écureuils. Pour favoriser un retour rapide de la faune, il faut privilégier les espèces locales », explique-t-il. Au-delà de l’écologie, ces plantes préservent le savoir-faire traditionnel, fournissent des remèdes médicinaux et servent d’ornement.
Le Téli, géant écologique et culturel

Parmi ces espèces figure le Téli (Erythrophleum guineense). Cet arbre se distingue par sa forte capacité de séquestration du carbone et son rôle dans l’adaptation au changement climatique, tandis que des herbacées associées stabilisent les sols contre l’érosion.
Rustiques, ces arbres nécessitent peu d’entretien et d’arrosage. « Un arbre en bonne croissance produit l’oxygène quotidien de huit personnes. Nous devons transmettre ce patrimoine légué par nos parents aux générations futures », rappelle Mamadou Samba Barry.

L’histoire du Téli s’inscrit aussi dans la mémoire collective. « Il peut vivre près de deux siècles et résister très longtemps après sa chute. Jadis, il servait de brise-vent à l’entrée des villages, d’ombrage pour les assemblées des chefs traditionnels, ou encore de bois d’œuvre pour les mosquées et les ponts », précise le technicien.
Une production ciblée en pépinière

Sur le terrain, la multiplication des plants s’organise. Boubacar Poréko Diallo détaille les variétés produites : « Nous cultivons sept à huit espèces locales : Téli, Booto (Detarium senegalense), Kahi (Khaya senegalensis), Lingué (Afzelia africana), Goumbambé (Cola cordifolia), Thiéwé (Daniellia oliveri), Néré (Parkia biglobosa), Baobab, Thialé et Koura. »

En cette saison des pluies, l’équipe concentre ses efforts sur le désherbage, le démariage et la réutilisation des pots pour les nouveaux semis.

Thierno Oumar Tounkara
Correspondant régional d’Africaguinee.com à Labé
Créé le 31 août 2026 06:00Nous vous proposons aussi
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