Guinée-Bissau : les électeurs appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel

BISSAU- En Guinée-Bissau, les électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 30 août 2026 pour se prononcer par « oui » ou par « non » sur l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution adoptée par le Conseil national de transition.

Le texte, présenté par les autorités de transition comme un remède à l’instabilité chronique du pays, doit permettre de passer d’un système semi-parlementaire à un régime présidentiel renforcé. Ses opposants dénoncent, de leur côté, une tentative de légitimer par les urnes un régime hyperprésidentiel et un pouvoir issu du coup d’État du 26 novembre 2025, rapporte RFI.

Pour les autorités de transition, l’objectif est de clarifier les attributions du président de la République et de son Premier ministre, tout en stabilisant les institutions avant l’élection présidentielle prévue le 6 décembre prochain.

La Constitution proposée par les militaires à la tête du pays prévoit notamment de renforcer les pouvoirs de la présidence. Si elle est adoptée, le Premier ministre ne sera plus élu par l’Assemblée nationale et ne devra pas nécessairement être issu de la formation politique majoritaire au Parlement. Le chef de l’État sera chargé de le nommer et pourra également le révoquer. Il présidera par ailleurs le Conseil des ministres et pourra dissoudre le Parlement.

Autre changement majeur prévu par le texte : le nombre de parlementaires passerait de 102 à 65, tandis que le nombre de districts serait réduit de 29 à 12. Les autorités justifient ces mesures par la volonté de réduire les dépenses publiques.

La nouvelle Constitution prévoit également de nouvelles conditions pour participer à l’élection présidentielle. Les candidats devront notamment s’acquitter d’une caution de 50 millions de francs CFA, soit environ 76 000 euros. Les partis soutenant un candidat devront, en outre, recueillir les signatures d’au moins 5 000 de leurs membres, avec un minimum de 300 signatures par région.

Des appels au boycott

À quelques heures du référendum, une partie de la classe politique et de la société civile exprime son inquiétude face à ce qu’elle considère comme un renforcement excessif des pouvoirs présidentiels. Parmi les dispositions contestées figure notamment la possibilité pour le chef de l’État de nommer un Premier ministre qui ne serait pas issu de la majorité parlementaire.

Iancuba Privado, député du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), conteste la réécriture de la Constitution par un pouvoir de transition non élu. Il a appelé au boycott du référendum, rapporte RFI.

Ce scrutin intervient à un peu plus de trois mois des élections générales prévues le 6 décembre prochain, censées marquer le retour du pouvoir aux civils.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 30 août 2026 07:49

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