Pourquoi la Guinée fait-elle appel au FMI? La mise au point de la ministre Mariama Ciré Sylla
CONAKRY— Alors que la Gouvernement guinéen vient de conclure un accord de financement de 425 millions de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI), une question taraude les esprits: Pourquoi la Guinée a-t-elle besoin de l’argent de cette institution de Bretton Wood alors que Conakry “vante” la robustesse de l’économie nationale ?
Interrogée ce mardi par Africaguinee.com lors d’une conférence de presse, Mariama Ciré Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a apporté des précisions sur les motivations réelles de ce partenariat qualifié de “stratégique”.
Un recours qui ne traduit pas un manque de liquidités
La question du paradoxe apparent entre une économie affichant des indicateurs macroéconomiques favorables et le recours à une institution financière internationale a été placée au cœur des débats. Pour la ministre, cet engagement ne doit en aucun cas être perçu comme un signe de faiblesse financière.
« La Côte d’Ivoire est sous programme avec le FMI depuis les années 1980, le Rwanda suit une trajectoire similaire, et le Bénin y est engagé depuis plus de dix ans. Cela démontre que solliciter le FMI ne traduit pas nécessairement un manque de liquidités. Les ressources financières accordées par le FMI ne remplacent pas à elles seules l’ensemble des besoins de financement d’un État. L’objectif principal de ce partenariat est de s’appuyer sur leur expertise, leur expérience et leurs instruments techniques afin de mobiliser davantage de ressources », a-t-elle expliqué.
Alors que la Guinée met en valeur le méga-projet Simandou, le Gouvernement précise qu’il entend encadrer cette phase d’expansion pour éviter les écueils économiques classiques liés à la manne minière. Mariama Ciré Sylla a insisté sur la dimension stratégique et préventive de cette collaboration.
« Nous entrons actuellement dans une phase de forte croissance. Le risque majeur serait que cette croissance ne se traduise pas en bénéfices concrets pour les populations, ou que l’exploitation du gisement de Simandou génère moins de recettes internes que prévu. La décision d’interagir avec le FMI est donc autant économique que politique. Il a fallu une vision portée par le Chef de l’État, le Président de la République, qui a fait le choix de la rigueur en sollicitant une institution reconnue pour son accompagnement. L’objectif est d’instaurer des politiques renforçant la mobilisation des recettes, la stabilité macroéconomique et la diversification de notre économie », a-t-elle précisé.
Tout en reconnaissant que les exigences d’une telle institution peuvent imposer des efforts à court terme, l’exécutif guinéen y voit un rempart indispensable pour l’avenir du pays et la concrétisation des retombées socio-économiques attendues par les citoyens.
« Bien que l’exigence de rigueur puisse présenter des contraintes à court terme, elle est indispensable pour garantir que le projet Simandou et les investissements associés profitent directement à la nation. Nous faisons appel au FMI dans une phase d’expansion économique afin d’encadrer l’utilisation des futurs revenus, d’assurer une gestion budgétaire rigoureuse et de répondre aux attentes de la population », explique Mariama Ciré Sylla.
A suivre!
Africaguinee.com
Créé le 12 août 2026 11:04









