Responsables du BL écroués à Guéckédou : la maire de Ouendé Kènèma brise le silence…
GUÉCKÉDOU- Au lendemain de la publication d’un communiqué du Bloc Libéral (BL) dénonçant l’interpellation et le placement sous mandat de dépôt de trois de ses responsables de la commune rurale de Ouendé Kènèma, la maire de cette collectivité sort de son silence. Jointe par Africaguinee.com, Joséphine Yawa Millimono réfute toute accusation de poursuite dirigée contre le parti politique et affirme avoir agi uniquement en qualité de victime présumée d’une tentative d’incendie.
Dans son communiqué publié le 5 août 2026, le Bloc Libéral annonce que Faya Alexis Kamano, Mohamed Fadiga et Sékouba Konaté ont été placés sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt de Guéckédou. Le parti dénonce les circonstances de leur interpellation et réclame une procédure judiciaire respectueuse des droits de la défense et de la présomption d’innocence.
Dans ce document, le BL cite notamment la maire de Ouendé Kènèma dans le déroulement des événements ayant conduit à l’arrestation de Faya Alexis Kamano. Sollicitée par notre rédaction, l’autorité communale apporte une version différente.
« Je n’ai pas porté plainte contre le Bloc Libéral »
D’entrée de jeu, Joséphine Yawa Millimono tient à faire une précision qu’elle juge essentielle. « Moi, je n’ai pas porté plainte contre le Bloc Libéral. C’est en tant que citoyenne que j’ai été victime de cette tentative d’incendie. Ce n’est pas le BL qui a mis le feu, c’est un citoyen », déclare-t-elle. Selon elle, les faits remontent au vendredi 31 juillet, aux environs de 23 heures.
« J’étais couchée à la maison avec mes enfants lorsque j’ai commencé à sentir une forte odeur d’essence. Au début, j’ai demandé aux enfants s’ils n’avaient pas ramassé des bidons d’essence. Mais l’odeur devenait de plus en plus forte. Je me suis alors levée pour aller voir au salon », raconte-t-elle.
En ouvrant la porte, la maire affirme avoir aperçu une personne aux abords de sa concession. « J’ai vu quelqu’un en mouvement. Je l’ai reconnu. J’ai alors ouvert la porte brusquement. Je l’ai appelé par son nom : « Faya ! Faya ! ». Il m’a répondu. C’est à ce moment qu’il m’a demandé : « Madame, ce n’est pas le feu derrière votre maison ? » »
La maire explique avoir voulu le retenir, sans y parvenir. « Je voulais l’arrêter, mais je ne pouvais pas. C’est un jeune homme. Je lui ai demandé de venir m’aider à éteindre le feu. Ensuite, je suis allée chercher un autre jeune qui habite à côté de chez moi, mais il était absent. J’ai commencé à crier pour alerter les voisins. »
Selon Joséphine Yawa Millimono, les premiers secours sont rapidement arrivés. « Ils avaient versé de l’essence sous le bâtiment pour que les flammes atteignent le toit. Heureusement, les habitants sont intervenus rapidement et le feu a pu être maîtrisé. »
L’élue locale assure qu’elle découvre avec étonnement les accusations faisant état d’une plainte politique contre le Bloc Libéral. « Moi, je n’ai jamais porté plainte contre le parti. J’ai dénoncé les actes d’un citoyen que j’ai reconnu cette nuit-là. »
Pour l’heure, nos tentatives pour obtenir la version du parquet près le Tribunal de première instance de Guéckédou sont restées vaines.
Paul Foromo SAKOUVOGUI,
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
En Guinée Forestière.
Tel: (00224) 628 80 17 43
Créé le 6 août 2026 18:03









