« Nous sommes oubliés » : À la découverte de Sanou Gnenguéyah, une localité privée de tout…
KINDIA – Perché sur une montagne à environ sept kilomètres du centre de la commune rurale de Souguéta dans la préfecture de Kindia , le secteur de Sanou Gnenguéyah offre le visage d’une localité où les défis du quotidien restent immenses.

Cette communauté à vocation agropastorale qui tire également une partie de ses revenus du commerce, vit au rythme d’un manque criard d’infrastructures de base. École, centre de santé, eau potable, espaces de loisirs… autant de services essentiels qui font encore défaut. Nous avons fait immersion dans cette localité pour partager le quotidien avec les citoyens qui y résident.

Dès l’entrée dans le village, le décor traduit la précarité. Au milieu des habitations, un hangar de fortune sert de salle de classe. Quelques bancs rudimentaires et des morceaux de bois font office de mobilier scolaire. C’est dans ces conditions que les rares enfants ayant accès à un enseignement tentent d’apprendre.


Pour l’imam ratib de la localité, Youssouf Sylla, cette situation compromet l’avenir de toute une génération.« Nous avons construit cette école avec nos propres moyens, mais faute d’enseignants, tout est pratiquement à l’abandon. Nous avons ensuite aménagé un simple hangar avec deux bancs et quelques morceaux de bois sur lesquels les enfants s’assoient pour étudier. Si le président Mamadi Doumbouya ne nous aide pas, nos enfants ne pourront jamais apprendre dans de bonnes conditions. Un enfant qui ne va pas à l’école aujourd’hui est privé de son avenir. Nous lançons également un appel aux personnes de bonne volonté afin qu’elles nous viennent en aide », plaide-t-il.

Selon lui, l’absence d’une véritable école isole complètement la localité. « Sans école ni enseignant, nous sommes coupés du reste du monde. Nos enfants entendent parler du développement du pays, mais ils ne pourront jamais en bénéficier s’ils restent sans instruction », ajoute-t-il.

Au-delà de l’éducation, les jeunes dénoncent également le manque d’infrastructures destinées à leur épanouissement. Aboubacar Sylla, conseiller du président de la jeunesse de Samou Yangueyah, estime que les besoins sont nombreux.

« Ici, les difficultés sont énormes. Nous n’avons ni terrain de football, ni maison des jeunes, alors que la majorité de la population est composée de jeunes. À cela s’ajoutent l’absence d’école, de centre de santé et même d’eau potable. Nous demandons au président de la République, à son gouvernement, aux personnes de bonne volonté et à tous ceux qui peuvent nous aider de penser à notre village », lance-t-il.

Les femmes, elles aussi, vivent les conséquences de ce manque d’infrastructures. Représentante des femmes de la localité, Tata Camara décrit un quotidien marqué par les risques liés à la maternité et à l’accès à l’eau.

« Notre première difficulté est l’absence d’école et de centre de santé. Lorsqu’une femme enceinte est sur le point d’accoucher, elle met parfois son enfant au monde avant d’arriver à l’hôpital. Dans certains cas, les nouveau-nés ne survivent pas. Nous souffrons énormément. Nous n’avons pas d’eau potable ; nous partageons la même eau que les animaux. Pourtant, notre village compte beaucoup de jeunes, mais aucun ne fréquente l’école. Nous demandons au président Mamadi Doumbouya, à son gouvernement et à Abdoul Wakil Keïta de nous venir en aide, car nous sommes exposés à de graves risques sanitaires », explique-t-elle.

À Sanou Gnenguéyah, les habitants continuent d’espérer que leurs appels seront enfin entendus. En attendant d’éventuelles réponses des autorités et des partenaires au développement, les populations poursuivent leur quotidien dans des conditions particulièrement difficiles, convaincues que l’accès à l’éducation, à la santé et à l’eau potable demeure la clé d’un avenir meilleur pour les générations futures.

Un reportage Chérif Kéita
Correspondant régional d’Africaguinee.com à Kindia
Créé le 4 août 2026 11:06Nous vous proposons aussi
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