Mines, IA et métiers d’avenir : L’enseignement supérieur fait sa « mue » pour répondre aux besoins du marché d’emploi
CONAKRY- Après plusieurs jours de travaux intensifs, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a procédé à la clôture de l’atelier de validation des outils de réforme curriculaire des mégaprojets MPS-30 et MPS-32. Une rencontre stratégique qui vise à adapter les formations universitaires guinéennes aux besoins réels du marché de l’emploi, notamment dans la perspective du programme Simandou 2040.
Réunissant responsables universitaires, experts, représentants du secteur privé et partenaires sociaux, cet atelier a permis de valider plusieurs outils majeurs liés à la cartographie des métiers, à la réforme des programmes de formation et à l’insertion professionnelle des diplômés.

Prenant la parole au nom de la Chambre de commerce, Namory Condé a déclaré qu’il existe aujourd’hui un paradoxe entre le chômage des diplômés et les difficultés des entreprises à recruter une main-d’œuvre qualifiée.
« Deux interventions m’ont interpellé. D’un côté, les entreprises disent qu’elles ont besoin d’employés qualifiés, mais qu’elles ne les trouvent pas. De l’autre, on nous annonce que des milliers d’étudiants sortent chaque année sans emploi. Cela démontre toute la nécessité de cette réforme….Le projet Simandou ne doit pas profiter uniquement à une main-d’œuvre venue de l’extérieur. Les diplômés des universités guinéennes doivent être capables d’occuper ces emplois », a -t-il déclaré, tout en réaffirmant l’engagement de la Chambre de commerce à accompagner le ministère dans ce processus.

De son côté, le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, Dr Facinet Conté, s’est réjoui des résultats obtenus au terme de l’atelier. « Nous venons de clôturer un important atelier qui a permis de valider des outils liés à la cartographie des formations et à la réforme des programmes de notre système d’enseignement supérieur », a-t-il indiqué.

Parmi les innovations majeures annoncées figure la création d’un Observatoire national de l’insertion des diplômés, destiné à suivre le parcours professionnel des étudiants après leurs études universitaires.
« Cet observatoire nous permettra de disposer de données fiables pour améliorer notre système et offrir davantage de chances d’employabilité aux jeunes guinéens », a expliqué le secrétaire général.
Dr Facinet Conté a également souligné sur la nécessité d’impliquer davantage le secteur privé dans la formation des étudiants.
« La formation des jeunes ne doit pas relever uniquement de l’université. Le monde du travail doit participer à la co-construction des programmes et offrir des stages aux apprenants », a-t-il plaidé.

Même son de cloche chez Dr Mamoudou Bagaga, directeur général du Bureau de stratégie et de développement du ministère, qui a rappelé que cette réforme vise à moderniser l’offre de formation des universités publiques et privées.
« Une des principales causes du chômage dans nos pays, c’est l’inadéquation entre la formation et l’emploi. Certains programmes doivent être réorientés, tandis que de nouvelles filières liées à l’intelligence artificielle, aux mines et aux métiers d’avenir seront introduites dès la prochaine rentrée universitaire », a-t-il annoncé.
Selon lui, les travaux menés depuis avril 2026 ont mobilisé comités techniques, scientifiques et acteurs du monde professionnel afin de parvenir à des outils consensuels et adaptés aux réalités économiques du pays.

L’administrateur général de l’École internationale de commerce et de technologie, Alpha Ibrahima Sory Touré, a pour sa part salué une réforme « ambitieuse » qui permettra l’introduction de nouveaux diplômes et programmes innovants.
« Nous avons travaillé sur les licences fondamentales, les licences professionnelles ainsi que sur le retour du DUT (Diplôme universitaire de technologie). Nous avons également élaboré un répertoire des métiers adaptés au marché guinéen », a-t-il expliqué.
Au-delà des filières classiques, les autorités entendent désormais préparer les étudiants aux métiers émergents et aux besoins futurs de l’économie guinéenne.
Le directeur de l’Institut supérieur des arts de Dubréka, Pascal Ifono, voit dans cette réforme « une tournant exceptionnel » pour l’enseignement supérieur guinéen. « Il est question de préparer les jeunes aux métiers du futur et de faire de l’enseignement supérieur guinéen un enseignement compétitif pour la sous-région et le monde », a-t-il déclaré.

Les autorités espèrent désormais passer rapidement à la phase d’application. Selon Dr Facinet Conté, l’objectif est que les 153 programmes révisés de licence, master et doctorat soient opérationnels dès la prochaine rentrée universitaire.
Yayè Aicha Barry
Pour Africaguinee.com
Créé le 5 juillet 2026 11:00Nous vous proposons aussi
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