Guinée: Dix ans de réclusion criminelle requis contre le Colonel Bienvenu Lamah

CONAKRY– Dix ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de cinq ans, c’est la peine requise ce mardi 23 juin 2026 contre le Colonel Bienvenu Lamah.

Cet officier de la gendarmerie est poursuivi pour de faits présumés de « complicité d’abus d’autorité, meurtre, assassinat, viol, coups et blessures volontaires, vol à main armée, enlèvement, séquestration, entrave aux mesures d’assistance et omission de porter secours », dans le cadre du second volet du procès relatif aux événements du 28 septembre 2009.

Mais dans sa réquisition finale, le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn, Elhadj Sidiki Camara, a sollicité la requalification des faits en crimes contre l’humanité. L’empereur des poursuites s’appuie notamment sur les dispositions pertinentes du Code pénal guinéen relatives à la responsabilité pénale du supérieur hiérarchique militaire, ainsi que sur celles du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. S’agissant de la peine, le représentant du ministère public a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté de cinq ans.

Le procureur Sidiki Camara

Dans leurs plaidoiries, les avocats des parties civiles ont sollicité du tribunal la requalification des faits en crimes contre l’humanité, estimant que les infractions reprochées à l’accusé s’inscrivent dans le cadre des graves violations commises lors des événements du 28 septembre.

Sur l’action publique, ils ont demandé au tribunal de retenir le Colonel Bienvenu Lamah dans les liens de la culpabilité et de recevoir les parties civiles dans leur constitution. Les conseils des victimes ont également formulé d’importantes demandes de réparations financières.

Ainsi, ils ont sollicité une indemnisation de 1 milliard de francs guinéens par victime pour les cas de vol et de pillage, ainsi que pour les cas de coups et blessures et de torture. Pour les victimes décédées ou portées disparues, ils ont demandé une réparation de 1 milliard 500 millions de francs guinéens par personne. Quant aux victimes de viol, la partie civile réclame une indemnisation de 2 milliards de francs guinéens par personne.

Les avocats ont également demandé au tribunal de condamner le Colonel Bienvenu Lamah à assurer la prise en charge médicale des parties civiles qui continuent de souffrir des séquelles des faits dénoncés.

Au titre des réparations collectives, la partie civile a sollicité l’édification d’un monument ou de tout autre ouvrage mémoriel en hommage aux victimes. Elle a par ailleurs demandé au tribunal de dire et juger que l’État guinéen demeure garant de l’exécution de toute condamnation civile qui pourrait être prononcée à l’encontre de l’officier supérieur.

Affaire à suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 23 juin 2026 15:04

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