Labé : neuf bouchers et un vétérinaire jugés pour atteinte à la santé publique
LABÉ – Le procès de dix prévenus poursuivis pour atteinte à la santé publique s’est ouvert ce jeudi devant le tribunal de première instance de Labé. Les mis en cause sont neuf bouchers et un vétérinaire, poursuivis sur la base de l’article 880 du Code pénal. (Image d’archives)
Pour rappel, une semaine après la fête de Tabaski, des carcasses de viande se sont retrouvées dans plusieurs boucheries de Labé. Des citoyens et consommateurs ont rapidement constaté qu’il s’agissait de viande impropre à la consommation. Face à la gravité de la situation, le procureur de la République avait ordonné l’arrestation de toutes les personnes impliquées dans ce circuit suspect.
Selon les éléments de l’enquête, une partie de cette viande provenait de la préfecture de Pita, tandis qu’une autre quantité avait été conservée à Labé. L’ensemble a ensuite été écoulé sur le marché avec la complicité présumée de certains responsables de l’abattoir de Labé. Ces derniers auraient interdit l’abattage ce jour-là afin de favoriser la vente de cette viande, initialement offerte par des bienfaiteurs turcs aux personnes démunies à l’occasion de la fête de Tabaski.
Toutefois, les bénéficiaires n’auraient jamais reçu cette viande, qui aurait été conservée puis remise en vente après plusieurs jours. C’est en constatant cette situation que d’autres bouchers auraient donné l’alerte, entraînant une série de dénonciations.
Les prévenus sont : Boubacar Kanté, Mamadou Dian Diallo, Hamdjata Diakité, Mamadou Diouldé Diallo, Ousmane Barry, Mamadou Lamine Barry, Ibrahima Diakité, Mamoudou Diallo, Mamadou Siré Diakité, tous bouchers, ainsi que Mamadou Kalilou Diallo, vétérinaire.
Après l’ouverture des débats, quatre prévenus ont été entendus à la barre, dont Boubacar Kanté, président de la Coopérative des bouchers, Mamadou Dian Diallo et Mamadou Kalilou Diallo. Tous ont nié les faits qui leur sont reprochés.
Interrogé sur la possibilité d’acheminer de la viande de Pita à Labé sans documents administratifs, Mamadou Dian Diallo, l’un des vendeurs ayant convoyé la marchandise, a répondu par l’affirmative.
L’avocat de la défense lui a ensuite demandé si la viande n’était pas destinée à être détruite avant son interpellation. Le prévenu a également répondu par l’affirmative.
À son tour, le vétérinaire Mamadou Kalilou Diallo a expliqué qu’après avoir embarqué la viande, le groupe s’était rendu au siège de la mairie. Selon lui, c’est alors qu’ils se dirigeaient vers une boucherie pour récupérer une cuisse de viande avant d’enfouir l’ensemble qu’ils ont été interpellés par la Brigade de recherches.
Interrogé sur son statut professionnel, il a indiqué être stagiaire. Le parquet a alors fait remarquer qu’un stagiaire ne peut ni certifier ni authentifier la qualité sanitaire d’une viande. Le prévenu a rétorqué qu’il s’était simplement contenté de séparer la viande impropre à la consommation de celle qu’il considérait comme saine.
Appelé à la barre, Hamdjata Diakité, boucher depuis 2009, a affirmé que les 89 kilogrammes de viande qu’il avait reçus étaient en bon état. Selon ses explications, il lui restait encore 12 kilogrammes au moment des faits et aucun des 77 kilogrammes vendus n’avait fait l’objet d’une réclamation de la part des clients. Il a ajouté que le vétérinaire avait déclaré cette viande propre à la consommation et qu’elle provenait de Pita.
Sur les dix prévenus poursuivis dans cette affaire, quatre ont été entendus lors de cette première audience. Le tribunal a renvoyé l’affaire au vendredi 12 juin pour la poursuite des débats.
À suivre.
Thierno Oumar Tounkara
Pour Africaguinee.com
Créé le 11 juin 2026 20:19









