« Ne plus avoir la hantise du retard » : Les « vérités » de Bah Oury à Kakimbo
CONAKRY – Inaugurant ce mercredi 29 avril 2026, cinq infrastructures de franchissement à Conakry, le Premier ministre Amadou Bah Oury n’a pas mâché ses mots.

Dans son discours, le chef du gouvernement ne s’est pas contenté de célébrer le bitume et l’acier ; il a longuement dépeint la souffrance quotidienne que ces ponts viennent effacer. Pour lui, le désenclavement est avant tout une question de dignité :
« On a subi pendant des années et des années, ce calvaire quotidien qui ont fait que certains sont morts d’infarctus. Parce qu’avec la tension, vous quittez votre maison à 5 heures du matin, vous ne pourrez être à l’heure au boulot. Le soir, vous rentrez vers 22 heures, 23 heures, vous n’avez pas la possibilité de voir vos enfants, savoir ce qu’ils font à l’école. Et cela destructure le foyer, la famille et éloigne les membres d’une même famille », a-t-il déclaré.

Cette réalité, qui touchait de nombreux quartiers ne se limitait pas aux retards chroniques. Le Premier ministre a rappelé avec gravité que l’absence de ponts mettait des vies en péril : « À Kassonya, beaucoup de personnes se sont noyées parce qu’il n’y avait pas de pont. »
Pour le gouvernement, ces cinq ponts sont le symbole d’une rupture avec les politiques du passé. Bah Oury a insisté sur le fait que la réalisation de telles infrastructures est la preuve d’un attachement profond envers les administrés, citant la vision du Président de la République :

« Ces ponts, au-delà des infrastructures, c’est toute une philosophie, c’est toute une relation entre un dirigeant et sa population. […] La notion de refondation, la notion de rassemblement passe par là, la responsabilité première des autorités. Envisager les politiques qui permettent aux populations de se sentir prises en compte, de se sentir aimées, de se sentir que leurs préoccupations majeures sont prises en compte, et c’est notre responsabilité. »

Il a également souligné l’impact psychologique sur la jeunesse, dénonçant le rythme effréné imposé aux écoliers : « Réveiller les enfants à 5 heures pour aller à l’école à 8 heures, imaginez le traumatisme que cela cause à des petits êtres. »
Alors que les élections communales se profilent à l’horizon, le Premier ministre a profité de cette tribune pour définir les attentes du gouvernement vis-à-vis des futurs responsables des collectivités locales. Le temps du « prestige » semble révolu au profit du pragmatisme :

« Je souhaite que les futurs candidats pour les élections communales prochaines sachent que leur mission fondamentale, c’est de ne pas venir en dire « bon, c’est ce prestige qui me manquait », mais c’est de venir retrousser les manches, travailler pour les populations. Envisager des politiques qui nous permettent d’améliorer le cadre de vie, de rendre nos villes attractives, de rendre nos villes propres, de rendre nos villes plus sécures. »
Nous y reviendrons !
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 29 avril 2026 12:01Nous vous proposons aussi
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