« Notre collège n’a que deux enseignants » : Étudier à Bareing Khatia, un véritable parcours du combattant

KINDIA – Situé dans les profondeurs de la sous-préfecture de Bangouya, le district de Bareing Khatia fait face à un manque criant d’infrastructures de base. Entre routes impraticables, manque d’enseignants et services de santé précaires, les populations font face à des difficultés majeures qui plombent le développement de leur localité.

Un enclavement aggravé par les eaux

Faute de routes directes, rallier le centre-ville de Kindia depuis ce grand hameau est un véritable parcours du combattant. Si une voie rectiligne de 55 km passait autrefois par Bangouya, les habitants doivent désormais parcourir 81 km sur une piste caillouteuse et poussiéreuse. Pour rejoindre le chef-lieu de la sous-préfecture, le trajet est passé de 15 à 26 km.

La montée des eaux du barrage de Souapiti a bouleversé la géographie locale. « L’eau a créé de grandes distances entre les villages. Désormais, pour rejoindre certaines zones, il faut emprunter des pirogues…», déplore Abdoul Kader Khatia Sylla, président de l’Association des Jeunes pour le Développement de Bareing-Khatia (AJDBK).

Éducation, Santé…des services à l’agonie

Le secteur social est le plus durement touché. Le collège, infrastructure vitale pour l’éducation de la jeunesse, ne fonctionne qu’avec deux enseignants titulaires. Les contractuels, résidant à Kindia, peinent à rejoindre leur poste régulièrement. « Nous disposons d’un collège qui n’a que deux enseignants. Nous demandons à l’État de nous aider à obtenir des enseignants, de l’électricité et de l’eau. Les forages actuels sont insuffisants », insiste le président de l’AJDBK.

Côté santé, le constat est tout aussi alarmant. Bakary Pivi, infirmier d’État, décrit une situation précaire : « Nous manquons d’équipements de base. Il n’y a ni lit d’accouchement adéquat, ni matériel pour les consultations prénatales. »

Plus grave encore, l’absence d’incinérateur pour les déchets biomédicaux pose un risque sanitaire majeur pour la localité.

Le paradoxe de l’énergie et les conflits fonciers

Ironie du sort, alors que le district subit les impacts directs du barrage hydroélectrique il reste plongé dans l’obscurité. « Notre village n’a été électrifié, alors que cette zone est la plus impactée », dénoncent les habitants.

À ce manque manque de courant s’ajoute une autre réalité plus inquiétante. Des tensions latentes entre agriculteurs et les éleveurs.

« Les terres cultivables ont été réduites, et celles qui restent sont partagées entre les populations déplacées. Cela crée des conflits entre éleveurs et agriculteurs. Nous demandons l’aménagement des pâturages et la sécurisation des champs pour réduire les tensions », précise-t-il.

Face à cette urgence humanitaire et sociale, les habitants de Bareing Khatia lancent un appel pressant aux autorités pour un plan de désenclavement et d’équipement d’urgence.

De retour de Bareing Khatia,

Chérif Kéita Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Kindia

Créé le 22 mars 2026 08:26

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , ,

TOTAL

YELLOWBET

UBA

LONAGUI

SONOCO

AGB2G

CBG

smb-2

Consortium SMB-Winning

Annonces

Recommandé pour vous

Annonces