Maître Dinah Sampil: “L’évacuation de Kassory est une nécessité absolue…”
CONAKRY – Dix jours après sa liberation, l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, est toujours alité à la Clinique Pasteur. Selon sa Défense, son état de santé demeure “préoccupant”.
Interrogé par Africaguinee.com, Maître Dinah Sampil, un de ses avocats a confié que l’ancien chef du Gouvernement du régime déchu en septembre 2021 n’a toujours pas accès au traitement curatif requis par sa pathologie. Selon l’avocat, faute d’équipements spécialisés et de personnel adapté en Guinée, le pronostic reste incertain sans une évacuation rapide. INTERVIEW
AFRICAGUINEE.COM : Comment se porte votre client, le Dr Ibrahima Kassory Fofana, une semaine après avoir obtenu sa liberté provisoire ?
Me Dinah Sampil : Depuis son incarcération, et plus précisément depuis son transfert à la Clinique Pasteur, Kassory n’a bénéficié d’aucun soin curatif. Aucun médicament traitant réellement sa pathologie ne lui a été administré. Très tôt, les médecins ont conclu que son mal ne pouvait pas être pris en charge en Guinée, faute d’installations adéquates et de spécialistes. Sa pathologie nécessite une intervention chirurgicale. Pour cela, il faut des équipements de pointe et un personnel hautement qualifié. Si sa libération provisoire est un fait qui a pu l’alléger moralement, sur le plan médical, le mal reste entier.
Le Dr Kassory Fofana est-il toujours à la Clinique Pasteur ou a-t-il pu regagner son domicile ?
Il est toujours à la clinique. Les médecins n’ont pas voulu prendre la responsabilité de le laisser sortir, car le risque d’un incident critique est permanent. Imaginez qu’il rentre chez lui et qu’il doive faire face à l’affluence de parents et d’amis ; cela ne ferait qu’aggraver son état. Il a donc préféré rester dans son lit d’hôpital.
Maintenant qu’il bénéficie de la liberté provisoire, quelles sont les prochaines étapes ?
L’évacuation sanitaire est une nécessité absolue. Cependant, sa libération n’étant que provisoire, le fond du dossier n’est pas encore tranché, ce qui l’empêche théoriquement de quitter le pays. Pourtant, son médecin traitant habituel, basé à l’Hôpital Américain de Paris, s’est dit prêt à l’accueillir dès le 20 de ce mois.
Nous avons transmis cette information aux autorités compétentes : la juridiction de fond, le parquet spécial et les instances décisionnaires. Il faut désormais que le juge, lors de l’examen du fond, constate que les infractions sont infondées afin de permettre sa sortie du territoire pour des raisons humanitaires et médicales.
Comment parvient-il à tenir alors que, selon vous, il ne suit aucun traitement de fond ?
Il survit grâce aux calmants qu’on lui administre pour l’aider à supporter la douleur. Mais ne nous trompons pas : il n’est pas sous traitement, il est sous palliatifs.
De plus, la situation est financièrement asphyxiante. Depuis son arrestation, tous ses comptes sont saisis. Selon le Procureur spécial, l’État s’est désengagé du paiement de ses frais d’hospitalisation. Il n’a plus aucun revenu et se retrouve dans l’incapacité de payer ses soins alors que ses avoirs sont bloqués.
Comment le collectif d’avocats prépare-t-il la suite pour obtenir sa libération définitive ?
Le collectif est prêt depuis le premier jour. Nous maintenons que c’est un dossier vide. Nous attendons simplement la programmation des audiences. Nous avons tous les arguments pour démontrer que son arrestation relève d’un pur abus de pouvoir.
Entretien réalisé par Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 16 mars 2026 12:10Nous vous proposons aussi
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