Zénab Touré : « Avec le RNPP nous n’aurons pas besoin de dépenser des millions de dollars pour un fichier électoral… »

CONAKRY-En Guinée, le gouvernement a officiellement lancé les opérations de recensement biométrique, étape essentielle dans le processus du retour à l’ordre constitutionnel.

Cet enrôlement cible tous les citoyens âgés de 10 ans et plus. Comment cette opération se déroule-t-elle sur le terrain ? Africaguinee.com a fait un constat. `

Samedi 19 avril 2025, nous sommes à Bantounka 2, dans la commune de Ratoma. Le quartier dispose d’un centre de recensement. Sur place, il n’y a pas encore un grand engouement. Aboubacar Bangoura, agent de saisie, revient sur le processus.

 » Le recensement se déroule bien. Nous suivons à la lettre les instructions données par la hiérarchie, donc les habitants viennent petit à petit et le travail se passe très bien. Pour se faire recenser, il faut être muni de l’une de ces pièces : en premier lieu, l’acte d’extrait de naissance ; à défaut, le jugement supplétif ou le certificat de nationalité. Pour ceux qui n’ont pas ces documents, il y a une fiche chez le chef de quartier que la commune a recommandée.

Je peux vous rassurer que tout se passe bien, mais l’engouement n’est pas de trop puisque c’est hier que nous avons démarré le processus. Il faut être sûr et certain que les gens seront satisfaits de ce processus, pour la simple raison que toutes les données seront biométriques. C’est très important que toute la population vienne se faire recenser, surtout pour les documents » a-t-il expliqué.


Si dans ce bureau de recensement tout se passe bien, un peu plus loin, notamment à Bantounka 1, on signale quelques couacs. Comme le témoigne Bah Mamadou Billo :

« Le recensement a commencé, mais nous sommes confrontés à quelques difficultés. Les agents recenseurs ne prennent pas le document du PN-RAVEC, alors que pendant la formation, ils ont dit que ce document-là est valable. D’autres difficultés : ils ont dit de regrouper toutes les machines pour le recensement en un seul endroit, alors que le quartier regroupe six secteurs. Donc, il y a des personnes qui viennent de très loin », a-t-il souligné.

Kadiatou Diallo vient de se faire recenser. Interrogée, elle témoigne être contente d’avoir accompli cet exercice citoyen.

« Je suis contente d’avoir accompli cet acte citoyen. Je suis venue ce matin avec tous mes enfants pour me faire recenser, et le recensement s’est bien passé. Nous avons juste présenté nos extraits de naissance. Ensuite, ils ont pris nos renseignements et nous avons fait nos empreintes. En général, tout s’est déroulé sans problème. Nous avons tous reçu nos récépissés, et nous demandons aux autres citoyens de venir faire de même », a-t-elle lancé.

Interrogée madame Camara Djenabou Touré, Directrice Nationale des Affaires politiques et de l’Administration Électorale, a expliqué l’importance de ce recensement. Elle appelle à une mobilisation générale pour la réussite de cette opération.

« Qui parle de développement parle de maîtrise de la population pour connaître le nombre de personnes que vous avez et leur âge, afin de pouvoir établir de véritables politiques de développement à la base. En ce qui concerne l’eau, ce sont les services sociaux de base. Pourquoi la SEG n’arrive-t-elle pas à fournir de l’eau potable à tout le monde ? On ne connaît pas réellement le nombre de personnes par commune, par quartier et par secteur pour savoir le m³ d’eau que chaque quartier doit consommer.

Il est donc essentiel de connaître sa population pour pouvoir définir de véritables politiques de développement à la base. Ce qui est fait en Guinée est également fait en France, aux États-Unis et dans tous les pays en voie de développement. Si vous avez un registre national de personnes, vous n’avez pas besoin de dépenser des millions de dollars pour les fichiers électoraux » a-t-elle soutenu.

Le Recensement biométrique des guinéens entamé le 15 avril permettra de constituer le Registre national des personnes physiques et de l’Etat civil, selon le ministère de l’Administration du Territoire et de la décentralisation.

Cette opération prévue pour 45 jours permettra, expliquent les autorités, de tirer les listes électorales provisoires pour le référendum constitutionnel du 21 septembre prochain.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 20 avril 2025 15:38

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