Frontière libérienne : Des précisions sur l’arraisonnement de camions contenant du coagulum…
YOMOU-Depuis le 14 juin 2024, 12 camions remplis de coagulum ont été arraisonnés par les forces de l’ordre à la frontière libérienne. Les conteneurs en partance pour le Liberia appartiennent à une entreprise privée installée dans la sous-préfecture de Péla, préfecture de Yomou. L’affaire cristallise les débats à Diécké, où est installée la société guinéenne de palmier à huile et d’hévéa (Soguipah), spécialisée dans la production du caoutchouc.
L’installation de la société IBT PLUS menacerait sérieusement 9000 emplois à la SOGUIPAH selon des sources syndicales proches de la Soguipah. Pointé du doigt dans l’affaire, les dirigeants de cette société ont voulu apporter quelques précisions.
« Nous ne sommes pour rien quand la SOGUIPAH nous accuse d’avoir bouleverser son atmosphère. Le dire c’est nier la douleur des planteurs. Dans la zone forestière, des milliers de planteurs d’hévéa n’arrivent pas à écouler leurs produits. Ils sont plutôt contraints de le liquider à vil prix ou de le donner à crédit à une société qui ne paye pas. Moi je tire chapeau aujourd’hui à ces braves planteurs qui ont enduré tant et qui continuent d’endurer parce qu’ils ne peuvent rien faire. Ils ne peuvent pas manger. Quand ils exportent ils ne peuvent vendre qu’à une seule entité. La souffrance des planteurs n’échappe pas au gouvernement parce que s’il n’y a pas de preneurs locaux de ces produits ce sont les libériens et les ivoiriens qui vont entrer ici et payer à vil prix et souvent et ils risquent forcément d’arnaquer nos planteurs. N’ayant donc pas où vendre, ils sont obligés de donner à quiconque demande contre une somme petite soit-elle. Les gens qui viennent de l’extérieur sont munis de bascules sondées, mais nos planteurs n’ont rien à faire que de les vendre », indique Oumar Diaby.

Il explique sa société est légalement installée et reconnue par l’Etat guinéen. ‘’Nous sommes une société de droit guinéen, installée ici. L’Etat nous a donné notre permis d’installation et d’exploitation d’une unité de 4 tonnes par l’heure. Le domaine que nous avons acquis a été d’abord vérifié. La mission est venue du ministère du commerce, accueillie par le gouverneur de N’zérékoré, le préfet de Yomou, ensuite le sous-préfet de Péla pour vérifier le site. Nous sommes légalement installés. C’est après cette procédure que nous avons commencé l’achat. Avant d’exporter, nous nous acquittons des droits et taxes de la douane guinéenne. Ce n’est pas notre première fois d’ailleurs, nous sommes à plus de 10 exportations. Par le passé, on envoyait à Conakry pour exporter, mais avec l’explosion du dépôt, ayant entraîné un coût élevé du transport, nous avons opté pour le port du Liberia. Et pour cela, le plus court chemin c’est de passer par Diécké. Nous avons d’abord fait un premier essai de quelques conteneurs. Ensuite, on s’est engagé à passer par la route avec 15 conteneurs. On a rempli 3 dans nos stocks de N’zérékoré et le reste sur le site de Péla où l’usine est prévue.
Nous nous sommes acquittés de tous les droits et taxes et nous avons pris la route. Une fois à la douane de Diécké, elle a vérifié toute la véracité de nos documentations. Nous nous sommes acquittés de tout ce qu’on appelle parafiscale auprès de L’ONCQ notamment le certificat d’origine guinéen, le certificat de qualité et la douane a été relâché. Après nous sommes arrivés à la gendarmerie, qui a contrôlé et a confirmé que tout est en règle. Après nous sommes arrivés à la ligne rouge étant le dernier poste en République de Guinée. Malheureusement ce sont ceux-là qui nous ont arrêtés en nous disant que la décision de nous arrêter vient du ministère de l’agriculture. La SOGUIPAH dit tantôt que ce n’est pas elle, pourtant nos camions sont garés dans son enceinte. La Soguipah est une société, IBT PLUS est une société. Donc la SOGUIPAH n’a aucun droit de nous arrêter’’, ajoute-t-il.

Selon ce chef d’entreprise, des démarches ont été menées pour libérer les camions arraisonnés en vain.
« Dès l’arraisonnement de nos camions, puisque nous sommes une société légalement installée, nous avons approché le directeur préfectoral du commerce. Donc le ministère du commerce et de l’industrie a dépêché une mission sur Nzérékoré, qui s’est rendue sur le site, elle a vérifié toute la documentation. Une deuxième fois, elle a rencontré les planteurs qui nous ont livré les produits ; elle a fait et déposé son rapport. La gendarmerie aussi nous a contactés, elle a fait son enquête et a reçu toutes les copies de nos documents. La gendarmerie a fait un rapport pour libérer nos camions, malheureusement, jusque-là, c’est impossible », déplore Oumar Diaby.

La SOGUIPAH, accuse IBT PLUS de contenir ses produits dans sa marchandise. Des accusations que M. Diaby rejette en bloc.
« Dans notre politique d’achat, nous n’achetons aucun coagulum de couleur bleu ou rouge pour éviter tout quiproquo. Quand on en trouve dedans, nous disons au livreur de prendre sa production et de partir avec. Donc ce que nous achetons ne contient pas un seul produit de la SOGUIPAH. Nos 12 camions ont été injustement arraisonnés par les forces de l’ordre. On ne nous a pas interpellés parce que nous détenons quelque chose d’illégal. Dans ces 12 conteneurs, il n’y a que de l’hévéa acheté avec les pauvres planteurs privés. Quand ils nous livrent, on leur paye leur argent de façon normale », soutient-t-il, avant de préciser :
Aux dires de monsieur Diaby, la SOGUIPAH ne doit pas craindre la concurrence dans le domaine de l’hévéaculture dans la localité. « C’est de bonne guerre, mais il n’y a pas de monopole en Guinée. Il y a le libre marché chez le client. Le planteur a le droit de vendre sa production à qui il veut. La SOGUIPAH ne doit pas avoir peur. La Guinée n’est pas moins que la Côte d’Ivoire et le Liberia. La Guinée a du potentiel surtout dans l’agriculture, dans l’agrobusiness. Le Liberia voisin a plus de 5 unités de transformation de caoutchouc. Quand vous partez en Côte d’Ivoire, il y a plus d’une trentaine d’usines de production et de transformation de caoutchouc. Chaque usine a sa politique d’achat. Pourquoi est-ce que la Guinée doit avoir seulement une seule usine de transformation du caoutchouc. Il faut bien qu’on encourage nos planteurs à aller aux champs pour faire la production », a-t-il précisé.
A rappeler que récemment, la délégation spéciale de Diécké a pris un arrêté communal interdisant la sortie du coagulum dans sa sphère géopolitique.
A suivre !
SAKOUVOGUI Paul Foromo
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
A Nzérékoré.
Tél. (00224) 628 80 17 43
Créé le 23 août 2024 07:15









