Wanindara, la fin d’une longue incertitude : « Désormais, c’est chez nous ! » (reportage)

« Dieu a exhaussé nos prières à travers Mamadi Doumbouya » 

CONAKRY-Un vent de soulagement général traverse Wanindara, situé en banlieue de la capitale guinéenne. Après la publication du décret du président Mamadi Doumbouya, déclassifiant la zone des réserves foncières de l’État, les habitants ne cachent plus leur joie. Longtemps hantés par le spectre des déguerpissements et l’angoisse de perdre leurs habitations, à l’image de Kaporo-rails, les résidents respirent enfin en plein poumon.

Du soulagement, certes, mais aussi de grandes attentes. Plusieurs citoyens interrogés par un reporter d’Africaguinee.com ont exprimé leur profonde gratitude envers le chef de l’État, tout en lui adressant des doléances pressantes : bitumage des voiries, construction d’écoles publiques, création de centres de santé et lutte renforcée contre l’insécurité récurrente.

« Une angoisse levée, la fin du traumatisme de Kaporo-rails »

Pendant des années, vivre à Wanindara s’apparentait à une incertitude permanente. Mamadou Saabana Baldé, père de famille et figure mémoire du quartier, retrace son parcours avec émotion.

« J’ai commencé à venir à Wanindara en 1979 pour chercher du bois mort afin de le revendre au Camp Alpha Yaya. Et depuis le 1ᵉʳ janvier 1985, j’y habite. Nous étions ici dans l’inquiétude totale parce qu’on n’avait pas de solution, sachant que c’était une réserve foncière de l’État. On avait même fait des sacrifices pour que Wanindara soit déclassifié. Dieu a exhaussé nos prières à travers le Général Mamadi Doumbouya. Nous prions pour son succès, que Dieu le guide et qu’il ait pitié des Guinéens. Nous sommes très contents d’apprendre que désormais, Wanindara, c’est définitivement chez nous », exprime cet habitant de Wanindara.

Un sentiment partagé par Mamadou Sadjo Sall, un autre citoyen résidant dans la zone. « J’ai appris cette bonne nouvelle lors de la prière de l’aube à la mosquée. Je suis en location, mais Wanindara c’est chez moi. Nous avions la peur au ventre parce qu’on craignait de vivre la même situation tragique que les citoyens de Kaporo-rails. Mais heureusement, le Général Mamadi Doumbouya a tranché. Nous le remercions infiniment », a aussi lancé ce père de famille.

Pour Sékhouna Sylla, cette décision présidentielle redonne de la dignité aux citoyens de Wanindara.

« C’est une énorme joie. Nous sommes nés ici, nous y avons grandi et nos enfants y sont nés. Si on devait nous dire un jour que nous étions étrangers chez nous, ce serait terrible. Avant, les gens avaient peur. Aujourd’hui, nous sommes réconfortés et les habitants de Wanindara s’en souviendront à jamais », a-t-il lancé.

Wanindara dépourvu d’infrastructures de base : le cri du cœur des résidents

Si le droit à la propriété et la quiétude sont désormais acquis, le chantier du développement reste gigantesque. À Wanindara, l’absence d’infrastructures sociales de base pèse lourdement sur le quotidien des familles.

Ibrahima Sory Soumah, président du conseil de quartier d’Enco 5 Marché, installé depuis 1998 et définitivement bâti depuis 2008, ne manque pas de rappeler le déficit d’équipements publics.

« C’est une grande joie et je remercie le président Mamadi Doumbouya, un jeune leader qui s’investit pour changer l’image de ce pays. Mais malheureusement, nous manquons de tout : pas de routes bitumées, pas d’écoles, pas de centre de santé, ni de maison des jeunes ou d’espaces de loisirs. Nous lui demandons de nous aider à doter le quartier de ces infrastructures indispensables », explique ce chef de quartier.

Même constat d’urgence chez Mamadou Saabana Baldé, qui liste les pénuries du quotidien des habitants de Wanindara.

« Nous demandons au Général Mamadi Doumbouya de réaliser des infrastructures à Wanindara. Nous n’avons ni routes, ni écoles publiques, ni eau potable, ni centre de santé. Nous avons même un château d’eau ici, mais l’eau de robinet ne coule qu’une seule fois par semaine. Il faut aussi régler définitivement le problème du marché d’Enco 5 où nos femmes souffrent énormément, sans oublier la problématique de l’insécurité », plaide ce père de famille.

Des pistes impraticables et des prières pour l’avenir

En période hivernale, le manque de voirie transforme le quartier en un véritable calvaire pour les usagers, comme le soulignent Sékhouna Sylla et Tana Doumbouya, mère de famille ayant connu le Wanindara d’autrefois.

« Là où nous sommes, la route devient totalement impraticable lorsqu’il pleut. La route est essentielle dans la vie de l’homme. Si tu as la route et l’électricité, tu peux remercier le Bon Dieu. Nous demandons aussi un appui pour l’éducation de nos enfants », plaide Sékhouna Sylla.

Rappelant le passé ‘‘sauvage’’ de Wanindara, Tana Doumbouya conclut avec des bénédictions touchantes pour le chef de l’État.

« À l’époque où je m’installais à Wanindara ici, il n’y avait que la maison de feu Saydouba Sylla, l’électricien (paix à son âme). C’était la brousse complète, on ne pouvait pas y rester après 16 heures à cause des animaux sauvages. C’est pour cela que je dis infiniment merci au président Mamadi Doumbouya. Que Dieu le récompense, l’éloigne de la trahison et l’épargne des mauvaises intentions de certains de ses collaborateurs », a rappelé cette mère de famille.

Reportage réalisé par Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 22 octobre 2026 10:58

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