Procédures contre la Guinée devant le CIRDI: Conakry prépare une défense de fer pour défendre ses intérêts

CONAKRY-Suite aux vagues de révocations de titres miniers pour « non-respect du code en vigueur », certaines sociétés déchues de leurs titres ont attaqué la Guinée devant les instances arbitrales internationales. S’estimant illégalement “évincées”, elles ont saisi le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI). Elles réclament des réparations se chiffrant en milliards de dollars.

Des réclamations astronomiques

Parmi les dossiers emblématiques du moment figure celui d’Axis Minerals. La société a engagé un recours depuis décembre 2025, contre la Guinée. Elle reclame un dédomagement de 28,9 milliards USD.

Plus récemment, à la mi-mars 2026, c’est le groupe émirati Falcon Energy Materials qui lui a emboité le pas, annonçant le lancement d’une procédure d’arbitrage pour « l’expropriation illégale » de son projet de graphite situé à Lola. Elle revendique à titre de dédommagement, la somme de 100 millions USD.

mines

Qu’en dit le Gouvernement guinéen?

Face à cette contre-attaque judiciaire tous azimut, les autorités guinéennes se veulent (pourtant) sereines et rassurantes. L’exécutif guinéen rappelle que ces procédures font partie intégrante de la gestion des grands contrats d’investissement. Pour Ousmane Gaoual Diallo, ministre porte-parole du Gouvernement, l’existence d’un recours ne signifie pas pour autant une faute de l’État :

« Ça fait partie de la vie économique. Quand on a des contrats, il peut arriver que les contrats soient mal exécutés ou interrompus. Mais il y a toujours des clauses permettant à l’une des deux parties qui se sent lésée de faire recours à la justice. Mais bien entendu, quand il y a une poursuite, on est informé. C’est l’agent judiciaire de l’État qui est chargé de défendre nos intérêts dans ce type de problème. Donc on est bien saisi », a martelé le porte-parole du Gouvernement.

Une défense de fer organisée par Conakry

L’État ne compte pas se laisser faire et mobilise des moyens conséquents pour protéger les intérêts nationaux. La stratégie de défense est déjà en place, pilotée par l’Agence Judiciaire de l’État (AJE) en étroite collaboration avec le département des Mines, a précisé Djami Diallo, porte-parole adjointe du Gouvernement.

« On est saisi de ces dossiers qui sont suivis par l’agent judiciaire de l’État, avec le ministère des Mines. L’État a retenu des cabinets d’avocats de renommée internationale, afin que les intérêts de l’État guinéen soient dûment défendus dans ce dossier », a-t-elle révélé.

Si le gouvernement affiche sa confiance, le chemin s’annonce long. Les procédures devant le CIRDI sont réputées pour leur complexité. Elles peuvent durer plusieurs années et engendrer des coûts de défense élevés pour les parties.

Malgré cette série de recours, l’Etat guinéen affiche une fermeté envers les détenteurs de licences jugées inactives ou non conformes.

A suivre!

Focus Africaguinee.com

Créé le 30 mars 2026 11:23

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: , , ,