Université de Labé : 150 étudiants et 50 enseignants-chercheurs formés à l’Intelligence Artificielle

LABÉ – L’Université de Labé franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Grâce au soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), 150 étudiants et 50 enseignants-chercheurs ont bénéficié d’une formation intensive pour s’approprier les outils de l’Intelligence Artificielle (IA). Entre enjeux pédagogiques, insertion professionnelle et éthique technologique, cette initiative vise à harmoniser les compétences au sein de l’institution pour faire de l’IA un véritable levier de réussite.

Après les étudiants, au nombre de 150, ce sont désormais 50 enseignants-chercheurs de l’Université de Labé qui bénéficient d’une formation intensive sur l’Intelligence Artificielle (IA). Chaque catégorie a disposé de trois jours pour démystifier ces outils technologiques.

Sur financement de l’Agence Française de Développement (AFD), à travers le Fonds Commun de l’Éducation / Budget d’Affectation Spéciale (FCE/BAS), le service “Projet, Statistique et Planification” de l’Université de Labé s’est mobilisé pour harmoniser les compétences autour de l’IA. Si les étudiants ont été initiés par un formateur local, les enseignants-chercheurs ont, quant à eux, reçu l’expertise d’un spécialiste venu de l’Université de Bordeaux (France). L’ensemble des acteurs manifeste un intérêt croissant pour ces outils, désormais indispensables dans le monde du numérique, avec une vision claire : utiliser l’IA à bon escient pour éviter ses dérives.

Une stratégie pour « équilibrer » les compétences

L’initiative de former les étudiants avant les enseignants-chercheurs émane du service Projet, Planification et Statistique de l’Université de Labé. Le chef de service, Samba Diouma Camara, explique la motivation derrière cette démarche.

« La technologie évolue très vite et les étudiants s’approprient ces outils rapidement. Une étude menée l’an dernier au sein de notre institution a révélé que 80 % de nos étudiants utilisent l’IA, dont 60 % à des fins pédagogiques. Il fallait donc agir pour équilibrer les choses : si l’étudiant est plus initié que son enseignant, un déséquilibre s’installe. Nous avons donc sollicité notre partenaire, l’AFD, pour nous aider à corriger cela. Nous avons choisi des formateurs de niveaux différents pour marquer une graduation ; les maîtres et leurs élèves ne devaient pas avoir le même niveau d’initiation », a expliqué M. Camara.

Un enjeu mondial

L’expert associé, le Professeur Gayo Diallo, enseignant-chercheur en informatique à l’Université de Bordeaux, assure la formation des enseignants. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre d’une convention-cadre liant les deux institutions depuis plusieurs années. Pour lui, l’enjeu dépasse les frontières de la Guinée.

« L’objectif est de favoriser ce qu’on appelle la littératie en IA, afin que les bénéficiaires possèdent les bases nécessaires pour exercer leur métier. Comment améliorer le contenu d’un cours ? Comment évaluer les étudiants ou effectuer une revue de littérature ? C’est un enjeu mondial.

J’étais au Vietnam en Novembre 2025 dans une Université pour évoquer la même question.  L’université de Bordeau, cette année, nous avons un organisme sur place qu’on appelle la mission d’appui à l’innovation pédagogique.  C’est autour de l’IA.

Donc, c’est un enjeu global, ce n’est pas qu’à Labé seulement que la question se pose. Tout le monde se questionne sur la manière de réadapter ses habitudes à l’aune de cette technologie. L’IA est un support : comme un marteau, elle peut servir à construire ou à blesser. Il faut savoir vivre avec dans le bon sens, tout en restant vigilant sur la véracité et la qualité des données », a souligné le Professeur Gayo Diallo.

Un levier pour la qualité de l’enseignement

Le Bureau de Stratégie et de Développement (BSD) du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, représenté par Farinet Sylla, salue cet accompagnement qui s’inscrit dans la vision du ministère de tutelle : « Cette formation est révolutionnaire. Cette nouvelle technologie est devenue obligatoire pour rester à jour. Mme la Ministre, Dre Diaka Sidibé, a placé son action sous le signe de la qualité, et cette qualité commence par la qualification des acteurs au sein des universités. »

Du côté de l’administration, madame Hawa Bah, directrice des ressources humaines, souligne l’aspect pratique de la formation. « Le monde numérique rend les choses plus faciles, mais il comporte des risques. Il est pertinent de lier cette formation à la gestion administrative. Il faut savoir distinguer le réel de ce qui est généré par l’IA et savoir l’utiliser sans tomber dans l’erreur », a-t-elle observé.

Les étudiants désormais « mieux outillés »

Les bénéficiaires directs, à l’image de Yaya Fofana, étudiant au département d’Anglais, affichent leur satisfaction. « En trois jours, j’ai appris énormément. Avant, j’utilisais ChatGPT, mais je ne savais pas formuler les bons « prompts », ce qui donnait des résultats erronés. Désormais, je sais comment accéder aux bonnes informations, comment créer des vidéos avec l’IA pour mes recherches et comment différencier une image réelle d’une image générée. C’est un grand pas pour moi », s’est-il réjoui.

Pour le Recteur de l’Université de Labé, Docteur Mohamed Cherif Sow, cette formation est une opportunité inouïe :

« Le message est simple : c’est une opportunité pour tous de se former et de s’initier à un outil technologique devenu incontournable dans les métiers auxquels ils se destinent. Il est donc essentiel qu’ils puissent appréhender ces outils pendant qu’ils sont encore à l’Université, afin de mieux se préparer à leur insertion socioprofessionnelle ; à défaut, ils éprouveront des difficultés partout où l’IA est désormais indispensable.

L’humanité vit aujourd’hui un bouleversement sans précédent, une rapidité inédite dans l’histoire des nouvelles technologies. Face à ce changement, il ne doit pas y avoir de panique, mais une prise de conscience et une responsabilité quant à la nécessité d’utiliser ces outils — certes très puissants — avec discernement pour éviter les dérives. Car tout outil mal utilisé peut s’avérer dangereux. Cette formation vient apporter des solutions concrètes aux préoccupations liées à l’usage de l’intelligence artificielle », a déclaré le Recteur de l’Université de Labé.»

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tél. (+224) 664 93 45 45

Créé le 7 avril 2026 10:21

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