Un enseignant accusé de viol et d’attouchement sur sept de ses élèves : Un avocat interpelle le Gouvernement…

LABE- Un scandale secoue l’École primaire de Sombily 1, dans la sous-préfecture de Popodara, préfecture de Labé. Dans cet établissement censé être un sanctuaire de protection pour les enfants, sept élèves de la deuxième année, toutes âgées de moins de dix ans, auraient été victimes de viol et d’attouchements sexuels. L’auteur présumé ?  Un instituteur nommé Sara Bhoye SANE, qui est en fuite. Alors que l’enquête judiciaire tarde à aboutir, suscitant l’indignation générale, un avocat a décidé d’interpeller le Gouvernement.

Les faits…

Le 4 mars dernier, votre quotidien électronique www.Africaguinee.com  avait relayé cette affaire sordide. Selon des témoignages concordants des parents, des encadreurs scolaires et des autorités locales, l’affaire a éclaté grâce au courage exceptionnel d’une fillette de huit ans, l’une des victimes. Elle a osé briser le silence malgré les « menaces proférées » par son agresseur présumé qui n’est autre que son maître d’école. Son témoignage a révélé l’ampleur du crime, impliquant six autres de ses camarades qui en ont été aussi victimes.

Une expertise médicolégale a depuis confirmé les faits, validant les accusations de viol et d’attouchements sexuels, selon Me Galissa Hady Diallo, avocat des victimes.

« Dès que j’ai appris cette sordide nouvelle, j’ai cherché à entrer en contact avec les autorités publiques, scolaires, les notables de Sombily ainsi que les autorités judiciaires de Labé afin de corroborer ces informations. Il s’est avéré que les faites sont concordants », explique l’avocat, dans une lettre adressée aux ministres concernés.

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En effet, explique Me Diallo, « Monsieur Sara Bhoye SANE semble bien avoir abusé de ces enfants dont il avait la responsabilité d’éduquer, d’encadrer, d’enseigner et même de protéger. Il est d’ailleurs, à ce stade, introuvable ni à son domicile auprès des siens, ni aux alentours. 

Vous l’aurez compris, on est face à une affaire aussi inadmissible qu’intolérable au sein de nos concessions scolaires qui plus est de la part d’un encadrant, investi d’autorité sur les enfants. Pas plus qu’elle ne peut l’être dans notre société qu’on veut sécuriser pour nos enfants », ajoute l’avocat.

Où en est la justice ?

Selon l’avocat, depuis la révélation de l’affaire, les parents des victimes ont déposé une plainte auprès du Commissariat Central de Labé. « Pourtant, près de deux semaines plus tard, l’action publique tarde à se déclencher. L’instituteur, principal suspect, reste introuvable. Ni la police, ni le ministère de l’Éducation n’ont apporté de réponse concrète sur les mesures prises pour le retrouver et le traduire en justice », rappelle-t-il.

Me Galissa Hady Diallo, ajoute qu’il a saisi les autorités compétentes – notamment le Ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation, le Ministère de la Justice et le Ministère de la Sécurité – afin d’exiger des réponses et des actions immédiates.

des questions qui restent en suspens

Dans une lettre adressée aux ministres concernés, Me Diallo pose plusieurs questions essentielles :

  1. Où en est l’enquête judiciaire et pourquoi le suspect n’a-t-il pas encore été arrêté ?
  2. Quelles actions le ministère de l’Éducation a-t-il entreprises pour garantir la sécurité des élèves ?
  3. Pourquoi la force publique n’a-t-elle pas encore été mobilisée pour retrouver et interpeller Sara Bhoye SANE ?
  4. Quelles mesures de soutien psychologique ont été mises en place pour les victimes et leurs familles ?

Un crime impardonnable qui appelle à une réaction immédiate

Le viol de mineures est sévèrement puni par la législation guinéenne. Selon les articles 268 du Code pénal et 819 du Code de l’enfant, un tel acte est passible de 10 à 20 ans de réclusion criminelle lorsqu’il est commis sur un mineur de moins de 18 ans, sous la menace d’une arme, et par une personne en position d’autorité sur les victimes. Autant de circonstances aggravantes qui s’appliquent dans cette affaire.

Pour les familles des victimes, explique l’avocat, l’attente est insoutenable. « L’inaction des autorités envoie un signal inquiétant quant à la protection des enfants et à la lutte contre l’impunité des crimes sexuels en Guinée», explique-t-il. L’avocat appelle à une réponse rapide et énergique afin que justice soit rendue sans délai

Ci-dessous, l’écrit adressé à Jean-Paul Cédy, ministre de l’enseignement Pré-universitaire et de l’alphabétisation, Yaya Kairaba Kaba, ministre de la justice et Bachir Diallo, ministre de la sécurité et de la protection civile.

A Messieurs les Ministres, 

« Me constituant pour la Partie civile, je réalise aussitôt, comme c’est souvent le cas dans ce type d’affaires, la « honte et la peur de réprobation » qui s’abattent sur pas moins de sept (7) familles. Pourtant, la honte doit changer de camp. 

Aussi, le 3 mars 2025, j’ai saisi le Secrétaire Général du MEPUA afin de savoir si une quelconque information allant dans ce sens lui a été remontée. Ce qui n’était pas le cas. Dans les jours suivants, j’ai été informé qu’une délégation de la DPE de Labé et de la DSE de Popodara s’était rendue à Sombily pour s’enquérir de la situation. Depuis plus rien.  

À ce stade et malgré la douleur, les parents ont eu le courage de porter plainte auprès du Commissariat Central de Labé. Nous sommes dans l’attente (déjà trop longue) du soit transmis du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Labé. Nous attendons avec impatience la mise en branle de l’Action publique.  

Messieurs les Ministres,

Sur le fondement de vos attributions respectives et compte tenu de la gravité de ces faits, nous aimerions savoir : 

  1. Où en est l’Action publique car pour l’instant sa mise en branle se fait attendre. Je rappelle que la plainte des victimes n’est pas nécessaire pour cela en raison de la nature pénale et extrêmement grave des faits susmentionnés ;
  2. Où en sont les enquêtes administratives du Ministère de tutelle ?
  3. Quid de la réquisition de la force publique afin de mettre Monsieur SANE à la disposition de la justice pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire ?
  4. Quels sont les dispositifs actionnés pour la prise en charge phycologique de ces enfants, mineures, vulnérables et même de leurs parents qui se sentent salis alors qu’ils n’ont rien demandé et n’ont rien à se reprocher ?

Je rappelle que le viol est doublement prévu et puni par les articles 268 du Code pénal et 819 du Code de l’enfant, qui disposent notamment que « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte ou surprise, constitue un viol. Le viol est puni de la réclusion criminelle de 5 à 10 ans. 

Le viol est puni de la réclusion criminelle de 10 à 20 ans : (1.) lorsqu’il a entrainé une mutilation ou une infirmité permanente ; (2.) lorsqu’il est commis sur un mineur de moins de 18 ans ; (3.) lorsqu’il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou mentale, ou à un état de grossesse apparente ou connue de l’auteur ;(4.) lorsqu’il est commis par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ;(5.) lorsqu’il est commis par une personne qui abuse de l’autorité que lui confère ses fonctions ; […] (7.) lorsqu’il est commis avec usage ou menace d’une arme ; (…) »

En l’espèce, la circonstance aggravante trouve plusieurs fondements. Les faits sont non seulement commis sur des mineures, mais ils proviennent surtout d’une personne disposant d’une autorité sur les victimes et sous la menace d’une arme blanche (un couteau). Les victimes ont toutes moins de 10 ans. Inutile dans ce cas de parler de discernement. 

Ensemble et sur le fondement des articles 277, 279, 705, 707 et suivants du Code pénal, les articles 818 et suivants du Code de l’enfant ainsi que tous les engagements internationaux de la Guinée relatifs à la protection des enfants.  

Dans l’attente d’un retour diligent de votre part et toute la célérité qu’impose la sensibilité de ce cas, je vous prie Messieurs les Ministres, de croire en ma franche collaboration ». 

Dossier à suivre !

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 18 mars 2025 17:48

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