Transition : « Elle doit finir le 31 décembre… », réplique Dr. Zotomou Kpoghomou
CONAKRY-En Guinée, le Gouvernement multiplie les sorties médiatiques pour tenter de justifier le glissement du calendrier de la Transition. Désormais, même la tenue du référendum promise en fin d’année 2024, est incertaine.
Comment ce « revirement » est-il perçu par la classe politique ? Sur la question, Dr Edouard Zotomou Kpoghomou, vice-président de l’ANAD, coalition dirigée par Cellou Dalein Diallo estime que les autorités de la transition n’ont aucune volonté de pouvoir traduire en acte concret les termes de l’accord signé avec la CEDEAO.
« Ils ne sont pas prêts. Ils n’étaient pas venus dans le cadre de pouvoir corriger les défaillances qu’ils ont dénoncées le 5 septembre 2021, pour que l’existence de l’Etat de droit soit réelle, que la liberté d’expression soit un fait, pour que la gestion vertueuse des ressources du pays soit un fait. En réalité, c’est des gens qui sont venus pour s’occuper d’eux-mêmes. Ça se voit à tout moment », selon cet acteur politique.
Sur RFI, le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’il faut que les uns et les autres comprennent très bien que les militaires ne sont pas venus au pouvoir pour organiser des élections, partir et qu’un autre s’installe. Pour Dr Kpogomou, l’actuel ministre des transports est dans son rôle de porte-parole, mais en étant en porte-à-faux avec les objectifs initiaux déclinés par les militaires au pouvoir.
« Si Ousmane Gaoual Diallo dit que les militaires ne sont pas venus au pouvoir pour organiser des élections, partir et qu’un autre s’installe, c’est en porte-à-faux avec les objectifs initiés par les autorités de la transition », répond Dr. Edouard Zotomou Kpogomou, parce que dira-t-il, « s’il y a eu coup d’Etat, c’est parce qu’il y avait une mauvaise gestion du pays, une panoplie de problèmes. Si les gens ont adhéré c’est dans l’espoir que ça allait être corrigé. Mais, bientôt trois ans, rien n’a été fait. On fait du tape-à-l’œil, faisant croire qu’il y a des projets, des routes, mais ce n’est pas quelque chose qui a été initié par eux. Le développement ne s’improvise pas, il se planifie. Nulle part au monde on a développé un pays en improvisant les projets », a-t-il ajouté.
Mais une chose reste claire, selon le M. Zotomou. La CEDEAO et le CNRD se sont entendus sur un chronogramme, dit-il, rappelant que les partis politiques et la société civile, tous se sont alignés dans l’intention de ne pas empêcher le CNRD de dérouler son programme.
« Ils l’ont fait, il n’y a pas eu de manifestations. Si jusque-là ils ne l’ont pas fait, nous pensons qu’ils ne peuvent continuer à justifier leur cuisant échec par la présence d’une certaine opposition ou parce que celle-ci exige à ce que ce chronogramme soit respecté. Alors, ce que nous savons, la transition doit finir le 31 décembre 2024. Toute la communauté internationale est en train de s’aligner derrière ça parce que depuis que l’accord a été signé toutes les organisations se sont alignées. Ils ont eu trois ans pour le concrétiser. Et, ce n’est pas le CNRD qui va développer la Guinée. C’est la raison pour laquelle, le 31 décembre c’est la fin de la transition. En tout cas nous l’opposition créée de fait, nous allons prendre des dispositions légales pour manifester dans les lieux et places publiques, la communauté internationale en est avisée, et nous allons voir ce qui va se passer », a averti l’ex candidat « recalé » de la présidentielle de 2020.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 juillet 2024 08:48Nous vous proposons aussi
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