Timbi-Tounni : Inauguration en grande pompe d’un vaste réseau d’adduction d’eau réalisé par l’ADTTF et son partenaire HAMAP Humanitaire, soutenus par les populations locales…
PITA- C’est un grand ouf de soulagement pour les populations de Timbi Tounni, une commune rurale de la préfecture de Pita, en moyenne Guinée. Les citoyens des différents districts de cette sous-préfecture, sont soulagés à jamais de la quête pénible de l’eau potable. Un gigantesque projet d’adduction d’eau potable vient d’y être inauguré. Il a été réalisé par l’Association pour le Développement de Timbi Touni en France (ADTTF), soutenue par son partenaire HAMAP Humanitaire, une ONG française, en partenariat avec les résidents, avec un appui financier du Syndicat d’Ile de France (SEDIF). Le déploiement de ce réseau d’eau permet désormais d’étancher la soif des populations de cette zone de la préfecture de Pita.

La cérémonie d’inauguration qui a eu lieu leu 19 octobre 2024, a rassemblé à Timbi Touni, les populations bénéficiaires, les autorités locales ainsi d’une délégation de partenaires, venue de France. En amont de cette inauguration, une série de visites de terrain a été effectuée pour toucher du doigt les infrastructures réalisées dans le cadre de cette AEP ainsi d’autres actions de développement portées par la diaspora et les résidents.
Cette synergie d’actions a abouti à la réalisation d’un réservoir de 160m3 (160 milles litres) avec un système de pompage qui fonctionne à base d’énergie solaire. Le réseau de desserte s’étend sur une distance estimée à 50 km grâce à une installation qui prévoit de futurs branchements. Le coût global de réalisation du projet est de 500.000 euros, soit plus de 5 milliards de francs guinéens pour Timbi-Tounni centre.

Pellel Bantan et les secteurs environnants ont également bénéficié d’une adduction d’eau de 40m3 (40 milles litres), équipée d’un système de pompage moderne opérationnel depuis 2019. Cet autre projet est financé à 120 milles euros. Ces deux adductions ont définitivement mis fin à la corvée dans ces deux localités. Les citoyens ne parcourent plus des longues distances pour se procurer de l’eau potable.

MTK service en Guinée est l’entreprise qui a réalisé les travaux. Son représentant en Guinée, Thomas Soulama revient sur ce qui va changer dans la vie des bénéficiaires.
« Cette adduction d’eau est la bienvenue à Timbi-Tounni. Jusque-là, ce village se servait d’un ancien système des années 1990 qui était réalisé dans le cadre du 7ème FED de l’union européenne. Ce système était complètement dépassé et il couvrait à peine 10% de la localité. La production était totalement insuffisante. Là, nous venons de réaliser deux stations de pompage qui produisent cumulativement 110 mètres cube jour avec un château d’eau au centre. A Pellel Bantan également il y a un système de pompage de 40 metre3 jour. Ce sont des stations de pompage entièrement solaires avec une option d’hybridation c’est-à-dire qu’on peut l’alimenter aussi avec un groupe électrogène ou par raccordement à la ligne d’EDG.

A partir des châteaux d’eau, nous avons une distribution qui couvre toute la commune rurale jusqu’aux districts ainsi que les secteurs. Le réseau est installé sur 50 km avec 300 branchements. A Pellel Bantan, nous avons un réseau avec des bornes fontaines publiques. Dans ce village, nous sommes à 80 branchements pour le moment mais il y a des branchements en attente. Pratiquement depuis 2020, le réseau est restauré, les populations sont desservies. En 2024 nous sommes à une production cumulée à peu près de 64 milles m3 ce qui fait une moyenne quotidienne de 44m3. A ce jour, nous sommes à une production assurée de 110m3 jour. Les besoins actuels sont largement couverts ».

Mamadou Tahirou Bah, l’un des responsables de l’Association de Timbi-Tounni pour le développement en France décrit un système durable au bénéfice de tous. Aujourd’hui, au-delà des bornes fontaines installées partout, des centaines de familles puisent devant leurs portes :
« C’est une journée historique et une fierté pour nous d’inaugurer le système d’adduction d’eau de Timbi-Tounni. A Pellel Bantan ici, nous sommes autour du château d’eau réalisé par notre association en 2019, depuis le système produit. Tout est réfléchi dès le début pour la maintenance du système. Avec l’entreprise MTK qui est notre prestataire dans le cadre de la réalisation de ce projet, nous avions inclus dans les clauses des séances de formation des équipes locales pour assurer la maintenance. MTK a transféré les compétences à nos agents sur le terrain. En cas de problème, ils sont en mesure de gérer vite. Le SNAPE a ainsi fixé comme règlementation, une borne fontaine pour 300 habitants. Au début tout le monde venait aux bornes fontaines.

Désormais l’eau est dans les concessions, donc les fontaines sont moins utilisées. A Pellel Bantan par exemple, presque chaque ménage dispose d’un branchement domiciliaire. Pour ce qui est de ce village, le bailleur s’appelle la Métropole du Grand Lyon. Il a donné une subvention de 63 milles euros à l’Association de Timbi-Tounni . Ensuite il y a l’agence des micro-projets financés par l’AFD avec un accompagnement de 15 milles euros et les ressortissants de Timbi-Tounni ont contribué à hauteur de 70 millions de francs guinéens. Quant aux populations locales, elles ont mobilisé 270 millions pour avoir les branchements dans les domiciles. Le coût global pour Pellel est estimé à 120 milles euros. A Timbi-Tounni centre, c’est HAMAP qui a tout coordonné avec des bailleurs pour un montant de plus de 500 milles euros » détaille Mamadou Tahirou Bah.

Tamara Audonnet est cheffe de projet d’accès à l’eau et à l’assainissement au compte de HAMAP humanitaire. Cette ONG française accompagne depuis plus 2 ans l’Association des ressortissants de Timbi-Tounni en France. Le but de ce projet est d’améliorer les conditions de vie des populations dans cette localité en favorisant l’accès à l’eau potable :

« À ce jour nous avons un réseau de distribution de 50km avec un système imposant, un réservoir de 160m3 (160 000 litres d’eau, NDLR). Ça fait plusieurs années qu’on travaille à l’extension du réseau. Aujourd’hui nous sommes là pour célébrer les conditions d’amélioration d’accès à l’eau. Dès le début du projet nous avons réfléchi à un système surdimensionné qui pourra à la longue toucher un maximum d’habitants et de ménages en prenant en compte l’évolution démographique. Nous avons déjà 3 districts de Timbi-Tounni desservis en eau avec plus de 270 branchements. Ce système continue de grossir parce que les habitants qui voient leurs voisins avoir accès à l’eau, veulent aussi leurs branchements à la maison. Donc les branchements se poursuivent. HAMAP humanitaire appuie les ressortissants de Timbi Tounni en France sur le suivi administratif et financier du projet mais on a aussi un gros projet de pérennisation des infrastructures.

Souvent des infrastructures sont construites mais ne sont pas pérennes, elles ne sont pas maintenues en bon état. Donc chez nous à HAMAP on a accompagné les acteurs locaux à mettre en place un logiciel, une solution informatique qui permet de suivre en temps réel, les résultats de l’exploitation du réseau d’eau, cela nous permet de voir plusieurs indicateurs indispensables à la bonne mise en œuvre de l’accès à l’eau à travers le réseau hydraulique, cela nous aide à mieux comprendre les difficultés des abonnés et à les inciter à payer au sein du réseau. Je suis émerveillée par la qualité des travaux, en mars 2024 j’étais là, j’ai rencontré une dame qui attendait son branchement, en ce mois d’octobre, nous sommes revenus la voir, elle est branchée au réseau, elle laisse même les voisines venir puiser dans son branchement privé » déclare Tamara Audonnet.

Hadja Aissatou Bah, la soixantaine est l’une des bénéficiaires de ces projets d’adduction d’eau. A ce jour, elle puise devant sa porte à l’image de toutes les femmes de Timbi-Tounni. Toutefois elle garde encore le souvenir des longues marches pour atteindre la source d’eau du village ainsi que la course vers l’unique puits ordinaire à travers lequel toutes les populations de sa localité s’approvisionnent en eau. Aujourd’hui, elle rend grâce à Dieu.

« Je vis dans ce village depuis plus de 30 ans maintenant, j’y suis venue par le lien du mariage. A mon arrivée, il y avait un seul puits qui ne servait que les premiers venus. Nous étions obligés d’aller à la source, c’était pratiquement l’eau de marigot jusqu’à récemment. Il fallait aligner toute la famille pour aller puiser. Aujourd’hui le salut est là. L’obtention de l’eau n’est plus un calvaire, vous voyez les robinets sont partout. Ma pompe est dans ma cour. Ce sont plusieurs années de prières qui ont abouti à ce résultat que nous vivons là. Nous n’avons plus le temps de puiser et emmagasiner. Il suffit de tourner le robinet à n’importe quel moment, l’eau coule. Le soulagement est total. Les associations des jeunes de notre village et leurs partenaires nous ont aidé, merci à vous tous. Tout Timbi-Tounni ressent la même joie partout. Nous en ferons bon usage » promet-elle.

Le président de la diaspora guinéenne de France également membre de l’Association des ressortissants de Timbi-Tounni en France est marqué par la qualité des réalisations :
« Notre engagement n’est pas limité dans le temps, depuis plusieurs années, nous avons pris cet engagement, nous avons commencé par réhabiliter des écoles, un centre informatique au collège, des clôtures pour le même collège et la même école primaire, plusieurs volets socio-économiques ont été touchés. Ces adductions d’eau potable ont offert du travail à la main d’œuvre locale et ont aidé nos parents à oublier les difficultés qu’ils ont endurées pendant des années en cherchant de l’eau à des longues distances.

C’est une fierté aujourd’hui dans le monde entier Timbi-Tounni est une référence. Nous n’allons jamais baisser les bras, tout ce que nous demandons c’est la cohésion sociale de nos parents ici, qui sont nos moteurs à l’étranger, qui nous encouragent et qui nous bénissent afin qu’on puisse apporter quelque chose à la communauté. Cette expérience d’adduction d’eau nous sommes en train de réfléchir pour faire la même chose dans toutes les régions de la Guinée. Il faut saluer aussi nos parents qui ne cessent d’accompagner nos pas par des prières partout où nous sommes pour la réussite de nos projets », a indiqué M. Abdoulaye Bah.

Le financement est autour de 500,000 euros. La particularité de ces adductions d’eau, ce sont les cotisations pour l’entretien du réseau. Chaque famille a un petit montant à payer. Le tarif du mètre cube est fixé à 5000 francs guinéens. Tamara de l’HAMAP donne des explications détaillées.
« C’est indispensable pour la pérennisation du réseau dans le temps. Nous avons mis en place un système de paiement basé sur les recommandations du SNAPE, donc les autorités guinéennes, l’ont inscrit dans le cadre du respect de la législation nationale. Le mètre cube coûtera 5000 gnf à l’abonné, soit 1000 litres. Le coût ne revient pas très cher aux habitants, en revanche ils payent pour leur branchement privé, ça permettra aux habitants de s’approprier le réseau et de comprendre aussi pourquoi ils payent. Ils ne payent pas pour l’eau, la ressource en eau elle-même, ils payent plutôt pour le service c’est-à-dire au lieu que les mamans et les enfants fassent 3,4,5 kilomètres parfois pour aller jusqu’à la source, ils ont l’eau à la maison et pour qu’il ait de l’eau à la maison il faut payer ce service. Ce n’est pas l’eau qui est payée mais plutôt le service.

Ce qui permet d’avoir de l’eau avec un système de façon pérenne et durable dans les temps. En termes de finance, nous avons fait les comptes, c’est autour de 500 milles euros voire plus, de la première phase à la dernière. Les 2 dernières phases ont coûté 300 milles euros. C’est un investissement important effectué par des bailleurs français dont le syndicat des Eaux d’Île-de-France de France (SEDIF) mais aussi les habitants eux-mêmes qui ont contribué à la mise en place des infrastructures et qui continuent à participer à la pérennité du Service parce qu’ils payent mensuellement leur accès à l’eau. Ça c’est une grande satisfaction personnelle, je remercie toutes les équipes qui font le travail au quotidien parce que HAMAP c’est un appui ponctuel mais au quotidien l’unité de gestion est là. C’est très satisfaisant de voir que les bénéficiaires ont des conditions de vie qui sont facilitées grâce à l’eau directement à la maison », a conclu Tamara.

Le gouverneur de Mamou, les autorités préfectorales de Pita, les responsables de SNAPE ainsi que l’ensemble des communautés de Timbi-Tounni ont pris part à la cérémonie inaugurale des adductions d’eau suivi d’une visite des installations pour apprécier la qualité du travail.




Alpha Ousmane Bah
De retour de Timbi Tounni
Pour Africaguinee.com
Tel : (+224)664 93 45 45
Créé le 29 octobre 2024 11:57









