Thierno Ibrahima N’Dama : l’ “oublié” de la résistance guinéenne face à la colonisation française
Longtemps restée dans l’ombre des grands noms de la résistance africaine, la figure de Thierno Ibrahima N’Dama refait surface grâce aux témoignages de l’historien guinéen Amadou Diouldé Diallo. Chef spirituel et politique, stratège respecté, il fut l’un des plus farouches opposants à la pénétration coloniale française dans la région de Koundara, avant d’être arrêté, condamné et déporté au Congo où il trouva la mort en 1902.
Né en 1824 à Himaya, dans l’actuelle sous-préfecture de Kounsitel (préfecture de Gaoual), Thierno Ibrahima N’Dama est issu de la matrice historique Kaldouanké, ses parents étant originaires de Kogui, dans le Fouta profond (Popodara, Labé). Après une migration vers le nord dans le cadre de l’islamisation, sa famille s’installe en pays Badiaranké. À la mort de son père, Thierno Diao, le pouvoir revient d’abord à son frère aîné Abdoul Ghoudoussi, puis à Thierno Ibrahima lui-même, à l’âge symbolique de 45 ans, d’où son nom « N’Dama », selon une interprétation arabo-numérique.
Un chef entre le spirituel et le temporel
À la fois karamoko (guide spirituel) et chef temporel, Thierno Ibrahima N’Dama incarne le modèle du commandement théocratique propre au Fouta ancien. Installé définitivement à N’dama, territoire correspondant aujourd’hui aux sous-préfectures de Termessè et Guinguan, il fonde un royaume dont la capitale est Boussoura, devenue le centre stratégique de sa résistance.
Dans un entretien accordé à Africaguinee.com dont l’intégralité est à paraître demain dimanche 07 décembre, l’historien Amadou Diouldé Diallo retrace l’histoire de cette figure emblématique de la lutte anti-coloniale, restée dans l’ombre.

« Thierno Ibrahima N’dama appartient à la matrice historique et sociologique Kaldouanké. Ses parents sont originaires du village de Kogui, dans Popodara (Labé). Et après, il y a eu une descente, vous savez, dans le cadre de l’islamisation, il y a eu une descente pratiquement vers l’extrême nord. Thierno Ibrahima N’dama naquit en 1824 à Himaya. Après, ils sont descendus sur le Badiar, notamment à Koutan, en pays Badiaranké, sous-préfecture de Sarébhoïdho. Son père Thierno Diao est décédé là.
Après le décès de son père, son grand-frère Abdoul Ghoudoussi a pris la relève de son père. Et après ce dernier, lui, il est venu au pouvoir. Donc, il est resté entre Himaya (dans la sous-préfecture de Kounsitel, Gaoual). Après, il a fait les va-et-vient entre Himaya et Ndama. En définitive, il s’est fixé à Ndama, qui représente aujourd’hui les sous-préfectures de Termèssè et de Guinguan »
A suivre!
Focus Africaguinee.com
Créé le 6 décembre 2025 15:16Nous vous proposons aussi
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