« Tant qu’on n’est pas entendus, nous n’irons pas dans les navires » : les marins-pêcheurs de Guinée manifestent à Kaloum
CONAKRY- La cour de l’Agence de navigation maritime (ANAM) a été le théâtre, ce mercredi 2 septembre 2026, d’une manifestation de plusieurs milliers de marins-pêcheurs de Guinée. Ils réclament une amélioration de leurs conditions de vie et de travail, notamment une revalorisation de leurs salaires, l’octroi de primes et un meilleur traitement à bord des navires.
Selon les organisateurs, plus de 3 000 personnes ont pris part à la mobilisation, qui se veut être une action au nom des quelque 12 000 marins-pêcheurs que compterait le pays.

« Notre présence ici aujourd’hui est liée à nos conditions de vie à bord des différents navires de pêche. Nous réclamons une augmentation de salaire, ainsi que des primes et une revalorisation de nos conditions de vie », a déclaré Ibrahima Lala Dramé, représentant des marins-pêcheurs de Guinée, devant les manifestants.
Poursuivant, il a détaillé leurs principales revendications.
« Nos réclamations sont les suivantes : l’amélioration de nos conditions de vie à bord des navires, l’augmentation des salaires, nos primes journalières, le bon traitement à bord et l’octroi de nos primes de travail. Ce sont là nos conditions. Entendre parler de 6 millions ou de 10 millions ne doit pas vous étonner. Actuellement, nous sommes payés à 2 500 000 francs guinéens. Nous demandons une revalorisation salariale bien au-delà de cette somme, car nous le méritons au vu du travail difficile que nous fournissons. Le métier de marin-pêcheur est l’un des plus dangereux au monde », a-t-il expliqué.

Selon lui, les rémunérations pratiquées dans certains pays de la sous-région sont largement supérieures à celles perçues par les marins-pêcheurs guinéens.
« Dans la sous-région, un marin du Sénégal ou de Guinée-Bissau est payé l’équivalent de 400 000 à 500 000 francs CFA, ce qui représente environ 7 à 8 millions de francs guinéens. Alors qu’un marin guinéen, lui, n’est payé qu’à 2 500 000 francs guinéens, à raison de 40 000 francs le jour et 40 000 francs la nuit, alors que nous travaillons 24 heures sur 24. C’est pour cela que nous demandons un minimum de 100 000 francs le jour et 100 000 francs la nuit, soit un salaire mensuel d’environ 6 millions de francs guinéens », a-t-il poursuivi.
« Aucun marin n’embarquera tant que nos revendications ne seront pas satisfaites »
Dans la cour de l’ANAM sise à Kaloum, les manifestants ont exprimé leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une dégradation persistante de leurs conditions de travail. Les représentants du mouvement assurent toutefois que leur nombre dépasse largement les 3 000 personnes présentes à la manifestation.

« Nous comptons plus de 12 000 marins-pêcheurs en Guinée. Nous nourrissons toute la population. Les poissons que vous voyez partout en Guinée et dans la sous-région, c’est nous qui nous sacrifions pour aller les chercher en mer. Pourtant, nous sommes oubliés par le gouvernement et par l’État. Personne ne peut nier que nos conditions de vie sont pénibles pendant que nos employeurs ferment les yeux. C’est pourquoi, cette fois-ci, nous sommes unis comme jamais : aucun marin n’embarquera tant que nos revendications ne seront pas satisfaites », a déclaré Ibrahima Lala Dramé.
Ouverture immédiate d’un couloir de négociations
Alors que le mouvement de protestation se poursuit, des discussions ont été engagées avec les autorités.
« Nous sortons d’une négociation. Je peux vous dire que nous sommes au cœur des négociations et que nous ne sommes pas encore tombés d’accord. Mais nous espérons que les jours à venir porteront leurs fruits. C’est la raison pour laquelle nous sortons faire un compte rendu à nos amis. Mais nous les avertissons : tant que nous ne serons pas entendus, nous ne sortirons pas, nous n’irons pas dans les navires, jusqu’à ce que nos conditions soient bien remplies et acquises », a-t-il indiqué.
Les marins-pêcheurs disent ne pas avoir pu rencontrer directement le ministre des Transports. Ils affirment toutefois avoir échangé avec son représentant.

« Nous avons rencontré son représentant, qui est le Directeur national de la Marine marchande, notre tutelle directe. Comme vous venez de le constater, nous sortons à l’instant d’une négociation avec lui. Il a pris des engagements fermes pour rétablir nos droits dans les plus brefs délais, et nous prions le Bon Dieu pour qu’il en soit ainsi. Cela fait maintenant plusieurs jours que la manifestation a commencé, presque deux semaines », a précisé le représentant des marins-pêcheurs.
Parmi les manifestants figurent des ressortissants de plusieurs pays, notamment des Guinéens, des Sierra-Léonais, des Togolais et des Sénégalais.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Conakry, Manifestation, Manifestations, Marine marchande, Pêche









